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Le S&P 500 recule, les géants de la tech dans le rouge, l’indice d’incertitude VIX est élevé : oui, mais tout cela s’explique

Le S&P 500 enchaîne sa cinquième semaine de baisse, le VIX explose et les géants de la tech plongent. Ce cocktail anxiogène a un nom : une correction boursière. Et ce n’est pas la première.

Cinq semaines de baisse consécutives. C’est le bilan brutal que dresse Wall Street en ce début avril 2026. Le S&P 500 accuse un recul de 8,7 % depuis son record du 27 janvier. Le Nasdaq et le Dow Jones, eux, sont officiellement entrés en territoire de correction, c’est-à-dire une baisse de plus de 10 % par rapport à leur sommet.

Et le VIX, l’indice qui mesure la nervosité des marchés, a franchi le seuil des 31, un niveau qu’on n’avait plus vu depuis le krach lié au Covid de mars 2020. Les « Magnificent 7 », ces sept géants technologiques qui ont porté la hausse pendant trois ans (Apple, Microsoft, Google, Amazon, NVIDIA, Meta et Tesla), sont tous dans le rouge depuis le 1er janvier. Ensemble, ils ont effacé 2 000 milliards de dollars de capitalisation boursière depuis leurs plus hauts.

Nvidia Chute Bourse Nasdaq
© Shutterstock

Une triple peine simultanée

Cette situation ne découle pas d’un seul choc, mais de trois à la fois. Tout d’abord, c’est évidemment le pétrole. Depuis l’escalade du conflit en Iran, le baril de Brent dépasse les 112 dollars, un niveau pas atteint depuis l’invasion de l’Ukraine. Car, on le rappelle, le détroit d’Ormuz, par lequel transitent 20 % du pétrole mondial, est partiellement bloqué. Résultat : l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a révisé sa prévision d’inflation américaine pour 2026 à 4,2 %, contre 2,7 % anticipés par la Fed elle-même il y a encore quelques semaines. Le spectre d’un choc inflationniste durable est de retour.

En parallèle, le secteur des puces piétine. En partie à cause de l’algorithme TurboQuant de Google, capable de faire tourner des modèles d’intelligence artificielle avec six fois moins de mémoire RAM qu’auparavant. Le marché a recalculé en temps réel ses besoins futurs en composants mémoire : Micron a perdu 30 % en huit séances, entraînant SK Hynix et Samsung dans sa chute.

Et ce n’est pas tout. L’anticipation des taux joue également un rôle clé. En quatre semaines à peine, le marché est passé de « deux baisses de taux attendues en 2026 » à « 60 % de chances d’une hausse ». Le rendement du bon du Trésor américain à deux ans a bondi de 50 points de base depuis fin février. Concrètement, quand le taux d’actualisation monte, la valeur des bénéfices futurs se comprime mécaniquement. Pour des entreprises géantes, c’est un double coup de massue.

Iran Guerre
© artemegorovv / Shutterstock.com

Des précédents

Les marchés ont déjà vécu des épisodes comparables ces dernières années, et à chaque fois ils s’en sont relevés. Les causes étaient multiples : Covid-19, droits de douane, guerre commerciale, etc.

D’ailleurs, la correction actuelle reste, pour l’instant, l’une des moins sévères de cette série. D’autant qu’un signal de désescalade en Iran, comme le laisse entendre Donald Trump, pourrait inverser la tendance. Il ne faut malgré tout pas s’emballer, car certains experts ne sont pas vraiment optimistes. Richard Bookstaber, économiste de renom, prédisait récemment une crise majeure à venir, pire que celle de 2008…

  • Wall Street enchaîne cinq semaines de rouge, un scénario qui a déjà eu lieu ces dernières années.
  • Les causes sont identifiées et les mécanismes connus. 
  • Un rebond est donc à prévoir.

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