acer1 Cette machine vaut 100.000 euros. Ou plus.

Less is more, small is beautiful, tout ça…

Franchement, quand vous avez commencé à tâter de l’informatique, à transpirer sur des macros Excel, à faire des mises en page d’un autre monde avec Powerpoint pour épater votre boss (ou votre assistante), voire à bidouiller du HTML et à boulotter de la CSS à tous les repas, et des pizzas entre les repas, est-ce que vous imaginiez qu’un jour tout cela allait vous mener aussi loin et transformer votre vie ?

Pas moi.

Je veux dire, quand on n’est pas né dans l’informatique, mais qu’on a vécu la révolution numérique au plus près, puis sauté dans le train de l’internet il y a une douzaine d’années comme un passager clandestin sans trop savoir où celui-ci allait nous conduire, comment imaginer que ce qui n’était qu’un outil un peu abscons révolutionnerait les usages et la société à tel point que n’importe-qui aujourd’hui pourrait envisager de gagner correctement sa vie avec pour seul outil de production une machine à 299 euros TTC posée sur ses genoux ?

C’est pourtant ce qui arrive chaque jour à des millions de personnes, graphistes, développeurs, designers, blogueurs, écrivains, journalistes, podcasteurs, e-commerçants, référenceurs, bref tous les métiers du web, qui vivent de leur art avec un simple PC, souvent portable, parfois netbook, et qui détiennent chacune une petite parcelle de la longue traîne. L’intelligence et la mémoire collective sont à la fois réparties et concentrées dans des machines qui pèsent quelques centaines de grammes et coûtent quelques centaines d’euros, et qui, espérons-le, deviendront de plus en plus accessibles au plus grand nombre.

Je ne sais pas si nous réalisons à quel point cela est absolument génial : tu as une idée, un peu de talent pour la mettre en Å“uvre, une plume intéressante, un sens inné du scoop ou encore des doigts de fée pour dompter Illustrator et envie d’entreprendre ? 500 euros pour un portable correct et quelques logiciels, et le monde est à toi. Il est tellement à toi que tu peux poser ton tapis volant où tu veux, et que tu pourrais même presque imaginer prendre le pari un peu tordu de bosser et monter ta boîte sans rien. A poil, sans PC, sans local, en bossant juste à partir de cybercafés par exemple. Bon l’exemple est bien sûr un peu extrême mais c’est pour dire, quoi.

A part le reporter qui se contente depuis la nuit des temps de son calepin, d’un stylo et d’une flasque de bourbon (le bourbon c’est pour la légende, j’aime bien les légendes), je ne sais pas s’il existe dans l’histoire de nombreux métiers ou épisodes où l’on ait eu la possibilité d’atteindre gloire et fortune avec un outil qui coûte l’équivalent de 3 paires de pompes de gamme moyenne. Tueur à gages peut-être ?

Bien sûr, si l’on chipote un peu, on pourra m’objecter que ce propos vient un peu en contradiction de celui-ci, mais non en fait : la multiplication des appareils est un luxe de technophile qui en veut toujours plus, mais pour exercer mon activité aujourd’hui, je pourrais parfaitement me contenter de mon netbook et d’un bon smartphone, et cela ne changerait rien à ma façon de travailler ni à la nature du travail produit.

Voilà toute la magie du web et de l’entreprise individuelle, qui a trouvé dans internet et les moyens légers d’y accéder une composante supplémentaire mais essentielle de son ADN : quasiment pas d’investissement, zéro stock, et un potentiel sans limites. Si vous n’êtes pas convaincus, relisez un peu l’aventure de La Fraise première version (avant le rachat), ou, plus près de nous, celle d’Arnaud.

Je me demande parfois pourquoi certains se prennent la tête à lever des fonds et à faire entrer le loup dans la bergerie. Putain la vie (du micro-entrepreneur) est belle, non ?

[1]tiens ça serait un concept rigolo à inventer, ça, une sorte de Koh-Lanta des startups : montez une boîte sans rien et rendez-là viable dans la jungle des startups.