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Saviez-vous que la Terre n’est pas parfaitement ronde ?

Comme la gravité à la surface du globe n’est pas parfaitement uniforme, il est donc logique que notre planète ne soit pas une sphère entièrement ronde. En plus, elle tourne sur elle-même : depuis sa naissance, elle a pris un peu de ventre !

Outre quelques hurluberlus qui pensent que notre planète est plate, nous savons depuis le grand Aristote qu’elle est globalement sphérique. Observant les éclipses, le philosophe et polymathe avait déjà compris qu’au moment des éclipses de Lune, l’ombre projetée par la Terre était toujours circulaire, un indice qu’il formalisa vers 350 av. J.-C., alors qu’il vivait et enseignait en Grèce antique. Un raisonnement qui tient bien évidemment la route, mais entre cette théorie très précoce et la réalité géodésique, il y a un fossé ; ou un bourrelet, pourrions-nous dire.

Lancée sur elle-même à plus de 1 600 km/h (au niveau de l’équateur), la Terre subit une force centrifuge telle qu’elle finit par s’étaler légèrement, prenant la forme d’un sphéroïde oblate, comme un ballon écrasé qui affiche 21 km de « ventre » supplémentaire à sa taille. Un relief invisible à l’œil nu, mais qui fait de la Terre un sphéroïde et non une sphère. Embarquement immédiat pour un tour du monde d’une planète qui garde jalousement ses courbes !

La Terre est ronde… mais pas comme on l’imagine

Si l’on pouvait vider les océans et stopper le mouvement des eaux, la silhouette de notre monde ressemblerait davantage à une pomme de terre flétrie qu’à une bille de billard. C’est ce que l’on appelle, en géométrie, un géoïde : une surface théorique définie uniquement par le champ de gravité, indépendamment du relief topographique.

Comme l’explique le Dr Attreyee Ghosh, géophysicienne à l’Indian Institute of Science : « Ces variations ne sont pas visibles à l’œil nu. Elles reflètent la manière dont la masse est distribuée profondément à l’intérieur de la Terre, et non la forme de la surface ». En réalité, si nous avons l’illusion qu’elle est une sphère parfaite, c’est une simple question d’échelle.

Pour illustrer ce décalage, le chercheur Jon Kirby (Curtin University) utilise une image plutôt parlante : à l’échelle d’une bille ou d’une balle de tennis, le bourrelet de la Terre serait aussi imperceptible qu’un cheveu humain posé à sa surface.

Même si elle nous apparaît parfaitement régulière vue de l’espace, cette silhouette est en réalité le fruit d’un combat permanent entre la rotation et la gravité. Kirby explique que sans cette rotation effrénée, notre planète serait « presque une sphère parfaite ». Mais parce qu’elle tourne, la force centrifuge l’étire fortement à la taille : à l’échelle planétaire, elle se comporte quasiment comme une matière fluide.

Plus on s’éloigne du centre du globe, plus la gravité s’affaiblit, et comme la force centrifuge la pousse vers l’extérieur, c’est le cas pour tout ce qui est situé à sa surface, nous compris. Techniquement, si vous pesez 75 kilos en France, si vous allez en vacances en Colombie (ou autre pays traversé par l’équateur) dans sa zone équatoriale, votre poids tomberait à 74,62 kg. Une différence de 0,5 % qui s’explique par la somme de la rotation rapide de la Terre et de son renflement équatorial.

À cause de ce fameux bourrelet, le sommet du volcan Chimborazo, en Équateur, se retrouve plus proche des étoiles que celui de l’Everest. Bien que le géant népalais culmine plus haut par rapport au niveau de la mer, le « ventre » de la Terre propulse le volcan sud-américain 2 100 mètres plus loin dans l’espace.

Le changement climatique, lui aussi, a un impact sur la silhouette de la Terre : en raison de la fonte des calottes glaciaires, la répartition des masses n’est plus la même à l’échelle planétaire. Les milliards de tonnes d’eau gelée aux pôles se transforment en eau liquide et migrent lentement vers l’équateur.

Grâce aux missions satellites GRACE et GRACE-FO, les scientifiques mesurent chaque mois ces changements, et l’on sait désormais que ce déplacement freine la course de la Terre. Selon cette étude publiée en 2024 dans la revue PNAS, ce phénomène rallonge nos journées de quelques millisecondes et, par extension, modifie la forme du globe. En tournant moins vite, la Terre devient donc un tout petit peu plus ronde.

C’est aussi parce que nous percevons notre berceau avec nos petits yeux d’humains qu’il peut être difficile de comprendre que la Terre est un objet céleste parmi tant d’autres, obéissant aux mêmes lois physiques et mécaniques. Gravité, rotation, transferts de masses et activité humaine, tous ces processus, naturels ou non, y laissent leur empreinte : rien ne se perd, tout se déforme !

  • La Terre n’est pas une sphère parfaite mais un sphéroïde oblong en raison de sa rotation et de la gravité.
  • Son relief est imperceptible à l’œil nu, ressemblant plutôt à une pomme de terre flétrie qu’à une bille.
  • Le changement climatique modifie la répartition des masses sur Terre, influençant sa forme et rallongeant nos journées.

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