Nous l’avions gardé bien au chaud, histoire de savoir s’il avait les reins assez solides pour se frotter au tout dernier smartphone pliant à clapet de Samsung.
Lancé quelques semaines avant le Z Flip6, le Razr50 Ultra de Motorola incarne le nec plus ultra des smartphones pliants de la marque sino-américaine. Motorola assure avoir corrigé les principaux défauts de la génération précédente, déjà très convaincante.
Ce Razr50 Ultra est-il le smartphone pliant à clapet parfait ? Surtout, son prix de 1 200 euros est-il justifié ? Est-il meilleur que le Galaxy Z Flip6 de Samsung ? Réponse après quelques semaines de test.
Oui, pour son design et ses écrans

Le Razr50 Ultra ne change pas fondamentalement par rapport à son prédécesseur. Ses dimensions et son poids sont à peu près identiques, les sensations en main sont les mêmes et la qualité de fabrication est toujours aussi premium.
En jouant la carte de la continuité, Motorola perd au jeu de la comparaison avec son principal rival, le Galaxy Z Flip6. Le modèle lancé par Samsung a subi une réelle transformation physique qui lui confère un aspect plus moderne. Aussi séduisant soit-il, le Razr50 Ultra a donc logiquement des allures de smartphone pliant de 2023.
Motorola ne s’est pas tourné les pouces pour autant. La charnière revue et corrigée est pour la première fois certifiée IPX8. Le Razr50 Ultra résiste donc à une immersion dans l’eau (30 minutes maxi à 1,50 m de profondeur), mais pas à la poussière.
Le principal changement matériel se situe en façade lorsque le téléphone est fermé. L’écran externe est en effet plus grand. Avec sa diagonale de 4 pouces, la dalle pOLED Full HD HDR10+ se veut aussi plus confortable. Elle dispose en plus d’une fréquence de rafraîchissement de 165 Hz et sa luminosité maxi peut atteindre 2 400 nits en pic HDR. Motorola permet en plus d’utiliser l’écran externe avec la plupart des applications quand son concurrent le limite à certaines applis maison. Prends ça Samsung.
L’écran pliant interne se révèle tout aussi séduisant. D’une diagonale de 6,9 pouces, la dalle pOLED au format si particulier 22:9 est certifiée HDR10+ et peut atteindre un pic de luminosité de 3 000 nits. C’est encore mieux que le Z Flip 6 de Samsung. La fréquence de rafraîchissement atteint aussi les 165 Hz. Rien de nouveau par rapport au Razr40 Ultra en dehors de la luminosité de la dalle. Doit-on s’en plaindre ? Absolument pas, la qualité d’affichage étant excellente.

Cerise sur la LED, la pliure au milieu de l’écran est maintenant quasiment invisible. Elle ne se ressent pas beaucoup non plus sous le doigt. Motorola fait-il mieux que Samsung ? Difficile à dire tant les ingénieurs des deux marques ont réussi à nous faire oublier cet élément autrefois disgracieux.
Esthétiquement, le Razr50 Ultra ressemble donc davantage à une mise à jour discrète de la génération précédente. Un peu chiche pour bousculer le leader Samsung qui, en plus, a particulièrement travaillé le design de son dernier Z Flip6.
Oui, pour ses bonnes performances

Motorola a choisi d’intégrer le SoC Snapdragon 8 s Gen3 de Qualcomm avec 12 Go de RAM et 512 Go de stockage UFS 4.0. Pour ceux qui ne le connaîtraient pas, le 8 s Gen 3 est une version allégée du 8 Gen 3, processeur Qualcomm le plus avancé du moment. Nous l’avons déjà croisé dans le Honor 200 Pro, le smartphone roi des portraits.
En optant pour cette puce, Motorola se montre astucieux. Ce processeur est en mesure de fournir suffisamment de performances pour répondre à tous les besoins. Ses scores sur les benchmarks correspondent peu ou prou à ceux de la puce 8 Gen 2 qui équipait la majorité des smartphones premium l’année dernière.
En même temps, ce processeur ne monte pas trop en température et le throttling (mécanisme consistant à réduire les performances pour éviter la surchauffe) ne dépasse pas les 20/25%. À titre de comparaison, la puce 8 Gen 3 du Galaxy Z Flip6 atteint souvent des températures extrêmes ce qui l’oblige à réduire ses performances de 40%.
Concrètement, on peut donc tout faire avec le Razr50 Ultra, des usages basiques aux plus exigeants. Seule la puce graphique est légèrement en retrait, ce qui se traduit par des baisses de framerate sur les jeux 3D les plus gourmands comme Call of Duty Warzone ou Genshin Impact, pour ne citer qu’eux. Rien de dramatique, les gamers n’étant pas la cible prioritaire de ce type d’appareil.
Oui, pour son autonomie et (surtout) sa recharge

La puce Snapdragon 8 s Gen3 est associée à une batterie de 4 000 mAh, soit la même capacité que celle du Galaxy Z Flip6. La logique voudrait que le modèle de Samsung soit plus endurant. Il n’en est rien. Le Razr50 Ultra tient en moyenne une journée et demie quand le Z Flip6 plafonne à une journée. On peut même espérer pousser à deux jours en se restreignant un peu sur les usages gourmands (jeu, photo, vidéo).

Une très belle performance qui s’accompagne d’un système de recharge très rapide. Compatible avec la technologie TurboPower Charging 45 Watts, le Razr50 Ultra passe de 0 à 50% en une vingtaine de minutes seulement et retrouve tout son énergie en un peu plus de 45 minutes.
En plus, Motorola fournit le chargeur compatible dans la boîte, lui. Ajoutons à cela la charge à induction 15 W et la charge inversée. Un sans faute.
Oui, pour son interface Hello UX (avec un peu d’IA)
Le Razr50 Ultra embarque Android 14 avec Hello UX. Très légère, cette surcouche a pour vocation de combler les petits manques d’Android Stock sans transformer complètement l’interface. Motorola propose donc une dizaines de petites applications maison permettant de renforcer la sécurité (Moto Secure), de vous détacher de votre téléphone (Moto Unplugged) ou encore d’accéder à une interface PC en connectant simplement le téléphone à un écran (Smart Connect).
Hello UX intègre aussi quelques optimisations spécialement développées pour le format pliant. Le mode « tente » par exemple permet d’afficher un carrousel d’image ou une horloge. L’interface photo change quand le téléphone est partiellement plié et quelques applis tierces, très rares, s’adaptent aussi à ce format.
Surtout, Motorola inaugure de nouvelles fonctionnalités alimentées par IA. La plupart sont invisibles pour l’utilisateur ou sont héritées de Google. On pense par exemple aux fonctions de retouche photo ou à l’intégration de Gemini, le ChatGPT de Google.
Fidèle à ses habitudes, Motorola ne joue donc pas la surenchère et mise plutôt sur une interface légère, optimisée par petites touches avec une légère dose d’IA. On aurait aimé tout de même quelques fonctionnalités pratiques pour rivaliser avec Galaxy AI. Motorola assure que d’autres nouveautés seront déployées au fil du temps. Bonne nouvelle.
En revanche, le constructeur ne promet que 3 ans de suivi des mises à jour majeures et quatre ans de mises à jour de sécurité. C’est peu comparé aux 7 ans de Samsung ou Google.
Bof, pour la photo

Vivement critiqué pour la médiocrité de son Razr40 Ultra en matière de photographie, Motorola a décidé de tout changer. Le Razr50 Ultra se distingue par une configuration photo dépourvue d’ultra grand-angle. À la place, le constructeur a choisi d’accompagner son grand-angle d’un téléobjectif avec zoom optique 2x. En prime, les deux modules intègrent des capteurs bien plus avancés puisqu’ils atteignent tous deux 50 MP contre respectivement 12 MP et 13 MP sur le Razr40 Ultra.
Cet arsenal photographique permet-il de corriger le principal défaut de la génération précédente ? Oui, même si tout n’est pas parfait. Par exemple, l’absence d’ultra grand-angle reste un gros handicap pour séduire le grand public.
Motorola préfère miser sur un téléobjectif avec zoom optique 2x, qu’il juge plus utile au quotidien. Heureusement, il se révèle très bon dans de bonnes conditions de lumière jusqu’à un facteur de grossissement de 4x. À partir de 6x, la perte de détails est plus visible, notamment sur un écran d’ordinateur. Les clichés restent corrects pour les partager sur les réseaux sociaux. Au-delà, les photos ressemblent davantage à une bouillie de pixels qu’à une véritable photographie. Nos conclusions sont les mêmes en basse lumière mais à partir du zoom 4x.
Le capteur principal, lui, se révèle bien plus convaincant que la génération précédente sans pour autant atteindre le niveau du Z Flip6. Il répond toutefois aux besoins de la plupart des utilisateurs avec un bon piqué dans de bonnes conditions de lumière ainsi qu’une bonne conservation des détails en basse lumière.
Le mode portrait est tout bonnement excellent. En dehors de quelques erreurs de détourage dans les environnements complexes, les résultats n’ont rien à envier à ce que propose Samsung.
Enfin, le Razr50 Ultra peut filmer jusqu’en 4K à 60 im/s. Il dispose surtout d’un mode « caméscope » qui se déclenche automatiquement lorsque l’on replie le téléphone à 90° à la manière d’un… caméscope.
Cette fonctionnalité fait partie de tout l’attirail classique de gadgets accompagnant les smartphones pliants. Dans la même veine, le Razr50 Ultra peut se poser sur n’importe quelle surface pour tourner des vidéos verticales ou se photographier en groupe. L’écran externe fait alors office d’écran retour. Rien de révolutionnaire mais toujours aussi intéressant.
Non, pour son prix

À l’instar du Galaxy Z Flip6, le Razr50 Ultra est proposé au tarif de 1 200 euros. Un prix que nous estimons trop élevé en 2024, pour les mêmes raisons que celles avancées dans notre test du Galayx Z Flip6.
En 2024, les technologies utilisées pour concevoir des smartphones pliants coûtent moins cher, ce qui devrait se ressentir dans le prix final. Ensuite, les volumes de vente étant plus importants qu’à la naissance des premiers pliants, le prix devrait mécaniquement baisser. Ce n’est pas le cas. Les économies d’échelle ne sont pas impactées sur le consommateur, à notre grand regret.
Cette politique tarifaire est d’autant plus regrettable dans le cas de Motorola, qui occupe une position de challenger. À proposition équivalente, le sino-américain ne dispose pas de la puissance marketing de son concurrent. Il y a donc peu d’espoir pour qu’il vienne l’inquiéter, notamment dans les boutiques physiques où Samsung met le paquet en opérations commerciales.

Heureusement, Motorola propose un Razr50 « tout court », un peu moins avancé techniquement (il reprend l’essentiel du Razr40 Ultra de l’année dernière) mais aussi bien moins cher. Proposé à 899 euros, il promet de rendre le smartphone pliant à clapet premium plus accessible. Motorola a plus de chances de se faire une place sur le marché avec cette proposition qu’avec un modèle comme le Razr50 Ultra, entrant en concurrence frontale avec le Z Flip6.
Notre avis sur le Motorola Razr50 Ultra
Seul véritable concurrent du Galaxy Z Flip6 de Samsung, le Razr50 Ultra se révèle convaincant à bien des égards. Si son design aurait mérité quelques touches de modernité, il n’en demeure pas moins séduisant.
De la qualité de ses écrans en passant par son bon niveau de performances et son excellente autonomie (pour un pliant), le Razr50 Ultra s’impose techniquement comme une alternative crédible au Galaxy Z Flip6 de Samsung. Il est en plus livré avec un chargeur rapide et se montre plutôt convaincant en matière de photographie, même s’il n’atteint pas le niveau de son rival. Son logiciel, minimaliste mais efficace, saura séduire les amateurs d’Android dans sa version la plus pure. Les fonctionnalités IA, qui vont s’étoffer au fil du temps, promettent aussi une expérience agréable.
Seul point noir, son prix. À 1 200 euros, le Razr50 Ultra est selon nous trop cher au regard des évolutions apportées par rapport à son prédécesseur. Ce dernier avait vu son prix dégringoler au bout de quelques mois. On vous conseille donc d’attendre un peu avant de vous laisser tenter. Ou de vous tourner vers le Razr50 qui reprend l’essentiel du Razr40 Ultra, pour un prix nettement plus abordable.
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