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Des hackers chinois se font passer pour des employés d’Anthropic pour voler les secrets les plus sensibles de l’IA américaine

Des pirates informatiques auraient usurpé l’identité de chercheurs d’Anthropic et d’officiels du gouvernement pour voler des secrets industriels liés à l’IA. Tous les indices pointent vers un groupe dirigé par la Chine.

L’intelligence artificielle représente un enjeu géopolitique majeur. Alors que les États-Unis sont encore leaders dans le secteur, la Chine est sur leurs talons. Dans ce contexte, un piratage suspect attire l’attention.

CNN rapporte en effet qu’un groupe de hackers aurait tenté de récupérer des informations sensibles sur les IA conçues aux États-Unis. Ce groupe, nommé TA419, a été mis en lumière dans un rapport de Proofpoint. Pour arriver à leurs fins, les pirates auraient usurpé l’identité d’employés d’Anthropic et d’anciens hauts fonctionnaires de la Maison-Blanche. Parmi les victimes figure Lynne Parker, conseillère technique sous les présidences de Biden puis de Trump.

« À titre personnel, j’ai ressenti de la tristesse en constatant que les relations que j’avais tissées au cours de ma carrière étaient exploitées par des personnes mal intentionnées pour tromper autrui »,

a déclaré Parker. Mais l’ancienne conseillère n’est qu’un dommage collatéral, puisque les pirates ne se sont servis de son identité que pour atteindre leur véritable cible.

Amadouer les victimes pour mieux les piéger

Le groupe a particulièrement visé des experts en politique travaillant sur l’IA et participant à des think tanks. Se faisant passer pour un employé d’Anthropic ou pour Parker, les hackers ont contacté leurs cibles avec un mail anodin afin d’entrer en contact avec elles. Puis, ils les ont invités à contribuer à des rapports (fictifs) sur l’IA ou à rejoindre des comités spéciaux (eux aussi fictifs). Une fois la confiance acquise, ils leur ont envoyé un document de travail infecté. Après son téléchargement, un logiciel malveillant était installé sur le PC de la victime, permettant aux pirates de se servir dans ses fichiers ou son compte cloud.

Dans un contexte de guerre de l’IA, les regards sont évidemment tournés vers la Chine, grand rival des États-Unis en la matière. Selon Proofpoint, il ne fait aucun doute que TA419 travaille pour le gouvernement chinois, comme l’indique le chercheur Mark Kelly :

« Nous sommes convaincus que ce groupe est un acteur de la menace aligné sur le gouvernement chinois, compte tenu du ciblage cohérent avec les intérêts du gouvernement chinois, des infrastructures et des artefacts techniques observés, et de la corroboration de partenaires industriels »

Contactée par CNN, l’ambassade de Chine aux États-Unis n’a pas commenté l’affaire. Alors que l’IA inquiète de plus en plus, avec des ingénieurs qui tirent la sonnette d’alarme face à sa capacité phénoménale d’apprentissage, les géants de la tech ne comptent pas ralentir la cadence. La raison est évidemment l’ambition de la Chine en la matière, qui profiterait d’un éventuel ralentissement américain. En tout cas, la guerre de l’IA est déjà bien déclarée.

 

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