On peine à le croire, mais un 30 février a bien existé dans l’histoire mondiale, et c’est en Suède que cela s’est produit. L’occasion pour nous de revenir sur ce cas unique dans l’histoire intervenu au XVIIIe siècle.
C’est donc le 30 février 1712 que la Suède a décidé de frapper un grand coup et d’arbitrer une bonne fois pour toutes la compétition entre les calendriers julien et grégorien. Pour mieux comprendre, nous devons remonter à l’année 1582 où le pape Grégoire III a décidé de réformer le calendrier julien, vieux de seize siècles.
L’idée était de corriger le décalage de plus en plus important avec l’année solaire. Ce nouveau système supprime donc dix jours et fait évoluer les règles lors des années bissextiles. Les pays catholiques jouent le jeu du Saint-Père, mais ce n’est pas le cas des pays de tradition protestante.
Un long ajustement calendaire
La Suède en fait partie et n’entend pas faire bouger les choses jusqu’en 1700. Cette même année, elle choisit d’éliminer progressivement les années bissextiles sur quarante ans. Le plan ne se passe pas vraiment comme prévu.
En guerre contre la Russie, le pays nordique entend revenir vers le calendrier julien pour des raisons pratiques. Problème : celui qu’elle utilise se retrouve désormais à cheval entre les deux. Afin de résorber cet écart, la Suède prend une décision radicale : deux journées bissextiles sont ajoutées en février 1712 : les 29 et 30.
Finalement, le pays mettra encore de nombreuses années à se rallier au calendrier grégorien. Il faudra attendre 1753 pour que la décision soit prise définitivement. Elle est depuis restée gravée dans le marbre.
Cette anomalie calendaire suédoise reste unique dans l’histoire. Aucune autre nation n’a reproduit l’expérience d’un 30 février, même lors de transitions calendaires complexes.
Il est intéressant de noter que la Suède a mis du temps à adopter pleinement le calendrier grégorien, notamment pour le calcul de la date de Pâques. En effet, bien que le pays ait officiellement adopté le nouveau calendrier en 1753, ce n’est qu’en 1844 que les règles grégoriennes pour déterminer la date de Pâques ont été acceptées, comme le précise le site Technoscience.net.
Au delà de cette anecdote amusante, cette histoire illustre la complexité des transitions calendaires et les enjeux politiques et religieux qui y étaient liés à cette époque. Elle montre également comment un simple ajustement temporel peut créer une curiosité historique qui continue d’aiguiser notre curiosité trois siècles plus tard.
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