[détox] Nowave : cinéma d’auteur, productions indépendantes et vidéo à la demande

Nouvel épisode de [détox] aujourd’hui et nous allons parler d’un média encore inexploré dans cette rubrique : le cinéma.

nowave

La startup toulousaine Nowave va à l’encontre des contenus personnalisés et souhaite proposer via sa plateforme de vidéos à la demande une sélection de films d’auteurs peu connus du grand public.

De l’autre côté des recommandations

Le numérique a profondément chamboulé l’industrie du cinéma. D’abord par le téléchargement illégal. Puis par les nouvelles plateformes de vidéo à la demande, l’émergence de nouvelles chaînes et l’utilisation massive de l’ordinateur, du smartphone et de la tablette, souvent en lieu et place de la télévision classique.

Lorsque l’on parle de télévision, de films et de séries aujourd’hui, on pense inévitablement à Netflix. Le géant américain a su bouleverser le marché avec une offre accessible, simple et fournie. Mais, à l’image d’autres services proposant des contenus personnalisés via des algorithmes, Netflix se révèle parfois un peu chiche en nouveautés en matières de films et, à force de ne proposer que du contenu censé nous plaire, finit à la longue par proposer toujours le même type de contenu personnalisé.

Pour bien cerner l’offre de Nowave, je me suis donc entretenu avec Bérengère Dastarac-Waked, fondatrice de la startup, productrice de films et passionnée de cinéma.

nowave_site

De la SVOD à la MOVD

Lorsque j’ai commencé à m’intéresser à Nowave, j’ai de prime abord pensé qu’il s’agissait d’une sorte de Netflix du cinéma indépendant. Mais force est de constater que le service proposé par Nowave va bien plus loin que la mise en ligne de vidéos. À mi-chemin entre le magazine de cinéma, la SVOD et le partage de vidéos de producteurs, Nowave se révèle être une véritable plateforme culturelle.

« Aujourd’hui, certains films sont vraiment très difficiles à trouver » explique Bérengère. « Les contenus proposés à la télévision ou sur les plateformes de SVOD sont souvent des films et séries populaires. Le cinéma rencontre le même problème que d’autres secteurs artistiques : il y a un lissage de la culture et une uniformisation des contenus. Il faut donc imaginer d’autres modèles pour faire vivre et connaître les productions indépendantes, plus confidentielles ».

Un problème que l’on retrouve aujourd’hui dans la musique (à ce propos, je vous invite à lire l’obsession de Les Jours : la fête du stream qui explique bien comment fonctionne le système de recommandation des plateformes de streaming musical).

« On a voulu proposer un service novateur qui, un peu à l’instar de THEMA, la grande soirée documentaire d’ARTE, propose un thème mensuel et des contenus qui y font référence. C’est ce que nous appelons les Visions. Nous choisissons un sujet, ce mois-ci le thème est Liquide, puis rédigeons une chronique dessus afin d’expliquer le contexte, d’étayer notre point de vue et de proposer des vidéos – films, courts métrages ou films d’animations – qui sont en accord avec le thème. » Nowave, en plus de mettre à disposition des films, est une réponse aux recommandations automatiques générées par les algorithmes. Un retour aux échanges, au partage, lorsque les films nous étaient recommandés par des proches, par des amis… par le bouche-à-oreilles.

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Le thème du mois est « Révolution ».

La plateforme propose donc non seulement des films mais aussi des vidéos plus courtes. « Avec le numérique et l’évolution du cinéma, les frontières qui séparaient les métiers commencent à disparaître. Il y a donc une certaine logique à proposer différents types de production audiovisuelle pour, pourquoi pas, présenter le travail global d’un artiste si, bien entendu, on arrive à avoir les droits de diffusion. Par exemple, un artiste comme Steve McQueen (Shame, Twelve Years a Slave) était vidéaste avant d’être un réalisateur reconnu. L’idéal serait de pouvoir présenter l’ensemble de son travail. L’avantage de Nowave, c’est qu’on est un mélange d’édition numérique et de plateforme de vidéo. Donc, si nous n’avons pas certains droits de diffusion, nous pouvons malgré tout parler des œuvres des artistes et renvoyer, via des liens externes, vers d’autres sites présentant leur travail ».

La peur de l’échec en salles

Nowave, c’est donc non seulement un moyen de découvrir des films difficiles à trouver sur le marché (lors de l’entretien téléphonique, nous avons par exemple évoqué des films comme Vincent n’a pas d’écailles de et avec Thomas Salvador ou encore Le Challat de Tunis de Kaouther Ben Hania) mais aussi un nouveau média qui veut démontrer qu’un film ne doit pas être jugé en fonction de l’argent récolté lors de sa sortie en salles.

« J’ai toujours été un peu frustrée par cette idée de Graal des salles de cinéma. Aujourd’hui, on pense avant tout les films pour le cinéma, qui est LE média qui va permettre de juger de la qualité d’un film. Autrement dit, on a encore du mal à penser le film pour d’autres supports. Pourtant, quand on voit la qualité des web-séries d’ARTE, on se rend bien compte qu’on peut faire des productions de grande qualité sans passer par la sortie en salles » explique la fondatrice de la startup. Ces séries utilisent par exemple tous les outils du web pour proposer un contenu riche (des boutons interactifs pour obtenir des informations complémentaires pendant la visualisation ou des liens externes renvoyant vers une interview, une playlist SoundCloud ou une page web).

Mais le spectre de l’échec en salles plane malgré tout au-dessus des réalisateurs et des producteurs !

« Le vrai problème aujourd’hui, c’est qu’un échec au cinéma signifie véritablement la mort du film. Les droits de diffusion ne seront pas achetés par les grandes chaînes ou les plateformes de SVOD, du coup personne ne donne une seconde chance au film. C’est aussi ce qu’on souhaite faire avec Nowave, donner leur chance à des films qui sont parfois passés inaperçus ». Et aussi s’éloigner de ce contenu « bankable » pour faire découvrir des films qu’on ne trouve pas ailleurs. [tweet_box] »Pour l’anecdote, c’est parfois tellement compliqué de trouver des films indépendants sur les solutions de SVOD que j’ai une amie qui est retournée louer des DVD chez un des derniers Vidéo Club de la capitale ». [/tweet_box]

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Une sélection de films correspondant au thème du mois sur Nowave.

Quel modèle économique ?

À l’heure où vous lisez ces lignes, la plateforme Nowave est en cours de lancement et six personnes travaillent dessus à plein temps. La première version de la plateforme sortira à la rentrée de septembre et sera accompagnée d’une clé HDMI à brancher sur sa télévision pour streamer les films.

« On a souhaité proposer une offre avec un tarif proche du magazine de cinéma, étant donné qu’on a aussi un contenu éditorial important et qu’au niveau du catalogue il est difficile de rivaliser, en termes de quantité, avec des acteurs comme Netflix ou Canal Play ». Le prix de l’abonnement est de 7,99€/mois, clé HDMI comprise, et la plateforme disponible dans un premier temps en France et au Royaume-Uni.

Au niveau du contenu, l’équipe de Nowave a fait le tour des festivals depuis le mois de mars afin de décrocher des accords avec des maisons de production. Nul doute que la qualité sera au rendez-vous.

On attend désormais de pouvoir essayer la plateforme et de s’éloigner un peu de tout ce contenu mainstream pour se rendre compte par nous-mêmes que succès ne rime pas toujours avec qualité… ou est-ce l’inverse? Allez, à dans 15 jours !

Source images : captures du site de Nowave et Visual Hunt.


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