FantomApp est une application française qui aide les jeunes à garder la main sur ce qu'ils montrent d'eux sur les réseaux sociaux. Elle a été créée par la CNIL, l'autorité publique chargée de la protection des données personnelles en France, et son développement a été financé par l'Union européenne. Le constat de départ est vraiment simple. Les adolescents ouvrent des comptes, publient leurs photos et échangent avec des inconnus, sans savoir ce que les plateformes conservent de tout cela. FantomApp s'adresse d'abord à eux, avec des phrases courtes, des mots du quotidien et des écrans faciles à parcourir, même quand on n'y connaît pas grand-chose en informatique.
FantomApp n'a pas été créée dans un bureau, loin des usages réels. Des collégiens ont participé à des ateliers pendant toute la conception de l'application : ils ont dit ce dont ils avaient besoin, testé les écrans et validé les contenus, ce qui explique le ton direct et l'absence de discours moralisateur. Le nom vient d'ailleurs de cette idée de discrétion en ligne, celle du fantôme qui passe sans laisser de traces. Si vous êtes parent, enseignant ou éducateur, vous pouvez tout à fait l'installer de votre côté : elle sert aussi à lancer la discussion avec un adolescent, ou simplement à faire le point sur vos propres comptes.
Quelles sont les fonctionnalités de FantomApp ?
FantomApp part de phrases que les jeunes emploient vraiment : je veux faire effacer un contenu, je me suis fait pirater, je vis du cyberharcèlement, on se fait passer pour moi, on me fait du chantage sexuel, on m'a arnaqué. Chaque entrée mène vers des explications sur ce qu'il faut faire en premier et vers les organismes publics et associatifs à contacter, ce qui évite de chercher le bon interlocuteur au pire moment.
FantomApp propose ensuite trois outils utilisables en quelques secondes. Le premier teste la solidité d'un mot de passe et vous montre combien de temps un pirate mettrait à le deviner, ce qui donne une idée très concrète de ce qu'est un mot de passe résistant. Le deuxième permet de flouter ou de pixéliser une photo de profil depuis le téléphone, pour publier une image sans que votre visage soit reconnaissable. Le troisième analyse votre niveau de visibilité : il regarde ce que votre pseudo et votre biographie racontent déjà sur vous, car un compte privé ne signifie pas que vous passez inaperçu.
La partie la plus utile au quotidien reste la série de tutoriels consacrés aux réseaux sociaux. FantomApp couvre Instagram, TikTok, Snapchat, X ou encore WhatsApp, et vous guide réglage par réglage dans des menus que peu de monde prend le temps d'ouvrir. Vous apprenez à passer votre compte en privé, à désactiver la géolocalisation, à activer la double authentification, à choisir qui peut vous écrire, à masquer les contenus sensibles, à couper les publicités personnalisées ou à empêcher l'intelligence artificielle de la plateforme d'exploiter vos publications.
FantomApp consacre aussi une grande place aux droits que le règlement européen accorde à chacun. Faire supprimer une photo, s'opposer à un usage de vos données, demander l'accès aux informations qu'un service détient sur vous : tout cela est présenté comme une action concrète, pas comme un texte de loi. Un formulaire de plainte pensé pour les mineurs permet même de saisir la CNIL. L'application reste fidèle à ce qu'elle enseigne, puisqu'elle ne demande ni compte ni inscription pour fonctionner.
Avec quels OS fonctionne FantomApp ?
FantomApp fonctionne sur les deux grands systèmes mobiles du marché. La version Android s'installe depuis le Play Store et tourne sans difficulté sur les smartphones et les tablettes Android 5.0 ou version ultérieure. La version iPhone demande iOS 16.6 ou une version plus récente, ce qui couvre la très grande majorité des appareils en circulation. L'application est légère, autour de six mégaoctets, donc elle ne pèse presque rien sur la mémoire du téléphone.
Il existe aussi une version web de FantomApp, pratique si vous travaillez sur ordinateur ou si vous préférez ne pas passer par un magasin d'applications. Vous ouvrez l'adresse du service dans votre navigateur, sur Windows, macOS, Linux, Chromebook, tablette ou téléphone, et vous retrouvez le même contenu.
Vous pouvez télécharger FantomApp pour Android ou pour iPhone en suivant nos liens de téléchargement directs.
FantomApp est-il gratuit ou payant ?
FantomApp est totalement gratuite. Il n'y a aucune version d'essai limitée, aucune fonction réservée à un abonnement, aucune publicité entre deux écrans ni aucun achat intégré. Vous installez l’application, vous l’ouvrez, et l'ensemble des outils et des tutoriels est disponible tout de suite, sans créer de compte ni laisser une adresse électronique.
Quels sont les logiciels similaires à FantomApp ?
Si vous cherchez un outil tourné vers l'urgence plutôt que vers la prévention, l'application 3018 est la référence. Elle est gérée par l'association e-Enfance, qui opère le numéro national destiné aux victimes de violences numériques, et elle est gratuite sur Android comme sur iPhone. Vous pouvez y discuter par tchat avec un professionnel ou appeler le numéro, ranger vos preuves de harcèlement dans un coffre-fort numérique et les transmettre aux équipes, consulter des fiches pratiques sur vos droits, ou évaluer votre situation grâce à un questionnaire. Le service est partenaire des grandes plateformes et obtient le retrait de contenus très rapidement.
Pour se sensibiliser au cyberharcèlement et aux dangers des réseaux sociaux, deux jeux méritent le détour. le Labyrinthe de Nina est une enquête interactive gratuite, disponible sur Android et sur iPhone, née de la collaboration entre le studio MindQuest Games, la MAE et l'association e-Enfance. Vous explorez le téléphone abandonné d'une lycéenne disparue, vous lisez ses messages et vous comprenez de l'intérieur comment une situation de harcèlement s'installe. L'expérience dure environ une heure, se joue hors connexion et ne contient ni publicité ni achat intégré. Une version courte de trente minutes, avec un kit pédagogique, existe pour les séances en classe.
Léa et ses réseaux, lui, adopte un angle différent. Ce jeu gratuit se lance directement dans un navigateur, sans rien installer, et vous met dans la peau d'un enquêteur chargé de résoudre plusieurs affaires autour de la surexposition de la vie privée, du cyberharcèlement, des rencontres en ligne et des arnaques numériques. Il a été conçu par des professionnels et des jeunes de la Fondation OVE, avec l'association Hovia. Chaque enquête demande entre quarante minutes et une heure, se termine par un quiz et s'accompagne d'un guide d'animation, car le jeu donne son meilleur quand un enseignant ou un éducateur mène la séance.