Une nouvelle figure importante de l’administration Trump vient d’être débarquée. Après Kristi Noem à la tête de la Sécurité intérieure début mars, le président des États-Unis vient de limoger Pam Bondi en ce début du mois d’avril. Elle était à la tête du ministère de la Justice américain, en poste depuis le 5 février 2025.
Pam Bondi, de son nom complet Pamela Bondi, est membre du Parti républicain, et l’ancienne procureure générale de Floride, de 2011 à 2019. Avant de rejoindre l’équipe de Donald Trump pour son second mandat à la Maison-Blanche, Pam Bondi se faisait connaître en tant qu’avocate de la défense du président lors de son premier procès en destitution lancé par les démocrates, en 2020.
Pour que son nom tombe dans la liste des premières personnes débarquées de l’administration Trump 2.0, Pam Bondi s’est retrouvée sur un siège éjectable suite à l’éclatement de l’affaire Epstein. Mais comme vous allez le voir, rien ne pouvait la pressentir à une telle sortie, jeudi 2 avril, alors que la ministre se présentait la veille tout sourire avec Donald Trump.
Le président des États-Unis déclarait d’ailleurs au New York Times que Pam Bondi était « une personne géniale qui fait du bon travail », alors que la ministre l’accompagnait à une audience à la Cour suprême, pour suivre le débat autour de l’un de ses décrets sur le droit du sol. Le soir même, Pam Bondi s’affichait aussi à ses côtés lors de son intervention télévisée sur la guerre en Iran.
Jeudi, sur son réseau social Truth Social, Donald Trump publiait ce message : « Pam Bondi est une grande patriote américaine et une amie fidèle, qui a servi avec dévouement comme procureure générale au cours de l’année écoulée. Pam a accompli un travail remarquable en supervisant une vaste opération de lutte contre la criminalité dans notre pays, le nombre d’homicides ayant chuté à son plus bas niveau depuis 1900. »
Alors comment, en un claquement de doigts, Pam Bondi a pu être limogée ? Quelle erreur a-t-elle pu commettre en si peu de temps ?
Difficile de mettre la main sur un seul point. Mais au-delà de l’affaire Epstein, Pam Bondi aurait aussi pu irriter le président Donald Trump au sujet de retard sur des sanctions contre Joe Biden et son ancienne administration. On vous explique les deux affaires.

Affaire Epstein : en quoi Pam Bondi a fauté ?
Concernant l’affaire de criminalité sexuelle du dossier Jeffrey Epstein, Pam Bondi a perdu en popularité suite à une mauvaise gestion reprochée par une grande partie de la communauté MAGA (Make America Great Again), autrement dit les proches de Donald Trump. D’un côté, celle-ci avait grandement attisé la curiosité de la communauté en février 2025, affirmant être en possession de « la liste de clients » du prédateur sexuel décédé en prison, avec l’intention de la rendre publique.
Quelques mois plus tard, Pam Bondi avait dû rétropédaler, en déclarant alors que les documents en sa possession n’incluaient pas de liste ni de témoignages incriminants. En passant d’une figure centrale de la publication des dossiers Epstein, la ministre prenait le rôle de meneuse d’une opération de dissimulation. De nombreux élus l’accusaient de chercher à « étouffer » l’affaire, y compris chez les Républicains. Même la cheffe de cabinet de Donald Trump prenait position contre elle.
Au-delà de ce changement de cap, Pam Bondi a fait subir un retour de bâton au président américain dont le nom figurait à plusieurs reprises dans les dossiers Epstein, lors d’une publication de nouvelles preuves, jeudi 5 mars (les documents mentionnant Donald Trump furent publiés, puis supprimés, puis de nouveau publiés). Donald Trump avait dû lui-même signer une loi votée au Congrès en vue de cette publication, en décembre 2025.
Au mois de février 2026, Pam Bondi se retrouvait à la Chambre des représentants face à la commission judiciaire, pour sa gestion de l’affaire Epstein mais aussi son silence concernant les victimes des violences policières à Minneapolis. « Vous prenez parti des coupables, et vous ignorez les victimes », en jugeait l’élu démocrate Jamie Raskin avant d’ajouter que « ce sera votre héritage si vous ne changez pas rapidement de cap ».
Une nouvelle audition est attendue le 14 avril, cette fois-ci devant la commission de surveillance de la Chambre des représentants. Pam Bondi doit s’y expliquer sur sa gestion de l’affaire Jeffrey Epstein. Mais le limogeage de la ministre de la Justice rend l’événement encore incertain.
Punir l’administration Biden, une vendetta judiciaire inaboutie
Au-delà de l’affaire Epstein, Donald Trump avait fait part de sa frustration à Pam Bondi dans son manque d’efficacité concernant une vendetta judiciaire contre « les ennemis personnels » du président. Parmi eux, Joe Biden et son administration, mais aussi l’ancien directeur du FBI, James Comey, inculpé en septembre 2025 pour avoir fait de fausses déclarations et avoir fait obstruction à une procédure du Congrès.
Donald Trump avait demandé à Pam Bondi de mener des représailles contre ces adversaires politiques, et il semblerait que son efficacité ait été remise en question à plusieurs reprises. Sur Truth Social, en septembre 2025, le locataire de la Maison-Blanche avait écrit que « nous ne pouvons plus tarder, cela nuit à notre réputation et à notre crédibilité. Ils m’ont destitué deux fois et inculpé (cinq fois !), POUR RIEN. JUSTICE DOIT ÊTRE RENDUE, MAINTENANT !!! » .
Désormais limogée, la procureure générale des États-Unis sortante se verra offrir un nouveau poste « important et nécessaire dans le secteur privé ». Fini la politique donc pour l’avocate, lobbyiste et femme politique américaine. Elle sera remplacée d’abord par Todd Blanche, un ancien avocat personnel de Donald Trump par intérim, avant qu’un nom ne soit donné pour reprendre le poste de façon pérenne. Il pourrait s’agir de Lee Zeldin.
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