Presse-citron (dans sa version actuelle) va bientôt souffler sa troisième bougie – le 5 juillet prochain exactement – et je comptais profiter de l’occasion pour annoncer officiellement un changement, ou plutôt une évolution importante dans la vie du blog, et conséquemment, dans la mienne. Puis, les évènements se précipitant quelque peu ces derniers temps, et

Presse-citron (dans sa version actuelle) va bientôt souffler sa troisième bougie – le 5 juillet prochain exactement – et je comptais profiter de l’occasion pour annoncer officiellement un changement, ou plutôt une évolution importante dans la vie du blog, et conséquemment, dans la mienne.

Puis, les évènements se précipitant quelque peu ces derniers temps, et la question revenant de plus en plus fréquemment, je prends un peu d’avance sur le calendrier pour dévoiler l’information : je deviens blogueur à plein temps. Ou blogueur professionnel si vous préférez, même si je ne suis pas fan de cette qualification.

lesprofessionnels Révélation de la semaine : jai trouvé un travail

En fait, cette décision n’est pas tout à fait récente puisque j’ai commencé à y songer sérieusement dès l’automne 2007, quand j’ai constaté que le temps que je consacrais à Presse-citron, Fuzz et mes autres petites activités en ligne était devenu plus important que celui consacré à mon agence web et à ses clients.

L’idée a fait son chemin et s’est affirmée au fil des semaines suivantes, à la faveur d’éléments qui résonnaient dans mon esprit comme autant de signes encourageants : les premiers pics de trafic du blog aux alentours de 10000 visiteurs par jour (je pense que c’est un seuil symbolique et économique qui permet de commencer à envisager de vivre d’un site web, à pondérer selon la thématique bien sûr), même si c’est encore irrégulier, les premiers « gros » chiffres d’affaires réalisés avec la vente d’espace publicitaires (même si celui réalisé avec Adsense continue de se casser la gueule tranquillement), et plusieurs articles de presse et interviews radio (notamment celle de Cathy sur Europe1 qui a eu un très bon impact pour du hors web) ayant contribué à renforcer la crédibilité et la notoriété de Presse-citron.

Ajoutez à cela de nombreuses discussions avec quelques camarades ayant un avis plutôt éclairé sur la question, comme notamment Otto ou Ouriel, et ma décision, mûrement réfléchie mais pas trop (si tu réfléchis trop, tu te noies dans la réflexion et tu n’agis plus, toute décision induit une part de risque) était prise : 2008 serait l’année du basculement de ma vie professionnelle vers autre chose : essayer de vivre de mes propre sites, et donc bien sûr et avant tout, de mon blog.

Pourquoi vouloir absolument vivre de son blog ? se demandera l’internaute pour qui un blog est un avant tout un carnet de bord, un moyen d’expression libre et personnel…

Pour plusieurs raisons, assez simples :
- je travaille dans le web depuis bientôt 10 ans, et jusqu’à aujourd’hui j’ai surtout travaillé pour les autres. Même si le développement web et la gestion d’une (petite) web-agency sont des activités passionnantes, je crois que j’ai un peu fait le tour de la question, et coder du HTML ne m’amuse plus tant que cela. Il est d’ailleurs intéressant de constater que depuis que je ne mets pratiquement plus jamais les mains dans le code, soit maintenant un bon trimestre, cela redevient un moment de détente et de plaisir particulièrement reposant par rapport au blog. D’ailleurs je serai toujours amené à coder pour optimiser mes propres sites.

- gérer des projets web c’est également gérer des clients. J’aime mes clients, beaucoup sont devenus des amis (c’est le luxe de ce métier plutôt cool et des petites structures) même si je sais ne pas pratiquer le mélanges des genres, mais j’avoue avoir de plus en plus de mal à me plier à certaines contraintes que tous les webmasters et webdesigners connaissent. Le webdesign est un métier complexe que les gens croient simple. L’équation est parfois pénible à résoudre.

Voilà pour les points qui me font abandonner progressivement mon activité initiale. Mais comme on ne bâtit pas un projet sur des renoncements, ce sont surtout des éléments positifs qui m’ont aidé à prendre ma décision :

- aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé écrire. Quand j’étais ado et que le web n’existait pas, il m’arrivait fréquemment de rédiger des petites chroniques ou articles, dont je recouvrais littéralement mes cahiers de collégien, ou que je me payais le luxe d’envoyer à différents journaux dans le secret espoir que mes papiers soient publiés. Ce qui n’arrivait jamais bien sûr.

- j’ai une passion de longue date pour les média, et notamment la presse écrite, que je dévore – même si un peu moins maintenant – depuis longtemps avec le même appétit. De l’Echo des Savannes à Actuel, de Rolling Stone à Courrier International, de Première à Studio, de Métal Hurlant à Charlie Hebdo, je ne compte plus les feuilles de choux auxquelles j’ai été plus ou moins abonné à une époque de ma vie. Vous n’aurez pas de mal à imaginer alors le bonheur qui fut le mien quand le web, puis les blogs sont arrivés : nous disposions enfin d’un média personnel qui nous permettrait de nous exprimer à notre tour, sans contraintes.
Le pied. Le super big panard.

- je pense que l’on peut vivre décemment de son blog en France, ou plutôt, vivre décemment d’un blog francophone, même si nous ne serons probablement pas beaucoup à y parvenir. De nombreux éléments plaident pour cette hypothèse : marché publicitaire en forte croissance (les experts prévoient son doublement d’ici 2011 sur internet) et inventaire insuffisant, croissance naturelle du trafic sur internet et intérêt grandissant du grand public pour les média alternatifs (dont les blogs), frontières de plus en plus floues entre média traditionnels et web, etc…

- tout simplement parce-que c’est un peu le rêve de tout être humain d’arriver à vivre de sa passion, non ?

Voilà, si je compte bien, cela doit faire déjà six bonnes raisons : largement suffisant pour tenter le coup, prendre une grande respiration et se jeter à l’eau.
Bien sûr, je sais que ça ne sera pas facile, et si la perspective de vivre de mon blog est terriblement excitante, je ne vous cache pas qu’elle me file aussi quelques sueurs froides, car :

- gérer un blog c’est beaucoup de temps, de stress, d’énervement, de déceptions parfois, d’énergie, bref, beaucoup de… tout.
- faire son « métier » à plein temps d’une activité qui dépend en partie de Google et en partie des recettes publicitaires, et donc d’éventuels retournements de marché, n’est certainement pas le truc le plus reposant qui existe
- enfin, gérer une activité qui ne dépend que de vous et qui repose entièrement sur vos épaules (je suis rédacteur unique sur Presse-citron) peut procurer de très grandes satisfactions, mais c’est également très fragile. J’écris pas, le blog est mort, et moi avec. Faudra être prudent au foot, fracture du poignet interdite icon wink Révélation de la semaine : jai trouvé un travail

Bref, pour bloguer à plein temps, il faut certainement être à la fois légèrement masochiste et un peu inconscient. J’assume.
Ce passage à plein temps pose également la question de l’évolution de Presse-citron et de mes autres sites.
Tout d’abord, je crois qu’il est important de préciser que « bloguer à plein temps » ne consiste pas seulement à écrire ou produire du contenu. Ma nouvelle activité me permettra d’accomplir les tâches que je n’avais jamais le temps de mener correctement à bien, et qui sont le lot quotidien de tous ceux qui vivent de leurs sites. En voici quelques-unes en vrac :

- maintenance technique, diverses optimisations (code, design…)
- SEO : travailler à l’amélioration du référencement
- installation de nouveaux modules et fonctions (développement maison ou sous forme de plugins)
- gestion de la publicité : relations avec les annonceurs (régies et annonceurs directs), facturation, gestion des espaces, tarification, etc
- déplacements plus fréquents (salons, conférences, soirées, voyages de presse…)

Voir à ce sujet Comment un blog consomme votre temps.

Je compte donc dans les mois à venir faire encore évoluer Presse-citron vers d’autres univers, et notamment la vidéo, avec d’avantage d’interviews et de rencontres avec différents acteurs du web. Il y aura aussi davantage de rubriques « magazine » comme celles que vous connaissez déjà le week-end, mais le fil conducteur restera le même : Presse-citron reste un blog personnel ayant pour thématique principale les tendances du web, le web mobile et les nouvelles technologies.

Concernant les autres sites, j’espère que le temps dégagé me permettra aussi de les faire vivre ou revivre tel que je l’envisageais au départ : Sitebuzz voit son trafic monter lentement mais sûrement et c’est plutôt une bonne surprise car je ne m’en occupe absolument pas (sauf pour virer quelques très rares posts hors-sujet), je vais relancer Fuzz (j’avais dit courant Mai, mais… j’ai manqué de temps) et je pense que mon nouvel emploi du temps me permettra enfin de poster sur Sportscafé à un rythme acceptable.
Au-delà de ces sites, j’ai d’autres projets dans mes cartons, disparates, certains très futiles, d’autres plus sérieux, pas forcément des blogs, mais rien de très défini pour le moment.
Enfin je ne serai pas original en vous disant que j’aimerais assez monter un blog sur la musique, mais on verra plus tard…

Pour être également en contact avec d’autres interlocuteurs, même si Presse-citron reste le socle principal, je pense que mon activité peut aussi évoluer vers d’autres directions, mais rien n’est fait pour le moment.

Un petit mot au sujet de mes camarades déjà « blogueurs pros » ou tirant leur revenu unique de leur site :
- Pierre, de Blogeee.net a franchi le pas début mai dernier, à peine un an après la création de son blog, qui a connu une croissance météorique
- Arnaud exerce une autre forme de bloguing professionnel, qui consiste à écrire pour un tiers
- Anh Phan du Journal du Geek, vit de son site depuis déjà pas mal de temps, même si le format et la rédaction à plusieurs contributeurs l’éloigne un peu du blog perso au sens où nous l’entendons et le rapproche davantage du webzine
- Jérôme de Koreus, qui exerce également à plein temps, même si Koreus n’est pas réellement un blog

Pour terminer, un mot sur le devenir de l’activité actuelle de mon agence web : si j’en abandonne l’opérationnel, je ne lâche pas complètement l’affaire. Je crée avec un associé (un ami qui dirige une agence de communication) une nouvelle société dans laquelle je transfère l’intégralité de l’activité de Bloobox.net. Ainsi nous pérennisons et renforçons l’activité web-agency qui assurera un peu mes arrières en temps qu’associé « dormant » (sleeping partner en anglais). Cette activité ne me prendra quelques heures de temps en temps (prises de brief, gestion de projet…).
Ma société actuelle, Bloobox.net ne subira pas de grands changements, si ce n’est une adaptation éventuelle des statuts, puisque c’est déjà via cette structure qu’est géré le chiffre d’affaires généré par Presse-citron.

Du point de vue organisation personnelle, je vais probablement quitter les locaux que ma société occupe depuis 5 ans et m’installer en structure légère chez moi : je vais revendre mon matos informatique à la nouvelle société et je vais investir dans un bon laptop (je garde le magique EeePC pour les déplacements) pour travailler dans une pièce dédiée que je vais prochainement faire aménager à mon domicile.

Je terminerai en disant – même si la formule est un peu éculée et sent le cirage de pompes – que si je peux aujourd’hui franchir ce pas important, c’est d’abord grâce à vous chers Presse-citronnautes, et à votre fidélité. Mais aussi grâce aux autres blogueurs, qui – à quelques rares exceptions près – m’ont toujours témoigné sympathie et solidarité. Si Presse-citron ne fonctionne pas trop mal aujourd’hui, je n’oublie pas que c’est aussi parce-que ce blog bénéficie d’un nombre de backlinks importants.

Je ne vous remercierai jamais assez, mais déconnez pas : ce n’est pas le moment de me lâcher, j’ai une famille à nourrir moi !