Voilà tout juste deux ans, j’ai acheté des écouteurs premium dont j’étais particulièrement content. Environ 24 mois plus tard, je commence à constater une baisse notable de leur autonomie. Alors qu’ils tenaient près de 6 heures à l’achat, ils peinent aujourd’hui à dépasser les 4h30. C’est correct, mais insuffisant pour tenir l’entièreté du trajet me séparant de ma famille sans retourner dans leur boîtier.
Dans cette situation, d’aucuns commenceraient à envisager l’achat d’une nouvelle paire, plus moderne et plus autonome. Par conséquent, ce sont 40 000 tonnes d’écouteurs qui sont jetés chaque année dans le monde selon GreenCitizen, cité par Fairphone. Fort de ce constat, la marque s’est donc lancée sur ce secteur en 2024 avec des Fairbuds à la conception modulaire, permettant notamment de facilement remplacer leur batterie. Deux ans et un casque plus tard, voilà qu’arrive une seconde génération.
Prix et disponibilité des Fairphone Fairbuds 2
Les Fairbuds 2 sont disponibles sur le site de la marque et les revendeurs partenaires depuis le 14 octobre 2026 au prix de 119 euros. Un prix en baisse donc, puisque la première génération s’échangeait à 149 euros à sa sortie.
Ces écouteurs se déclinent en deux coloris : Noir Horizon et Vert Forêt.
Ce que j’ai aimé
La réparabilité inégalable
C’est le principal argument de Fairphone : les Fairbuds 2 et leur boitier se démontent « en quelques secondes à l’aide d’un simple tournevis et de vos doigts », forts de leurs sept pièces remplaçables. La plus importante est certainement la batterie. Ici, pas de colle, la pile LIR1054 est accessible très simplement en retirant un anneau de protection en silicone. Le boîter quant à lui est maintenu en place par une unique vis Torx 6. Si tout le monde n’aura pas l’outil nécessaire dans son attirail de bricolage, il peut s’acquérir pour moins de 5 euros.

Vous trouverez sur le site de Fairphone une nouvelle batterie pour le boîter à 17 € et un lot de deux piles bouton pour 10 €. De quoi redonner une nouvelle jeunesse à vos écouteurs à moindre coût. Sur cette même page se trouvent d’ailleurs d’autres pièces, comme les écouteurs complets à l’unité (45 € / écouteur) ou le boîtier (45 €). Pratique pour les têtes en l’air qui perdent régulièrement l’un ou l’autre.
Cette modularité s’accompagne d’un léger désavantage : leur protection est limitée à la certification IP54, promettant une résistance aux éclaboussures (la pluie, la sueur…), mais pas aux jets d’eau puissants ni à l’immersion. C’est moins résistant que sur des écouteurs haut de gamme, mais aligné avec la concurrence au même prix.
La conception des Fairbuds 2 est elle aussi tournée vers l’éco-responsabilité. Fairphone avance l’utilisation de 49 % de matériaux recyclés, dont 70 % de plastique, 100 % des terres rares dans les aimants des haut-parleurs et 100 % de l’étain des soudures. Par ailleurs, l’or, le cobalt, le cuivre et l’argent sont issus de l’extraction équitable et l’assemblage est réalisé à 100 % avec de l’énergie renouvelable. Enfin, les parties en contact avec la peau sont garanties sans PFAS (polluants éternels possiblement responsables de certains cancers). Nous ne sommes malheureusement pas en mesure de confirmer tout cela et il faudra donc croire la marque sur parole.
Enfin, rappelons que Fairphone étend sa garantie à trois ans au lieu des deux années imposées dans l’Union Européenne.
Le boîtier plus petit
C’était l’un des points négatifs du premier modèle : avec ses 65 x 65 x 27 mm, le boîtier des Fairbuds était très encombrant. Une critique entendue chez le Néerlandais qui réduit sa taille de 37 % et son poids de 32 % malgré la hausse d’autonomie.

Les Fairbuds 2 arrivent donc avec un boîtier de 56,5 x 45,2 x 27,7 mm pour 52 g. Avec les écouteurs, ce chiffre monte à 64 g.
Une connectivité complète avec codec LDAC
Du côté des codecs, on retrouve l’AAC et le SBC, bien évidemment, mais aussi le LC3 (intégré au Bluetooth LE Audio) et surtout le LDAC. Ce dernier promet un débit théorique à 990 kbps, bien plus proche du lossless que l’AAC et le SBC qui plafonnent autour de 300 kbps.
Notez cependant que pour en profiter il faudra que l’appareil source. Du fait de son caractère propriétaire (c’est un codec Sony), le LDAC ajoute un coût supplémentaire à intégrer. Les produits Apple par exemple ne sont pas compatibles et se contenteront d’encoder le son en SBC ou en AAC.
La qualité audio
Sur ce qui compte le plus, à savoir le son, Fairphone a soigné sa copie et a changé les transducteurs de la 1ère génération par un nouveau modèle en bio-cellulose de 11 mm. Un choix pertinent au vu du résultat très réussi pour des écouteurs à ce tarif.

La signature sonore par défaut est chaleureuse, avec des basses très présentes qui vous feront vibrer de plaisir. Pour autant, les aigus restent bien définis et précis sans grésiller ni être étouffés. Cette bonne définition aux extrémités du spectre a cependant un revers : les basses recouvrent en partie les médiums, ce qui a tendance à écraser certaines voix.
L’application simple à utiliser
Mon premier réflexe a donc été d’ouvrir l’application pour jouer avec les réglages. L’app Fairbuds se contente du strict minimum, mais le fait bien.
Vous y trouverez le niveau de batterie des écouteurs et du boitier, le réglage de l’ANC (Transparence / Désactivé / Activé), quatre préréglages et un égaliseur à cinq bandes. En choisissant le mode « Balanced », les basses prennent un peu moins de place et laissent alors davantage les médiums s’exprimer.
On aurait apprécié davantage d’informations et de réglages, notamment sur l’ANC ou le multipoint, mais elle a le mérite d’aller à l’essentiel et de ne pas surcharger l’interface de contenu inutile.
Le format
C’est très personnel et ce qui est pour moi un avantage sera peut-être un inconvénient pour vous. Toujours est-il que si j’étais le premier à me moquer des AirPods à leur présentation en 2016, je dois bien admettre que le format avec tige est bien plus pratique et ergonomique que le format Buds de la première génération. Je trouve cela beaucoup plus pratique notamment pour repositionner l’écouteur dans l’oreille sans forcément déclencher l’une des commandes tactiles par erreur.
L’autonomie : dans la moyenne
L’autonomie des Fairbuds 2 n’est ni bonne, ni mauvaise. Le constructeur néerlandais promet jusqu’à 8 heures sans ANC, et six heures avec. C’est dans la moyenne basse de ce qui ce fait en 2026, mais dans la moyenne quand même. Notre expérience est par ailleurs cohérente avec cette annonce, avec des durées d’écoutes variant entre 5h et 6h30 environ avec l’ANC. L’écouteur droit a tendance à se décharger nettementplus vite que le gauche

Avec le boîtier, comptez 40 heures d’écoute, ce qui est très confortable. C’est surtout plus de 10 heures de plus que la première génération, une belle progression. Sous le capot, trois diodes vous indiqueront le niveau de batterie du boîtier.
Enfin, comptez deux heures pour une recharge complète (boitier + écouteurs). Si vous êtes pressé néanmoins, la charge rapide vous permet de récupérer jusqu’à 1h30 d’écoute en seulement 10 minutes.
Ce que j’ai moins aimé
L’ANC peu convaincante
S’il y a un point sur lequel les Fairbuds 2 peinent à convaincre, c’est la réduction de bruit active. Fairphone avance une réduction de 45 dB grâce à ses six micros (trois dans chaque écouteur). C’est ce que promettent bon nombre de ses concurrents, à l’instar des Nothing Ear (3a) pour ne citer qu’eux.
Dans les faits, c’est assez peu convaincant. Si le brouhaha constant et sourd est bien atténué, l’efficacité de cette réduction de bruit montre rapidement ses limites dans de nombreux environnements. Les bruits rapides ou plus aigus ne sont presque pas filtrés.

Je m’entends par exemple très bien taper ces lignes sur mon clavier alors que j’ai de la musique dans les oreilles (avec l’ANC activé). Même combat dans le métro, le clavier en moins. Que ce soit le ramdam du train qui roule, les hurlements stridents des roues sur les rails dans les virages, les avertissements sonores lors des arrêts ou les enfants qui crient, il est difficile de réellement se couper du monde extérieur.
Le mode transparence
Cette lacune, on la ressent également à l’autre extrémité du spectre, avec le mode transparence. Le son est reproduit de manière chaotique. Certaines fréquences sont mise en avant à l’excès, créant rapidement un souffle continu désagréable dans l’oreille. Le bruit de la circulation, même sans klaxon, est difficilement tenable et le simple souffle des ventilateurs de mon ordinateur a tendance à se rapprocher d’une turbine.
Si vous avez pour habitude de tenir des conversations en gardant vos écouteurs dans les oreilles, déjà… pourquoi ? Et si tel est votre cas, vous risquez de rapidement déchanter tant l’expérience est peu agréable avec les Fairbuds 2.
Les commandes tactiles
En changeant le format de ses écouteurs, Fairphone a également changé les différentes interactions tactiles. Celles-ci sont désormais différenciées entre l’écouteur gauche et le droit, ce qui rend l’usage en mono peu pratique. Seule la pause est commune aux deux côtés, déclenchée par un simple tapotage. Deux coups à gauche permettent de revenir à la piste précédente, à droite pour la suivante. La sensibilité de cette zone tactile rend cependant le repositionnement des Fairbuds 2 dans l’oreille quasi impossible sans arrêter la chanson en cours.
Le pire est certainement le réglage du volume. Il faut appuyer et maintenir le doigt, à gauche pour baisser le son, à droite pour le monter. C’est peu ergonomique, lent et imprécis au possible.
Le confort
Le nouveau design, bien que meilleur que sur la première génération, reste encore imparfait. Les écouteurs sont protubérants et manquent de stabilité dans l’oreille. Dans mon cas, opter pour les embouts en silicone de grande taille a permis d’améliorer leur maintien.

Malgré cela, il m’arrive régulièrement de sentir le besoin de les repositionner ou d’avoir l’impression qu’ils se délogent. À tort cependant : courir ou secouer mon corps, tête comprise, au rythme endiablé d’une techno au BPM élevé n’ont jamais suffit à faire tomber l’un ou l’autre des écouteurs.
Notre avis sur les Fairbuds 2
Les Fairbuds 2 corrigent les principaux reproches que l’on pouvait regretter sur la première génération. Leur format est plus ergonomique, le boitier bien plus pratique à transporter et tout a globalement été amélioré. Le son s’avère particulièrement convaincant pour des écouteurs à ce prix, avec des basses profondes et une signature chaleureuse.
Ils ne sont pas parfaits pour autant. La réduction de bruit est bien trop timide et le rendu général des micros, pour la transparence ou les appels, laisse à désirer.
Ils sont pourtant uniques en leur genre grâce à l’ADN même de Fairphone. Le fait de pouvoir remplacer leur batterie en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire rend leur rapport qualité-prix à long terme absolument imbattable.
Plus encore, c’est l’un des rares produits tech à baisser de prix en 2026. En plus d’être éthiques et éco-responsables, ils restent donc abordables. Le meilleur des deux mondes.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.


