Passer au contenu

Test Milton ANC : Marshall redonne du sens au casque supra-auriculaire

Contrairement aux modèles circum-auriculaires qui englobent les oreilles, le casque supra-auriculaire repose directement dessus. Plus compact, plus léger et plus ouvert sur l’extérieur, il a pourtant quasiment disparu des radars à cause d’une réputation peu flatteuse en matière de confort, de qualité sonore et d’isolation. Avec son nouveau Milton A.N.C., Marshall veut prouver que le supra n’a pas encore dit son dernier mot.

Dans l’univers du casque audio, le casque supra-auriculaire pourrait presque être considéré comme une relique. Et pourtant, au tournant des années 2010, c’était lui la star. Et ce grâce au premier Beats Solo (2009), un casque devenu presque un artefact culturel tant il a eu d’impact à son époque. Surtout, cette famille de casques, jusqu’au récent Solo 4, s’est écoulée à près de 40 millions d’exemplaires dans le monde.

Entre-temps, le marché a radicalement changé. Les écouteurs sans fil ont explosé tandis que les imposants casques circum-auriculaires à réduction de bruit active ont progressivement envahi le segment premium. Résultat, le supra-auriculaire est devenu un marché presque famélique, où seuls quelques rares acteurs continuent encore d’y croire. C’est notamment le cas de Marshall avec sa famille Major, mais aussi JBL avec plusieurs modèles des gammes Live et Tune, dont le récent Live 670NC.

Avec le Milton A.N.C., Marshall tente de redonner un nouveau souffle à cette catégorie. En effet, derrière ce nouveau modèle, la marque britannique cherche à réunir le meilleur de ses deux mondes. D’un côté, le format supra-auriculaire compact, pliable et très nomade du Major. De l’autre, plusieurs fonctionnalités héritées du Monitor, son modèle circum-auriculaire plus premium. On pense ici à la réduction de bruit adaptative, au LDAC ou encore à la spatialisation audio.

L’idée est en tout cas plutôt séduisante et surtout elle a le mérite de s’adresser à un public un peu oublié par le marché actuel. Reste maintenant à voir si cette formule fonctionne réellement une fois sur les oreilles. Après trois semaines de test, voici notre verdict.

Design : un Major V qui a mûri

Contrairement au récent Sony 1000X “The Collection”, qui verse dans un luxe presque ostentatoire, Marshall a toujours privilégié une esthétique beaucoup plus intemporelle. Un héritage rock immédiatement reconnaissable et qui reste clairement l’une des armes de séduction massive de la marque.

Le Milton A.N.C. reprend ainsi instantanément les grands codes esthétiques de ses aînés. Du Major V, il conserve notamment les célèbres coques carrées à surface texturée façon cuir, les touches imitation laiton du logo Marshall et des boutons, ainsi que l’arceau nervuré. Même constat du côté de la structure métallique apparente et du câble torsadé reliant les oreillettes à l’arceau, d’autres éléments immédiatement identifiables de l’ADN visuel de la marque britannique.

Test Marshall Milton A.N.C
Fouad Bencheman © Presse-citron

Attention toutefois, préférer l’intemporalité au luxe ne veut pas dire que la qualité de construction est au rabais. Bien au contraire, le Milton A.N.C. donne immédiatement une impression de produit plus sérieux que le Major V. Le casque paraît plus dense, notamment grâce à l’utilisation de plastiques plus qualitatifs.

Test Marshall Milton A.N.C
Fouad Bencheman © Presse-citron

De plus, les jonctions métalliques entre l’arceau et les oreillettes inspirent confiance, tandis que les coussinets plus généreux renforcent encore cette sensation de maturité. Seul le mécanisme coulissant situé derrière l’arceau dénote légèrement dans cet ensemble. La pièce paraît un peu plus fragile et moins valorisante que le reste.

Test Marshall Milton A.N.C
Fouad Bencheman © Presse-citron

Enfin, histoire de conserver une certaine hiérarchie dans sa gamme, le Milton A.N.C. ne bénéficie pas non plus du bel étui rigide avec intérieur velours livré avec le Monitor. Marshall se contente ici d’une simple housse de transport souple.

Confort : le Milton ANC réhabilite le format supra

Qui a dit qu’un casque supra-auriculaire ne pouvait pas être confortable ? Historiquement, ce format a souvent été considéré comme moins agréable à porter que les modèles circum-auriculaires qui englobent entièrement les oreilles. Et pourtant, le Milton A.N.C. réussit presque à faire mentir cette réputation.

D’abord grâce à son poids plume de seulement 200 grammes. Une fois sur la tête, le Marshall sait rapidement se faire oublier tout en conservant l’un des grands avantages historiques du supra. À savoir, laisser davantage respirer les oreilles et permettre de garder une meilleure perception de ce qui nous entoure.

Test Marshall Milton A.N.C
Fouad Bencheman © Presse-citron

Surtout, Marshall ne s’est pas contenté de nous servir une simple copie du Major V. Les coussinets, plus épais et généreux, épousent mieux les oreilles tandis que l’arceau répartit efficacement la pression sur le haut du crâne. Résultat, le casque évite en grande partie cet effet pince souvent reproché aux supra-auriculaires. Et en plus de cela, il offre un maintien suffisamment ferme pour ne jamais donner l’impression de vouloir filer à l’anglaise au moindre mouvement de tête.

Test Marshall Milton A.N.C
Fouad Bencheman © Presse-citron

Tout n’est évidemment pas parfait. Lors des très longues sessions, une légère sensation d’écrasement finit malgré tout par apparaître, notamment sur les petites oreilles. Les plus sensibles devront donc s’imposer quelques pauses.

Test Marshall Milton A.N.C
Fouad Bencheman © Presse-citron

Autre énorme qualité du Milton A.N.C, sa portabilité. Ultra pliable, le casque peut presque se tordre dans tous les sens sans jamais donner l’impression de souffrir. Il est ainsi possible de le glisser dans un sac, même sans sa housse, sans craindre de le retrouver en morceaux. Un vrai petit cascadeur.

Ergonomie : le tactile, ce n’est pas rock’n’roll

Le tactile ? C’est loin d’être une ergonomie rock’n’roll pour Marshall. Comme à son habitude pour échanger avec le casque, la firme mise sur son célèbre joystick. Et honnêtement, difficile de lui reprocher de nous resservir la même soupe, tant cette dernière est bonne.

Test Marshall Milton A.N.C
Si le tactile rime pour vous avec erreurs de manipulation, ce petit bouton multifonction sera pour vous un vrai bonheur à utiliser. Fouad Bencheman © Presse-citron

Positionné à l’arrière de l’oreillette droite, ce bouton multifonction permet quasiment de tout contrôler. Pour cela, il suffit simplement de l’incliner à l’horizontale ou à la verticale, ou encore d’effectuer des appuis longs et courts. Volume, changement de piste, lecture, mise en pause, prise d’appel, allumage du casque ou encore appairage Bluetooth… Même si c’est votre grande première avec un casque Marshall, une simple demi-journée suffit largement à l’apprivoiser.

Le Milton A.N.C. intègre également un second bouton personnalisable. Ce dernier permet, au choix, de basculer rapidement entre différents modes d’écoute, d’activer la spatialisation audio Soundstage, de lancer l’assistant vocal du smartphone ou encore de naviguer entre trois profils sonores prédéfinis.

Test Marshall Milton A.N.C
Fouad Bencheman © Presse-citron

Dommage toutefois qu’un bouton entièrement dédié aux scénarios d’écoute (ANC, Transparence ou passif) ne soit pas de la partie comme sur le Monitor III.

Connectivité : le plus moderne des casques supra ?

Pour se différencier du Major V, le Milton A.N.C. fait ici le plein de nouveautés. À commencer par une puce Bluetooth 6.0 compatible LE Audio et Auracast ainsi qu’avec le codec LDAC. Venant épauler les codecs SBC, AAC et LC3, ce format audio haute résolution constitue une grande première sur un casque supra-auriculaire Marshall. Le casque embarque également une connexion multipoint, une coquetterie désormais indispensable sur un casque milieu de gamme.

Test Marshall Milton A.N.C
Fouad Bencheman © Presse-citron

Autre changement notable face au Major V, la disparition de la prise jack 3,5 mm directement intégrée au casque. Un choix qui pourra frustrer certains puristes, mais Marshall se fait en partie pardonner en ajoutant la possibilité d’écoute audio USB-C et en fournissant toujours son iconique câble torsadé, désormais en USB-C vers jack 3,5 mm.

Dommage que Marshall trébuche en n’intégrant pas de capteur de port. Le Milton A.N.C. se contente d’un simple réglage de mise en veille automatique avec un minimum fixé à cinq minutes.

Application : que vaut la fonctionnalité « Soundstage » ?

L’application Marshall Bluetooth nous a toujours plu, car elle préfère clairement l’efficacité et l’ergonomie à la surenchère de fonctionnalités. On y trouve l’essentiel comme la gestion des modes d’écoute, la personnalisation du bouton M, plusieurs profils sonores prédéfinis ou encore un menu dédié à Auracast. En revanche, dommage que l’égaliseur se contente toujours de seulement cinq bandes.

Comme sur le Monitor III, Marshall intègre également son mode maison « Soundstage ». Cette fonctionnalité cherche moins à reproduire une fausse spatialisation 3D qu’à simuler une écoute plus ouverte. Un peu comme si la musique provenait d’un véritable système hi-fi placé dans une pièce.

Test Marshall Milton A.N.C
Fouad Bencheman © Presse-citron

Concrètement, chaque niveau ajoute davantage de réverbération et éloigne progressivement la scène sonore. Un effet qui fonctionne plutôt bien sur certains concerts captés en live ou sur des bandes originales. À l’inverse, sur des morceaux plus classiques, le rendu peut rapidement devenir un peu trop artificiel et pas toujours très agréable. Toutefois, Marshall a au moins le mérite de proposer une approche différente et plutôt cohérente avec son ADN.

Audio : Marshall contourne intelligemment les limites du supra

Faute d’espace acoustique suffisant, les casques supra-auriculaires proposent mécaniquement une scène sonore plus étroite. Pour résoudre ce problème, la plupart des modèles tentent justement de compenser en suraccentuant artificiellement les basses. Une approche souvent efficace durant les premières minutes d’écoute, mais qui finit rapidement par rendre l’écoute fatigante.

Conscient de cette limite inhérente au format supra, Marshall semble justement avoir cherché un meilleur équilibre. Et cela se ressent dès la conception même du casque. Contrairement au Major V, et à ses transducteurs de 40 mm, le Milton A.N.C. embarque ici de nouveaux haut-parleurs de 32 mm.

Test Marshall Milton A.N.C
Fouad Bencheman © Presse-citron

Un choix payant, puisque malgré son format compact, le Milton A.N.C. parvient à proposer une assise convaincante. En surjouant les fréquences les plus basses, le casque parvient à retranscrire cette rondeur et ce rendu presque “live” typiques des produits Marshall. Pour autant, et contrairement au Major V parfois bien plus boursouflé, cette montée dans le grave ne vient pas étouffer le départ des instruments. Marshall creuse justement légèrement son bas médium afin de laisser davantage respirer l’ensemble.

Autre particularité très marshallienne, la mise en avant des hauts médiums. Une approche qui permet justement d’éviter que cette signature très chaleureuse ne devienne trop étouffée. Résultat, les éléments sonores principaux comme les guitares et les percussions ressortent avec beaucoup de relief et de lisibilité.

Img20260525202556

Plus surprenant encore, Marshall innove avec une certaine brillance dans les aigus. Une excellente idée qui apporte un supplément d’éclat et d’intelligibilité. Une vraie progression par rapport au Major V, qui avec sa fin de spectre accidentée, générait des scintillances artificielles peu agréables à volume élevé.

Réduction de bruit : une demi-bulle de silence

Le format supra-auriculaire n’est pas un terrain de jeu idéal pour la réduction de bruit active. D’ailleurs, le Major V faisait totalement fi de cette coquetterie. Pour autant, avec ses trois microphones par oreillette, le Milton A.N.C. a le mérite de proposer une copie correcte. Évidemment, il ne faut pas s’attendre à être plongé dans une bulle de silence comme avec un Sony WH-1000XM6 ou un Bose QuietComfort Ultra (2e génération). Toutefois, Marshall parvient à atténuer assez efficacement les nuisances les plus sourdes du quotidien. C’est le cas des moteurs ronronnants au feu rouge ou encore du souffle régulier d’un ventilateur.

Le casque montre davantage ses limites sur les voix et les bruits soudains qui restent relativement présents. Malgré tout, cette réduction de bruit reste largement suffisante pour mieux apprécier sa musique dans les transports ou se concentrer un minimum au bureau sans avoir besoin de pousser les décibels jusqu’à s’assourdir.

Test Marshall Milton A.N.C
Fouad Bencheman © Presse-citron

En ce qui concerne le mode Transparence, notre avis est plus mitigé. Le rendu manque clairement de naturel avec des voix voilées, notamment en début et fin de phrases. En outre, certains sons soudains et plus aigus deviennent rapidement trop incisifs et artificiels. Un mode que nous conseillons surtout en intérieur et dans un environnement relativement calme.

Même son de cloche au niveau des appels. Les microphones peinent à correctement isoler la voix dès que le brouhaha extérieur devient trop important. Rien de catastrophique pour des appels ponctuels en intérieur, mais ce n’est clairement pas le casque idéal pour passer sa journée au téléphone.

Autonomie : Marshall reste le roi du marathon

Sur ce domaine, peu de constructeurs peuvent réellement regarder Marshall droit dans les yeux. Éventuellement Nothing avec son récent Headphone (a). Quoi qu’il en soit, ce Milton A.N.C. ne fait clairement pas déshonneur à cette réputation. La marque britannique annonce jusqu’à 80 heures d’écoute sans réduction de bruit active et un peu plus de 50 heures avec l’ANC activé. Des chiffres impressionnants pour un casque supra-auriculaire aussi léger, compact et surtout aussi moderne en connectivité.

Test Marshall Milton A.N.C
Fouad Bencheman © Presse-citron

Et dans les faits, Marshall est loin de survendre son produit. Durant notre test, après environ une trentaine d’heures d’écoute avec réduction de bruit active, le casque affichait encore près de 35 % de batterie. Soit une autonomie réelle tournant autour des 46 à 49 heures avec un usage mixte. Autrement dit, il est possible d’utiliser le Milton A.N.C. sereinement pendant une à deux semaines sans se soucier de le recharger.

Test Marshall Milton A.N.C
Fouad Bencheman © Presse-citron

Et cerise sur l’endurance, la batterie peut être remplacée relativement facilement à l’aide de simples vis, tout comme les coussinets qui se déclipsent avec une facilité presque enfantine. Un détail encore beaucoup trop rare sur le marché audio nomade et qui pourrait clairement prolonger la durée de vie du produit. À notre connaissance, seul le casque Fairbuds XL fait mieux en réparabilité pour un casque audio Bluetooth.

Prix et disponibilité

Le Marshall Milton A.N.C. est disponible depuis le 19 mai 2026 au prix de 199 euros. Un positionnement tarifaire qui l’intercale entre le casque supra Major V (2024) vendu autour de 149 euros et le casque circum Monitor III ANC (2024) affiché à 349 euros.

Notre avis sur le casque Marshall Milton A.N.C.

Rendre le format supra-auriculaire à nouveau séduisant n’était pas une mince affaire. Et pourtant, Marshall réussit à nous redonner envie de croire en cette catégorie de produits trop injustement délaissée. Et pour y parvenir, le constructeur anglais ne s’est pas contenté de recycler la formule du Major V en y ajoutant un peu de réduction de bruit active en supplément.

Au contraire, le Milton A.N.C. est probablement le casque supra-auriculaire le plus mature et le plus cohérent du marché actuel. En plus d’être confortable et ultra portable, il parvient à proposer une restitution sonore certes colorée, mais avec suffisamment de détail et de chaleur pour s’adapter à une large variété de styles musicaux. Surtout, Marshall ne tombe jamais dans une caricature de casque étouffant ou boursouflé.

Tout n’est évidemment pas parfait. Si la réduction de bruit est loin d’être inutile, les voix manquent parfois légèrement de naturel. Et ce, aussi bien à l’écoute que dans le mode Transparence ou durant les appels. Fort heureusement, le Milton A.N.C. compense intelligemment ces quelques limites avec une excellente autonomie, un vrai plaisir d’utilisation au quotidien et une connectivité moderne. En somme, si vous êtes adepte du format supra-auriculaire ou simplement curieux de (re)découvrir ce format, le Milton A.N.C. s’impose comme une évidence.

📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.

Marshall Milton A.N.C.

199 euros
8.4

Design et confort

8.0/10

Ergonomie et connectique

9.0/10

Qualité audio

8.0/10

Mode RBA/ Transparent / Kit mains-libres

7.5/10

Autonomie

9.5/10

On aime

  • Léger, nomade et confortable
  • Signature sonore chaleureuse et vivante
  • Excellente autonomie
  • Ergonomie du joystick pratique et connectivité moderne
  • Batterie et coussinets remplaçables

On aime moins

  • ANC logiquement limitée face aux meilleurs circum-auriculaires
  • Mode Transparence qui manque naturel
  • Manque d'équilibre dans les médiums
  • Pas de capteur de port et égaliseur à seulement 5 bandes