Vous attendiez l’iPhone Fold pour découvrir le smartphone pliable qui saura démocratiser cette technologie ? C’était sans compter sur Samsung qui, comme souvent, a coupé l’herbe sous le pied de son rival américain.
Le 22 juillet, le leader du marché lançait sa nouvelle gamme de smartphones pliables. Alors qu’il maintenait un rythme de deux modèles par an depuis le premier Z Flip (à l’exception de l’année dernière avec le Z Flip7 FE), Samsung en a inauguré un troisième cette année. Le Galaxy Z Fold8 (qui n’est pas le successeur du Z Fold7) est le premier smartphone commercialisé en Europe avec un format passeport, celui que devrait adopter le premier iPhone pliable. Le Z Fold8 Ultra (qui lui est bien le successeur du Z Fold7) et le Z Flip8 sont de légères mises à jour de la génération précédente.
Forcément, en attendant leur sortie le 7 août, tous les regards sont tournés vers le Z Fold8. J’ai d’ailleurs ramené un modèle de la conférence Samsung afin de le tester pendant une semaine. Voici mon avis.
Pourquoi Galaxy Z Fold8 ?

Avant d’entrer dans le vif du sujet, éclaircissons la nouvelle nomenclature des smartphones pliables coréens. Le Z Fold8 n’est pas le successeur du Z Fold7, ce rôle étant confié au Z Fold8 Ultra. Pourquoi ? Parce que Samsung explique avoir repris l’essentiel des technologies du Galaxy S26 Ultra afin que le modèle le plus cher soit aussi le plus musclé. Le constructeur ajoute que, de cette façon, la gamme de modèles pliants est aussi homogène que celle des Galaxy S. C’est loin d’être évident, mais admettons.
Ainsi, la gamme Galaxy Z Fold 8 se décompose de la manière suivante :
- le Z Flip8, au format clapet, est le modèle le plus abordable mais aussi le plus orienté grand public. Il adresse les consommateurs amateurs de réseaux sociaux et de création de contenus.
- le Z Fold8 Ultra est le modèle au format livret le plus musclé de la gamme. Il reprend le format du Z Fold7, avec une fiche technique remise au goût du jour, notamment en matière de photographie.
- le Galaxy Z Fold8, lui, se positionne entre les deux. Fermé, il prend la forme d’un petit smartphone au format passeport, parfait pour les petites tâches du quotidien. Ouvert, il devient, comme l’Ultra, un outil de divertissement et de productivité. Il existe toutefois deux différences notables : il est plus petit et plus léger et son appareil photo est moins complet (j’y reviendrai).
Voilà pour les présentations.
Ce que j’ai aimé du Galaxy Z Fold8
Son format passeport
Le Galaxy Z Fold8 réunit le meilleur des deux mondes. Du Z Flip, il hérite d’un format compact permettant d’exécuter les tâches du quotidien les plus rapides. Réseaux sociaux, messageries, emails : le Z Fold8 permet d’en faire plus qu’avec un Z Flip écran fermé tout en affichant des dimensions compactes (123,9 x 81,9 x 9,7 mm) et un poids plume (201 g).
Cette conception m’a séduit. Par exemple, j’ai beaucoup aimé taper mes messages depuis cet écran. Je recommande toutefois d’opter pour le clavier Gboard plutôt que celui de Samsung (installé par défaut), ce dernier couvrant la moitié de la surface d’affichage. Passer un appel est aussi plus agréable, tout comme naviguer sur un service de streaming audio (dont l’interface s’adapte parfaitement au format 4:3).
Du Z Fold, il reprend la polyvalence. Une fois ouvert, le Z Fold8 affiche un écran de 7,6’’ au format 16:10, taillé pour le divertissement. Il est au passage toujours aussi efficace en multitâche. Orienté en paysage, on peut donc profiter d’une zone d’affichage plus étendue pour regarder films et séries ou jouer à ses jeux préférés. Certains, comme Call of Duty Mobile, s’étirent même sur toute la surface d’écran. Un vrai bonheur !
Tourné en portrait, le Z Fold8 devient une liseuse ou une petite tablette permettant de naviguer sur le web ou les réseaux sociaux avec bien plus de confort. Sur Instagram ou TikTok, des petites bandes noires sont visibles de chaque côté. Les développeurs n’ont pas encore travaillé sur l’optimisation de leurs plateformes pour qu’elles s’adaptent à ce format si particulier. Mais il ne fait nulle doute que l’arrivée d’Apple les convaincra de fournir un petit effort supplémentaire pour gommer ce léger défaut. En attendant, j’ai pris beaucoup de plaisir à consulter les Reels, TikTok ou encore vidéos Youtube sur ce téléphone décidément très surprenant.
Lire ses livres sur cet écran est un plaisir de chaque instant. Encore plus si vous êtes amateurs de mangas ou BD, contenus parfaitement adaptés à ce format d’écran.
Enfin, même s’il est un peu plus petit que celui du Z Fold8 Ultra, l’écran interne du Z Fold8 est suffisamment étendu pour en faire une machine de productivité d’une efficacité redoutable. Bien que je regrette l’absence de compatibilité avec un stylet (il aurait été un formidable outil de prise de notes), le Z Fold8 dispose de fonctionnalités permettant de jouir d’une expérience multitâche aux petits oignons. Je peux par exemple afficher jusqu’à trois applications sur un même écran (et même y ajouter une fenêtre flottante). Je peux aussi retoucher mes photos ou monter mes vidéos courtes sans m’arracher les cheveux. Un régal.

Accomplir toutes ces tâches nécessite un matériel de pointe. Les performances sont aussi au rendez-vous grâce à l’intégration d’une puce Snapdragon 8 Gen 5, dernier trésor de Qualcomm. Bien que le throttling soit parfois agressif (les baisses de performances peuvent atteindre 60%), le Z Fold8 a toujours sû répondre à mes exigences. Certaines tâches comme le montage vidéo le font toutefois monter un peu en température, mais rien de perturbant outre mesure.
Vous l’aurez compris, je ne boude pas mon plaisir à utiliser ce petit téléphone pliable qui se glisse facilement dans une poche. À côté, mon iPhone 17 Pro Max et mon OPPO Find X9 Pro sont presque massifs alors que l’expérience de divertissement et de productivité y est bien moins agréable.
Ses écrans qui ne font pas un pli
S’il y a bien un domaine où Samsung ne pouvait pas se permettre de décevoir, c’est celui de l’écran. Après plusieurs générations de pliables, le coréen semble enfin avoir trouvé la formule. Le Z Fold8 inaugure une nouvelle génération de dalle Flex Titanium ainsi qu’une toute nouvelle charnière. Ces deux optimisations rendent la pliure quasiment invisible, aussi bien au toucher qu’à l’œil. Il faut désormais y regarder à deux fois, sous un angle très précis, pour deviner sa présence. N’ayant testé le produit qu’une semaine, je ne me prononcerai pas sur l’évolution de cette pliure pour le moment. J’y reviendrai dans mon test sur plusieurs mois.
La dalle interne, de technologie AMOLED, affiche une diagonale de 7,6” (avec taux de rafraîchissement de 120 Hz) tandis que l’écran externe (120 Hz lui aussi) s’étire sur une diagonale de 5,5”. Les deux dalles grimpent jusqu’à 2600 nits en luminosité standard (3000 nits en pic), de quoi lire confortablement en plein soleil. Si cela peut sembler normal pour un smartphone classique, la surface des écrans pliables est habituellement un nid à reflets. Ici, Samsung fait un travail exemplaire grâce à un traitement anti-reflets appliqué sur l’écran interne. Un an après le Z Fold7, la marge de progression semblait mince. Pourtant, Samsung a trouvé le moyen de faire mieux.
Vous ne serez donc pas étonnés de lire que je me suis régalé en visionnant films, séries ou vidéos Youtube sur cette généreuse dalle d’une qualité exceptionnelle. D’ailleurs, si l’on en croit les rumeurs, le futur iPhone Fold devrait lui aussi hériter de ces dalles made by Samsung Display.
Son logiciel maîtrisé

L’expérience de Samsung dans les smartphones pliables se ressent également au niveau logiciel. OneUI 9 a encore muri et gère la continuité entre les écrans externe et interne avec une fluidité déconcertante.
Les fonctionnalités Galaxy AI, elles, sont disponibles sur les deux écrans : traduction en direct pendant un appel, résumé de notes ou encore retouche générative des photos. Rien de franchement nouveau par rapport au reste de la gamme Galaxy S26, mais leur intégration au format pliable, notamment via le multi-fenêtrage, est excellente.
Cerise sur le gâteau, Samsung DeX est disponible. Ce mode permet de transformer le téléphone en mini-ordinateur en le connectant (en USB-C, HDMI ou sans fil) à n’importe quel moniteur. Une fois branché, une interface PC apparaît à l’écran : en associant un clavier et une souris en bluetooth au smartphone, on dispose d’un PC bien assez complet pour la plupart des besoins en productivité. J’ai pu par exemple faire de la retouche photo, écrire une partie de ce test ou encore monter des vidéos grâce à DeX.
Les années d’expérience de Samsung l’ont mené à proposer le logiciel le plus complet à l’heure actuelle sur un smartphone pliant. OneUI 9 sur Galaxy Z Fold8 permet de profiter à la fois d’un smartphone, d’une tablette, d’une liseuse, d’une console et d’un PC. J’ai hâte de voir comment Apple répliquera avec son iPhone pliant.
Ce que j’ai moins aimé du Galaxy Z Fold8
L’autonomie médiocre

Ceux qui suivent l’actualité tech le savent, les smartphone pliables présentent des défis d’ingénierie dans la gestion de l’espace, notamment sur l’intégration des batteries. Malheureusement, le Galaxy Z Fold8 ne fait pas de miracles. Pourtant, Samsung a enfin choisi de se tourner vers la technologie silicium-carbone pour intégrer une batterie de 4800 mAh dans ce châssis riquiqui. Par prudence, le coréen n’est toutefois pas allé aussi loin que ses concurrents chinois en utilisant le silicium-carbone dans une moindre proportion.
Concrètement, sur une journée classique mêlant réseaux sociaux, quelques épisodes de série, de la navigation web, une peu de retouche photo, du montage et une session de jeu de 30 minutes, j’ai dû recharger le téléphone en début de soirée. Rien d’alarmant pour un usage modéré, mais dès que l’écran interne de 7,6” tourne à 120 Hz avec une luminosité élevée, l’autonomie fond nettement plus vite que sur un smartphone classique. L’autonomie est donc assez décevante.
On aurait pu se consoler avec une charge convaincante. Ce n’est pas vraiment le cas malgré une puissance de 45W en filaire (contre 25 W l’année dernière). Dans un souci de durabilité, Samsung a modifié le processus de charge pour que les deux batteries intégrées se remplissent simultanément. Cela a pour conséquence de ralentir la charge. J’ai en moyenne attendu 1h30 pour que le Z Fold8 retrouve toute son énergie. Dommage.
L’appareil photo très frustrant

Côté photo, les craintes dont je vous avais fait part dans ma première prise en main se confirment après une semaine de test. Le Z Fold8 se contente de deux capteurs de 50 mégapixels associés à un grand-angle et un ultra grand-angle. Samsung n’intègre donc pas de téléobjectif sur un smartphone vendu 2000 euros. Samsung explique manquer de place pour le téléobjectif. J’aurais pu lui pardonner (quoi que) s’il avait opté pour un capteur principal de 200 mégapixels pour compenser, comme c’est le cas sur la version Ultra. J’y vois plutôt une stratégie de montée en gamme. Car le choix d’un capteur de 50 mégapixels ne peut s’expliquer autrement que par le désir de conserver ses marges.
Résultat : impossible de zoomer sans perte de qualité dès qu’on dépasse le zoom numérique x2, ce qui devient vite handicapant en photo de rue ou en voyage (un comble pour un téléphone passeport). En basse lumière, le moteur de traitement ProVisual Engine fait le maximum pour limiter le bruit numérique, mais les résultats restent loin des standards d’un smartphone à ce prix (même pliable).

Le Galaxy Z Fold8 n’est en réalité à la hauteur de son positionnement que lorsque les conditions lumineuses sont optimales : la journée en extérieur. Rien de très impressionnant dans la mesure où des smartphones vendus cinq fois moins cher en sont aussi capables.
Samsung sauve les meubles grâce à quelques fonctionnalités qui font mouche mais surtout grâce à son savoir-faire en vidéo. Une nouvelle fonction de recadrage dynamique permet de transformer un plan large filmé à l’horizontale en contenu vertical pour les réseaux sociaux avec un suivi du sujet sélectionné. Très simple à prendre en main, cette fonction se révèle intéressante même si la qualité d’image se dégrade en basse lumière.
J’aurais donc espéré que Samsung se montre plus généreux sur le terrain de la photo. Ce n’est pas le cas, aussi je me suis senti très frustré par l’expérience. Si, comme moi, vous aimez la photo, tournez-vous plutôt vers le Galaxy Z Fold8 Ultra, bien plus complet. Si vous vous contentez de photos et vidéos du quotidien, le Z Fold8 fera très bien l’affaire.
Son prix stratosphérique

Le Galaxy Z Fold8 est proposé à 1999 euros pour la version 256 Go, 2199 euros en 512 Go et 2399 euros pour la version 1 To. Il coûte donc 700 euros de plus que le Z Flip8 (dès 1299 euros) et seulement 200 euros de moins que le Z Fold8 Ultra, mieux équipé en photo et en batterie.
Ce positionnement tarifaire est sans aucun doute possible le plus gros défaut du Galaxy Z Fold8. Pire, Samsung manque l’occasion de vraiment déranger Apple, dont le premier smartphone pliable devrait être vendu autour des 2 500 euros.
Samsung justifie en partie ce tarif par la flambée du prix des composants mémoire ces derniers mois. Soit. Reste qu’à ce prix, le Z Fold8 n’est pas assez intéressant pour enfin démocratiser un marché qu’il a déjà investi il y a sept ans (sans jamais décoller).
Bonne nouvelle, il est possible de trouver le Z Fold8 à un prix très attractif dès le lancement. Avec les offres de reprise et bonus de précommande, certains distributeurs l’affichent autour des 1 300 euros. À ce tarif, si vous en avez les moyens, je vous le recommande chaudement.
Galaxy Z Fold8 Ultra : le vrai successeur du Fold7
Le Z Fold8 Ultra est le véritable successeur du Z Fold7. Il vise un tout autre public, davantage tourné vers la productivité, quitte à sacrifier un peu de compacité.
Ainsi, son écran est plus grand (8 pouces), il dispose d’un triple capteur photo hérité en partie du S26 Ultra (dont un module 200 mégapixels), ainsi que d’une batterie plus généreuse (5000 mAh). En contrepartie, il est un peu plus lourd (215 g) mais surtout plus encombrant et 200 euros plus cher.
Si votre usage est tourné vers le travail, le multitâche ou la photo, l’Ultra reste le choix le plus rationnel de la gamme. À condition d’en avoir les moyens.
Pour qui est fait le Galaxy Z Fold8 ?

Cette semaine de test m’a permis de mieux dessiner le portrait-robot de l’utilisateur du Galaxy Z Fold8. D’abord, il est le compagnon rêvé de ceux qui consomment beaucoup de contenus au quotidien : réseaux sociaux, séries, jeux vidéo, lecture de mangas ou de BD. Pour tous ces usages, l’écran 16:10 est sans nul doute son plus bel atout.
C’est surtout un bon choix pour qui recherche un smartphone compact au quotidien (messages, appels, navigation rapide) capable de se transformer en machine de productivité et de divertissement. Le format passeport est incontestablement celui que je préfère parmi tous les modèles pliants disponibles à ce jour.
En revanche, mieux vaut passer votre chemin si la photographie occupe une place importante dans votre usage, ou si votre budget se situe sous la barre des 1500 euros (ce qui est déjà très confortable). Attention également si l’autonomie fait partie de vos critères d’achat puisque le Z Fold8 se révèle très moyen (et la charge reste lente).
Mon avis sur le Galaxy Z Fold8 : un bon début

Le format passeport a-t-il de l’avenir ? Après une semaine passée avec le Galaxy Z Fold8, je suis convaincu qu’il a tout pour enfin démocratiser le format pliable. Samsung a trouvé le bon équilibre entre compacité et confort d’usage. Avec l’iPhone Fold qui s’apprête à adopter les mêmes proportions, ce format pourrait bien devenir le nouveau standard du smartphone pliable dans les prochaines années.
Toutefois, Samsung aurait pu faire encore mieux. Le module photo, en retrait, mérite une deuxième génération plus ambitieuse. L’autonomie, elle, doit suivre le rythme d’un usage pensé pour le divertissement. Enfin, le coréen se plante complètement sur le prix, plus gros obstacle à l’adoption massive de ce format pliable.
Le Z Fold8 n’est donc pas (encore) le smartphone pliable parfait. Mais il dessine les contours de ce vers quoi devrait se tourner le marché dans les mois et années à venir. Reste à voir maintenant si Apple parviendra à faire aussi bien, voire mieux, avec son iPhone Fold attendu d’ici la fin de l’année ou début d’année prochaine.
Pourquoi nous ne notons pas le Galaxy Z Fold8 ?
Face à l’engouement autour du Galaxy Z Fold8, Samsung n’a pas été en mesure de nous le prêter plus d’une semaine. Contraints de le renvoyer à la marque pour le partager avec nos confrères (ce qui est tout naturel), nous n’avons pas pu pousser nos tests en laboratoire, ni utiliser le téléphone assez longtemps pour en sortir une note définitive. Nous intègrerons cette note lorsque nous aurons l’occasion de tester le téléphone pendant au moins un mois, un peu plus tard dans l’année.
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