Alors que la France dévoilait récemment l’Invincible, son nouveau sous-marin nucléaire qui sera mis à l’eau dès 2036, la Russie, de son côté, a annoncé une refonte en profondeur de sa propre flotte sous-marine. Et il était peut-être temps : le pays s’appuyait sur trois classes de sous-marins nucléaires d’attaque héritées de l’ère soviétique : les Akula, les Sierra et les Oscar-II. Des appareils commissionnés entre 1985 et 1996, qui accusent donc entre 30 et 40 ans de service.
Vieillissants, coûteux à entretenir, dotés d’une électronique obsolète et de chaînes logistiques lourdes, ils représentent un fardeau croissant pour la marine. Chaque classe ayant été conçue pour une mission bien précise, leur coexistence complexifie encore davantage la maintenance et la formation des équipages.
Dans ce contexte, l’amiral Aleksandr Moïsseïev, commandant en chef de la Marine russe, a officialisé, le mois dernier, le remplacement de ces appareils par des sous-marins des classes Yasen et Yasen-M, lancés en 2010. Au total, la flotte devrait compter entre 10 et 12 de ces nouveaux appareils d’ici à 2035. Et leurs capacités sont sans commune mesure avec leurs prédécesseurs.

Taillés pour la guerre moderne
En effet, les Yasen et Yasen-M sont des sous-marins nucléaires d’attaque de quatrième génération, conçus pour être polyvalents. Avec un déplacement en plongée d’environ 13 800 tonnes et une vitesse pouvant atteindre 28 nœuds en mode discret, ils combinent furtivité et puissance de frappe. Leur réacteur nucléaire, lui, est conçu pour fonctionner 25 à 30 ans sans rechargement en combustible.
Côté armement, les Yasen-M embarquent jusqu’à 32 missiles de croisière répartis dans huit modules de lancement vertical : des Kalibr pour les frappes terrestres à plus de 1 500 kilomètres, des Oniks pour les missions anti-navires, et des Zircon, des missiles hypersoniques intégrés progressivement depuis 2024-2025. Dix tubes lance-torpilles complètent l’arsenal. À noter, malgré tout, que le programme de construction des appareils est en proie à d’importants retards à cause de la guerre en Ukraine.
Cette annonce intervient évidemment dans un contexte géopolitique ultra tendu. La modernisation de la flotte sous-marine russe, concentrée sur les théâtres arctique, atlantique et pacifique, s’inscrit dans cette dynamique de réarmement généralisé. De quoi envoyer un signal fort à l’Ouest ?
- La Russie va retirer d’ici à dix ans l’ensemble de ses sous-marins nucléaires d’attaque soviétiques pour les remplacer par 10 à 12 unités de classe Yasen et Yasen-M, des appareils de quatrième génération bien plus modernes et polyvalents.
- Ces nouveaux sous-marins embarquent des missiles hypersoniques Zircon, des Kalibr et des Oniks.
- Une modernisation qui renforce la capacité de frappe russe, dans un contexte géopolitique déjà explosif.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.