Pour les entreprises comme Google, les données sont importantes. En effet, en plus de permettre un bon ciblage des publicités, ces données permettent aussi de fournir une meilleure personnalisation de l’expérience globale. Mais parfois, la façon dont ces données sont collectées est très discutable.
Aux États-Unis, comme le rapporte le site CNBC, quatre procureurs généraux ont déposé une plainte contre Google, qu’ils accusent d’avoir induit les utilisateurs en erreur pour obtenir des données de géolocalisation. Il s’agit des procureurs généraux du District de Columbia, de l’Indiana, du Texas et de Washington.
D’après ceux-ci, entre 2014 et 2019, Google aurait trompé ses utilisateurs en faisant croire à ceux-ci que la désactivation des paramètres « historique de localisation » rendrait le pistage de la géolocalisation inactive. Or, comme le rapporte CNBC, ces procureurs généraux affirment que la position d’un utilisateur peut toujours être suivie sauf s’il désactive également les paramètres dans la section « Activité sur le Web et les applications ». Les pliantes ont été déposées séparément.
Par exemple, dans celle Washington, on peut lire : « Pourtant, même lorsque les consommateurs ont explicitement choisi de ne pas suivre la localisation en désactivant” l’historique des positions “, Google a néanmoins enregistré les emplacements des consommateurs par d’autres moyens. »
« Bien que le paramètre d’activité sur le Web et les applications soit automatiquement activé pour tous les comptes Google, les divulgations de l’entreprise lors de la création du” compte Google “n’ont pas mentionné ni attiré l’attention des consommateurs sur le paramètre jusqu’en 2018 », lit-on aussi sur cette plainte.
Dark patter ?
Dans une interview avec CNBC, Karl Racine, le procureur général du District de Columbia, explique par ailleurs que les nouvelles pliantes incluent les « dark pattern ». En substance, Google est accusé de recourir à une manipulation au niveau de l’interface afin d’encourager les utilisateurs à prendre une décision. Des exemples sont cités, comme des menus de navigation compliqués, « une mauvaise direction visuelle », « une formulation confuse (comme les doubles négatifs) », ou des rappels répétitifs.
Bien entendu, Google a déjà réagi. « Les procureurs généraux intentent une action basée sur des affirmations inexactes et des affirmations obsolètes concernant nos paramètres », a déclaré le porte-parole de Google, José Castañeda, dans un communiqué relayé par CNBC. « Nous avons toujours intégré des fonctionnalités de confidentialité dans nos produits et fourni des contrôles robustes pour les données de localisation. Nous nous défendrons vigoureusement et remettrons les pendules à l’heure. »
Le représentant de Google a également rappelé les efforts que la firme a faits dernièrement pour protéger les données de géolocalisation. En 2019, Google a proposé une fonctionnalité qui supprimer automatiquement ces données du compte de l’utilisateur. Et en 2020, cette suppression automatique est devenue l’option par défaut pour les nouveaux comptes.
Dans l’UE, ces pratiques devraient être mieux régulées
Notons qu’en Europe, la législation sur les services numériques, qui a récemment été adoptée par le Parlement Européen, inclut des mesures contre ces pratiques appelées « dark pattern ». Parmi les modifications apportées par le Parlement, il y a « une possible interdiction pour les plateformes en ligne d’utiliser des techniques de tromperie ou de “nudge” pour influencer le comportement des utilisateurs par le biais “d’interfaces truquées”; »
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