En France, même si LinkedIn n’est pas le réseau ayant le plus de profils inscrits, les derniers chiffres de Médiamétrie indiquent que le nombre de visiteurs uniques est supérieur à celui de Viadeo. Une bonne raison de revenir sur les meilleures pratiques pour tirer parti de ce réseau social. Linkedin, mode d’emploi.

LinkedIn vient d’annoncer avoir passé le cap des 200 millions de profils. Au rythme de deux nouveaux inscrits par seconde, ce sont plus d’un million de nouveaux profils toutes les semaines.

En France, même si LinkedIn n’est pas le réseau ayant le plus de profils inscrits, les derniers chiffres de Médiamétrie indiquent que le nombre de visiteurs uniques est supérieur à celui de Viadeo. Épiphénomène sur un mois, ou nouvelle tendance de fond ? Il est encore trop tôt pour le dire. Toujours est-il qu’aujourd’hui jeunes diplômés, cadres, dirigeants peuvent difficilement se passer d’y être présent. J’interviens régulièrement en entreprises, associations d’anciens ou cabinets d’outplacement et je constate que LinkedIn et son fonctionnement sont encore souvent mal compris.

linkedin3 Visibilité sur les réseaux sociaux : noubliez pas LinkedIn !

Quelques clés pour se rendre plus visible sur Linkedin :

A priori, quand un professionnel crée son profil sur LinkedIn c’est pour se rendre plus visible (notamment de ceux qui ne le connaissent pas) et pour développer son réseau. Sinon, autant rester sur sa boîte mail, connecté à son carnet d’adresses. Ce que beaucoup ignorent, c’est qu’il n’y a aucun hasard. Un profil n’est pas un CV et sa visibilité ne dépend que de la manière dont il est créé. Quand quelqu’un fait une recherche, LinkedIn propose une liste de résultats. En mode gratuit, 100 profils sont proposés. Cette liste de profils est spécifique à chacun. Pour une même recherche, le nombre de résultats est identique mais l’ordre de présentation est personnalisé en fonction du réseau et des connexions de celui qui effectue une recherche. Pour se rendre visible de ceux dont on veut être vus, il est préférable d’être au minimum un contact de niveau 2. Au-delà, on risque de ne pas apparaître dans la liste des résultats proposés.

Le poids des mots

LinkedIn, comme Google pour l’indexation et le référencement d’une page, a besoin de contenu pour comprendre quelles sont les spécificités d’un profil et le positionner sur les bonnes requêtes. Le choix des mots utilisés pour créer son profil ne peut être fait au hasard. Il faut se demander: « Comment quelqu’un qui a besoin de mes compétences va les rechercher ? ». Ensuite, il faut positionner ces mots aux endroits clés du profil : headline (à coté de la photo), titres de poste, résumé… Un moyen simple de s’assurer que son profil est bien compris par LinkedIn est de regarder en page d’accueil la rubrique « Des offres d’emploi qui pourraient vous intéresser ». Si elles ne sont pas pertinentes, c’est que le profil n’est pas clair ou qu’il n’a pas assez de contenu. LinkedIn ne peut présenter un profil dans les résultats de recherche qu’à partir des mots qui y sont présents. Il faut donc être précis: un DAF n’est pas un CFO, un Directeur Marketing n’est pas un CMO… Cela signifie aussi que si une entreprise utilise une sémantique qui lui est propre pour des titres de poste, il faut les traduire en langage courant sur son profil.

Le choc des photos

Si sur un CV une photo n’est pas indispensable, ce n’est pas le cas sur LinkedIn où la photo est essentielle. C’était une condition nécessaire pour avoir un profil complet avant la nouvelle présentation de profils lancée fin 2012.

Sur les nouveaux profils, l’image prend de l’importance. La photo est plus grande. Les logos des entreprises sont plus visibles. Les recommandations sont davantage mises en avant. Il est également beaucoup plus facile d’ajouter des documents externes : documents, présentations, vidéos… En profiter pour mettre son CV ou sa plaquette si on est indépendant, marketer, communicant ou commercial.

Langue

Une des questions qui revient le plus souvent est de savoir dans quelle langue rédiger son profil. LinkedIn n’est plus un réseau majoritairement américain et avoir un profil uniquement en anglais est rarement une bonne solution. Un profil de français rédigé en anglais aura peu de chance d’être vu de quelqu’un faisant une recherche en français. Pour ceux qui ont une carrière en France, dans un environnement francophone avec une faible exposition internationale, une version française pourra suffire. En revanche, pour ceux qui ont une dimension internationale, je recommande une version dans chaque langue (grâce à l’option « créez votre profil dans une autre langue »). LinkedIn ira chercher les mots-clés dans les différentes versions et présentera au chercheur la version du profil qui correspond à sa langue d’usage de la plateforme.

Groupes

C’est dans les groupes que réside la valeur et le ROI de Linkedin. Les groupes sont aussi un des principaux défauts de LinkedIn puisqu’on ne peut rejoindre plus de 50 groupes. Entre groupes d’anciens d’écoles, de formations, d’entreprises, groupes sectoriels et groupes métiers, ce quota est trop vite atteint. Quand je rencontre un chasseur, il me parle des groupes dès les premières minutes. Quand je suis face à des candidats, ils me répondent qu’ils n’en voient pas l’intérêt. Les groupes de discussion sont pourtant un moyen de se rendre visible, d’interroger des experts, de discuter autour d’une thématique sectorielle avec des professionnels. Pour savoir dans quel groupe aller, il y a un annuaire. Attention, les groupes français sont à comprendre comme francophones. Les québécois sont nombreux et actifs. Un groupe est ouvert à tous ou fermé et accessible sur invitation ou sur demande. Ouvert ou fermé, les statistiques socio-démographiques sont consultables par tous. Autre moyen de choisir : aller sur des profils de référence dans son secteur / métier et rejoindre les groupes des leaders d’opinion. A titre personnel, les groupes sont un levier de visibilité, de business et de propositions de postes ou de partenariats. Il n’est pas impératif de lancer des discussions, ce sont surtout les contributions qui apportent de la valeur.

Développer son business

LinkedIn peut être un moyen pour développer son business, mais les profils inscrits n’y vont pas principalement pour chercher de nouveaux prestataires. Attention donc à ne pas être trop centré sur l’auto-promotion de ses produits ou services. Ce n’est pas parce que le lien est dématérialisé qu’on peut s’y comporter différemment que dans sa vie quotidienne. Les approches commerciales trop directes valent souvent à leurs auteurs de se faire exclure des groupes fermés dont ils sont membres.

Développer son réseau

LinkedIn est un outil de networking et on y est pour développer sa visibilité et son réseau. Cela demande une certaine ouverture, mais la simple collection de contacts a peu de sens. Cela suppose donc d’éviter toute demande de connexion non personnalisée à un inconnu. Il est préférable de prendre quelques secondes pour se présenter et expliquer pour quelle raison on souhaite entrer en contact. C’est tellement rare que celui qui la reçoit sera beaucoup plus enclin à y donner une suite favorable.