Mieux : le Comu Action Pro assure même le suivi de l’évolution d’un projet au fil des différentes réunions et peut vous aider à identifier les points bloquants. Il est pour cela équipé d’une touche « AI » permettant de lui donner des instructions vocales. Est-ce vraiment une bonne idée ? Afin de le savoir, je l’ai utilisé entre la fin août et le début du mois d’octobre, période assez chargée en conférences et réunions pour un journaliste high-tech.
Je découvre le Comu Action Pro
Une carte de crédit XXL, port USB-C inclus
À peu de choses près, l’Action Pro a les dimensions d’une carte de crédit qui aurait pris de l’embonpoint pendant les vacances : 91 × 60 × 5,5 mm. Cette épaisseur permet de loger un port USB-C, ce qui évite d’avoir à courir après un câble de charge propriétaire au plus mauvais moment (histoire vécue). L’appareil est compatible MagSafe et tient solidement au dos d’un smartphone équipé du dispositif, ou protégé par une coque qui l’est.

Un petit écran OLED signale l’état de l’appareil lors de son utilisation. Deux boutons se trouvent à ses côtés : l’un pour allumer/éteindre et enregistrer, l’autre portant la marque AI. Précisons pour finir ce rapide tour du propriétaire que l’appareil est fait de polycarbonate de bonne qualité et bénéficie d’une finition soignée.
Un enregistreur IA, pas un dictaphone
L’enregistrement des conversations est assuré par un ensemble de six micros dont Comu assure qu’ils peuvent capter des sons à 7 mètres de distance. Je l’ai testé dans différentes situations et je dois reconnaître que le résultat s’avère convaincant.
Dans un salon professionnel, par exemple, il a parfaitement enregistré une interview faite sur un stand, l’environnement bruyant ne gênant pas la captation. Même constat dans des environnements plus calmes (en salle de réunion ou lors d’une visioconférence, que j’ai enregistrée en posant l’Action Pro à côté de mon notebook). Attention toutefois, le Comu Action Pro n’est pas un dictaphone, mais un enregistreur IA. Le son peut sembler médiocre à l’oreille humaine, mais il reste parfaitement compréhensible pour une IA.
Transcription et traduction : presque sans accroc
Une fois l’enregistrement transféré vers l’app Comu, la conversation apparaît sous forme de transcription synchronisée avec l’audio. Je peux alors retrouver un passage, écouter la séquence correspondante ou demander à l’IA d’en extraire les informations importantes. Les fonctions classiques sont présentes et efficaces (résumé, points essentiels, décisions, éléments à suivre et tâches à effectuer).
J’apprécie particulièrement la possibilité de traduire une transcription. Le texte original reste dans la langue parlée et il est ensuite possible de demander son affichage dans une autre langue. Comu permet également de choisir la langue dans laquelle seront produits les résumés et autres contenus générés par l’IA.
Durant mes tests, réalisés en français et en anglais, je n’ai rencontré aucun problème majeur. Il arrive parfois qu’une marque, un nom de famille ou des termes jargonneux ne soient pas reconnus correctement, mais cela me semble inévitable. Comu annonce que 113 langues sont supportées. En règle générale, les traductions en français sont correctes, mais laissent parfois à désirer côté style.
La brève épreuve du coréen
J’ai eu l’occasion de tester les capacités coréennes de l’Action Pro lors d’une table ronde technique organisée par une entreprise coréenne. L’appareil enregistre l’intégralité de la conférence, qui se déroule en anglais. Surprise : lors des questions-réponses, un vice-président de la boîte, qui ne parle pas anglais, est présent. C’est lui qui répond à nos questions via une interprète du service de presse : elle les traduit en coréen, puis restitue ses réponses en anglais.
Je me demande comment va réagir l’Action Pro au moment de la transcription, la présence de deux langues pouvant poser problème. En fait, pas du tout ! Je retrouve dans la transcription anglaise des segments écrits en coréen. Curieux, je les fais traduire par une autre IA : les questions sont très fidèles, mais les réponses du VP diffèrent de la version de l’interprète, et certains détails techniques ont disparu en route… Difficile de ne pas y voir une version lissée, calée sur la ligne de l’entreprise.
De retour au bureau, je demande à l’Action Pro de traduire à son tour les réponses coréennes. Je les fais ensuite comparer aux propos du VP par une amie qui parle couramment coréen (on n’est jamais trop prudent). Résultat : la traduction réalisée par l’appareil est conforme et mon amie confirme que l’interprète a bien pris quelques libertés !
La touche AI, ou le stagiaire à portée de pouce
Très bien, mais quid de la touche AI, présentée par Comu comme le vrai différenciateur par rapport à la concurrence ? Elle fait toute la différence. Après une réunion, une interview ou une conversation, une pression sur la fameuse touche me permet d’exprimer oralement une demande. L’Action Pro l’envoie au système puis m’indique que la tâche a été transmise.
Quelques secondes plus tard, le résultat apparaît dans l’app. Je peux par exemple demander : « Prépare un compte-rendu de cette réunion et compare les progrès réalisés depuis celle de la semaine dernière » ou « Rédige un e-mail résumant les décisions prises et les prochaines étapes. » Pas mal, non ?
Le système peut aller plus loin en produisant des documents, des listes d’actions ou des présentations à partir de la conversation. J’ai testé la génération de diapositives de présentation avec succès : il suffit juste de répondre à quelques questions dans l’app (nombre de diapositives, style du formatage, public de destination) pour récupérer le fichier PowerPoint. Bien sûr, celui-ci n’est pas toujours parfait et peut nécessiter quelques ajustements (notamment au niveau des illustrations, générées par IA). Mais le gain de temps est loin d’être négligeable !
Vous l’aurez compris, la touche AI ne correspond pas à une fonction particulière, mais invoque un agent IA à vos ordres. Pour l’instant, Comu est le seul à proposer ce type d’utilisation, mais je suis certain que la concurrence va s’y mettre rapidement. Et notamment Plaud, dont les travaux en la matière sont déjà très avancés.
Autonomie : l’effet Nokia 3210
Autre bonne surprise, l’autonomie est excellente. Comu annonce jusqu’à 70 heures d’enregistrement continu. Dans la vraie vie, j’ai trimballé l’appareil avec moi les trois premières semaines de ce test. Je l’ai utilisé à raison de deux à trois heures par jour, cinq jours par semaine. Cela représente grosso modo 30 à 45 heures d’utilisation, auxquelles s’ajoutent les périodes de veille : je n’ai pas eu besoin de le recharger une seule fois. Au bout de ces trois semaines, il restait tout de même 20 % d’autonomie. Comme je suis prudent, je l’ai rechargé.

C’est exactement ce que j’attends d’un appareil par essence nomade : le prendre avec moi et oublier qu’il est pourvu d’une batterie (un peu comme le Nokia 3210 il y a très longtemps). Même lorsqu’il faut le recharger, pas besoin d’un câble exotique, celui de mon chargeur fait l’affaire.
Relire, toujours relire
Le Comu Action Pro serait-il parfait ? Pas complètement. La possibilité que l’IA passe à côté d’un point important n’est pas nulle. Tout comme elle peut mal interpréter certaines réponses (notamment ironiques) ou ne pas comprendre des termes spécifiques à une profession.

Avant d’exploiter une de ses productions, il est fortement recommandé de la relire avec attention. Au besoin, l’interface de dialogue de Comu sur mon smartphone permet de rectifier certains points ou d’apporter des précisions afin que l’IA en tienne compte et se corrige.
Autre point à garder en tête : le traitement s’effectue sur le smartphone et dans le cloud. Comu revendique une conformité RGPD, HIPAA et SOC 2. Si vous manipulez des sources sensibles, mieux vaut refléchir à deux fois avant d’enregistrer
Gratuit pour commencer, payant pour aller loin
Le Comu Action Pro est actuellement vendu 170,99 euros, auquel il faut ajouter un abonnement. Trois niveaux sont proposés : Starter, Premium et Elite. Première bonne nouvelle, les trois incluent la transcription et les résumés de base sans limite. Starter comprend aussi 500 crédits mensuels pour l’agent IA, une traduction en temps réel par mois et trois analyses approfondies.
Premium et Elite sont nettement plus généreux, puisqu’ils offrent respectivement 5 000 et 40 000 crédits mensuels pour l’agent IA, la traduction en temps réel et les analyses approfondies en illimité. Autre avantage, l’utilisation de LLM plus puissants qu’avec Starter, dont Claude.

La seconde bonne nouvelle est que l’abonnement Starter est gratuit à vie. Au besoin, on peut le compléter en achetant des packs de crédits valables un an, ou passer à une formule payante. Premium est facturé 19,99 euros par mois ou 135 euros par an, tandis qu’Elite est proposé à 44,99 euros mensuels ou 405 euros annuels.
Selon votre activité, vous choisirez Starter pour une utilisation occasionnelle, si vous êtes étudiant ou journaliste fauché. Premium devrait combler les utilisateurs professionnels (et les journalistes gagnant bien leur vie). Enfin, Elite s’adresse plutôt aux utilisateurs intensifs en manque de stagiaire ou d’assistant humain.
Mon avis sur le Comu Action Pro
À l’issue de ce test, une chose est certaine : l’Action Pro de Comu n’est pas un dictaphone amélioré, mais un enregistreur IA. Ses captations audio ne feront pas rêver vos oreilles, mais conviendront parfaitement à l’IA qui va les traiter. Il réalise avec efficacité les tâches de base d’un assistant IA (transcription, résumé, éléments à suivre, liste de choses à faire) soit tout ce que sait faire un smartphone récent. Sa valeur ajoutée est autre part, comme on va le voir maintenant.
La touche « AI » le différencie de la concurrence. Elle permet de solliciter l’agent IA afin de réaliser des tâches plus complexes : demander un compte-rendu d’évolution depuis la réunion précédente, analyser les points bloquants ou préparer une présentation sont quelques-unes de ses compétences.
L’excellente autonomie et la présence d’un port USB-C sont de vrais bons points.
Côté défauts, les traductions laissent parfois à désirer côté style, le son reste peu flatteur pour l’oreille humaine et l’IA se trompe parfois sur les termes spécifiques à un métier. À 170,99 euros au moment où ces lignes sont écrites, abonnement fortement conseillé en sus, il mérite d’être sérieusement considéré si vous enchaînez les réunions et recherchez un assistant dont il faudra contrôler le travail avant de l’exploiter.
Face à Plaud, son principal concurrent, il garde pour l’instant l’avantage de la touche AI, mais l’écart devrait se réduire vite : les agents IA arrivent aussi chez ses rivaux.
Je découvre le Comu Action Pro
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.





