Plus les annĂ©es passent et plus l’Ă©tonnement se mue en affliction Ă  la vue de ces monceaux de bottins distribuĂ©s apparemment sans aucun discernement par les Pages Jaunes dans tous les halls d’immeubles.

Des dizaines, centaines, milliers d’annuaires qui ne trouveront jamais propriĂ©taire et qui finiront leur courte carrière comme ils l’ont commencĂ©e, sans gloire, Ă  moisir dans une allĂ©e d’immeuble, ou, dans le meilleur des cas, au fond d’une poubelle (verte de prĂ©fĂ©rence).

Si je me fie seulement Ă  ce que vois autour de moi depuis quelques semaines au fil de trajets dans mon quartier - soit depuis la distribution massive de l’Annuaire 2009, qui arrive sur nos villes tel un tapis de bombes programmĂ© pour ne laisser aucun pĂ©rimètre indemne - je pourrais dĂ©jĂ  recenser plusieurs centaines d’exemplaires qui ne serviront certainement Ă  rien ni Ă  personne (Ă  part Ă  caler quelques armoires normandes très bancales).

Du coup ceci amène Ă  s’interroger sur la pertinence du modèle Pages Jaunes, et surtout sur son incapacitĂ© Ă  cibler la population en fonction de ses rĂ©els besoins. A commencer par les entreprises : je serais curieux de connaĂ®tre le pourcentage d’utilisateurs de l’Annuaire Pages Jaunes version papier dans les entreprises en 2008. Il est fort Ă  parier qu’il est marginal, voire infinitĂ©simal.

Idem pour les moins de, disons, 35 ans : depuis combien de temps n’avez-vous pas ouvert ce type de pavĂ© ? Personnellement, depuis bien 20 ans, soit depuis le proverbial Minitel et son très pratique 3611, puis l’apparition du site Pagesjaunes, avec ensuite sa version WAP, et enfin l’excellente adaptation pour iPhone.

Les Pages Jaunes disposent probablement de moyens importants de ciblage, sinon comportemental, du moins par catĂ©gorie d’âge : Ă  l’heure du tout-en-ligne, oĂą mĂŞme les ImpĂ´ts montrent la voie avec des services web d’une facilitĂ© d’utilisation remarquable, il ne me paraĂ®trait pas absurde que les fichiers soient utilisĂ©s Ă  des fins de distribution plus pertinente de leur annuaire, ce qui aurait probablement pour effet direct une Ă©conomie de papier sĂ»rement très consĂ©quente, et donc un impact positif sur l’environnement.

Maintenant, reste à savoir à qui profite le crime (de cette distribution massive) il est vrai relayée par une très ambitieuse campagne de marketing.

Tout ça pour ça, alors que nous sommes certainement très nombreux Ă  n’avoir jamais su nous servir de leur foutu annuaire… Du papier, pouah !