MOVA ne vous dit peut-être rien : la marque est récente en France. Elle fait partie de la galaxie Dreame, le géant chinois de l’aspirateur robot, et se présente déjà comme numéro 1 mondial des tondeuses à LiDAR en 2025. Le tout pour 999 euros, soit le prix d’une bonne tondeuse autotractée. Ce robot tient-il vraiment la route dans un jardin qui n’a rien d’un terrain de foot ? Verdict dans ce test !
Je découvre le MOVA LiDAX Ultra 1000
Déballage : du sérieux, pas un gadget
Le LiDAX Ultra 1000, c’est du lourd… dans tous les sens du terme. Son imposant carton referme un robot de 13,8 kg mesurant 44,4 cm de large, 27,3 cm de haut et 66,5 cm de longueur. Il est donc compact, sans toutefois ressembler à un gros jouet. Il est accompagné d’un kit de lames de rechange, d’une brosse de nettoyage, d’un chiffon non pelucheux et d’une clé hexagonale avec la visserie. Une station de charge et son nécessaire de fixation complètent le tout.

Esthétiquement, le MOVA LiDAX Ultra 1000 adopte des lignes modernes qui rappellent l’univers des drones ou des aspirateurs robots haut de gamme. Loin du look d’engin de chantier de certains concurrents , il se présente sous la forme d’un carénage profilé en plastique mat sombre, rehaussé de quelques touches de couleur vives. C’est plutôt réussi et il s’intègre discrètement dans un espace paysager.

À l’avant, la bête arbore son organe de pilotage composé d’un bloc optique et télémétrique. Le capteur LiDAR 3D, logé dans une petite tourelle centrale, effectue des rotations continues pour balayer l’espace. La caméra IA est positionnée sur le bouclier avant.
Une trappe logée sur le capot se soulève afin de donner accès à un écran LCD, un clavier numérique et quelques touches de commandes. L’ensemble est sécurisé par un code PIN à définir lors de la première utilisation. Rien d’autre à signaler, si ce n’est l’inratable gros bouton rouge réservé à l’arrêt d’urgence.

La station de charge brille par sa compacité et sa simplicité. Elle prend la forme d’une plaque de plastique sombre dotée d’un arceau de recharge discret. Contrairement aux stations massives de la concurrence qui nécessitent d’être cachées, celle-ci sait se faire oublier. Les connecteurs de charge sont protégés des intempéries par le nez du robot lorsqu’il est arrimé tandis qu’une brosse douce nettoie le module LiDAR lorsque le robot rentre dans la station.
Seul bémol, les plastiques latéraux du carénage se rayent assez facilement au contact des branches basses ou d’arbrisseaux. Après deux semaines d’utilisation, mon modèle de test arborait déjà ses premières rayures. Rien de dramatique pour un appareil d’extérieur. Mais à ce tarif, on aurait aimé un plastique teinté dans la masse un peu plus résistant aux abrasions ou des protections en silicone.
L’installation sans la corvée
Pendant des années, installer un robot tondeuse était lassant (pour rester poli). Il fallait enterrer un câble tout autour du terrain, contourner les éventuels massifs et longer les bordures. Dans le meilleur des cas, on y passait un après-midi entier, ou carrément un week-end si l’on devait gérer quelques imprévus et deux enfants en bas âge. Bref, il fallait avoir la foi du charbonnier pour préparer le terrain.
Les nouvelles technologies issues de l’industrie militaire (comme quoi) permettent de simplifier l’opération. MOVA a développé UltraView 2.0. Composé d’un LiDAR 3D à 360° et d’une caméra boostée à l’IA, il analyse l’environnement et dresse tout seul une carte du jardin. Le constructeur promet une cartographie en quelques minutes, avec une précision annoncée au centimètre.

Dans mon cas, il a fallu moins d’une heure pour cartographier les deux parties du jardin. Il est ensuite possible de désigner des zones interdites ou de modifier manuellement la carte.
Si la surface à tondre a une forme atypique, il est possible d’effectuer une cartographie semi-manuelle. L’app compagnon, installée sur un smartphone, fait office de télécommande et l’on doit alors piloter le robot tout autour du périmètre comme on le ferait avec une voiture radiocommandée. C’est plus long, mais parfois nécessaire.
Un tracé au cordeau, quelques ruses en prime
Une fois la cartographie achevée, le robot fait sien le principe du mulching : une tonte fréquente qui broie l’herbe en microparticules fertilisantes. Cela évite un pénible ratissage…
MOVA annonce une trajectoire structurée en U — donc, en théorie, fini le robot qui zigzague au hasard et « oublie » un coin sur deux. Le LiDAR et la caméra sont aussi censés repérer et éviter plus de 300 types d’obstacles, du mobilier de jardin au ballon oublié.
Côté agilité, la fiche technique est convaincante : le LiDAX Ultra 1000 se faufile dans les passages à partir de 60 cm et grimpe des pentes jusqu’à 45 %. Il gère par ailleurs deux cartes distinctes et jusqu’à 150 zones par carte : pratique pour un jardin coupé en deux par la maison, quitte à déplacer la base ou à investir dans une seconde station de charge. Autre possibilité, ruser, comme je l’ai fait pour le jardin très particulier où s’est déroulé ce test…
J’ai logé la base de la tondeuse sous le porche, près de la seule prise de courant extérieure plutôt qu’au bord du jardin. Cela évitait d’avoir un câble disgracieux (et potentiellement dangereux) courant sur la grande terrasse. De cet endroit, le robot peut accéder aux deux parties du jardin.
J’ai commencé par guider le robot jusqu’à l’entrée de la première zone. Vu sa forme, j’ai joué la prudence en lançant une cartographie semi-manuelle : j’ai donc guidé le robot sur tout le périmètre de la tonte. Durée de l’opération : 15 minutes et quelques tâtonnements (je n’ai jamais été doué avec les voitures radiocommandées).
Après quelques corrections sur la première zone (pas grand-chose, à vrai dire), j’ai activé l’outil « Créer un passage ». J’ai repris le contrôle manuel du robot pour qu’il passe sous une table de jardin avant d’emprunter une allée. Il doit ensuite tourner à gauche pour traverser la seconde terrasse et atteindre la seconde zone de tonte.

L’exercice s’avère assez simple mais nécessite un peu de précision. Je dois m’assurer que le chemin virtuel reste à bonne distance des obstacles physiques (murs, murets et pots de fleurs). Cela permet d’anticiper de légers écarts de trajectoire que le robot pourrait effectuer lors de ses futurs trajets autonomes. Je me débrouille donc pour que le chemin virtuel ainsi créé ait toujours au moins 90 cm de large.
Je lance alors la cartographie automatique, cette zone étant nettement moins tarabiscotée que la précédente. À la fin de l’opération, la tondeuse revient à son point de départ de la zone. J’utilise une seconde fois l’outil « Créer un passage » afin de la guider jusqu’à sa base, où elle se rechargera.
Silence, ça tond
Vient le moment de lancer la première tonte grâce au programme établi. Je dois avouer que je suis curieux de voir le résultat ! Le robot quitte bien la station de charge, se dirige comme un grand vers la première zone du jardin qu’il tond sans aucun problème. Je suis étonné par le silence de l’opération, moi qui suis habitué à une tondeuse électrique plutôt bruyante.
Ce silence est dû à l’utilisation d’un disque sur lequel sont montés trois petites lames rectangulaires ressemblant à celles que l’on utilise dans les antiques rasoirs à barbe mécaniques. On est loin de la faucheuse vrombissante traditionnelle… Au passage, cette agréable discrétion associée au LiDAR permet d’effectuer une tonte durant la nuit, l’appareil pouvant se diriger sans problème dans la pénombre.
À la fin de la première zone, le robot se déplace comme prévu vers la seconde zone et entame son labeur. Il détecte les quelques objets laissés sur la pelouse et les évite sans problème. Même chose avec la tortue qui règne sur cette partie du jardin. Plutôt intriguée par cet intrus, elle tente de s’en approcher à plusieurs reprises, ce qui le dévie temporairement de son chemin programmé. Bref, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu’à ce que la tondeuse doive rejoindre sa base…
Pour sortir de la seconde zone et reprendre son chemin sur la terrasse, il lui fallait escalader près de six centimètres, c’est-à-dire la hauteur séparant la surface de la terre de celle de la terrasse. Les deux roues motrices n’ont pas réussi à surmonter l’obstacle. J’ai reçu une alerte sur mon smartphone afin d’aller débloquer la situation. J’installerai donc une mini rampe pour la prochaine tonte.
À ce blocage près, le robot s’est bien comporté : la tonte est correctement réalisée, le robot rentre automatiquement à la station de charge quand la batterie faiblit et reprend exactement à l’endroit où il s’était arrêté. En gros, une heure de charge donne un temps de tonte à peu près équivalent.
Signalons qu’en cas de pluie, un capteur la détecte et renvoie la tondeuse illico à sa base de charge, en attendant un temps plus clément. L’entretien se veut expéditif grâce à l’étanchéité IPX6 : un coup de jet d’eau et l’affaire est réglée.
Des conditions de test très particulières
Normalement, un test comme celui-ci s’effectue au long cours : je reçois le produit en mai, puis je le teste jusqu’à la fin juin pour une publication au début du mois de juillet. Comme vous l’avez sûrement remarqué, les conditions météorologiques en France ont été particulières ce printemps. Au moment où ces lignes sont écrites (7 juillet 2026), nous rentrons joyeusement dans la troisième vague caniculaire de 2026.
Cela a eu plusieurs conséquences sur le déroulement du test. La première fut l’impossibilité d’utiliser le robot les jours où la température dépassait 35°C afin d’éviter tout risque de panne ou de détérioration dangereuse des batteries. Cette recommandation provient du constructeur lui-même, dont j’ai la faiblesse de penser qu’il connaît les limites de ses produits…
La seconde fut que le gazon de la propriété où fut réalisé ce test n’avait de gazon que le nom. Personnellement, je pense que le terme de prairie brûlée lui convenait mieux ! Mon test s’est donc réduit à deux sessions de tonte, dont la seconde se déroula sur de l’herbe totalement desséchée.
Si cela ne change rien du tout au niveau de la cartographie initiale, il m’a été difficile d’évaluer avec précision ce que donnait la tondeuse sur le long terme. Mes constatations sur l’efficacité de la coupe viennent donc d’un nombre très limité d’utilisations.
Piloter, surveiller, sécuriser
L’app compagnon MOVAhome permet d’effectuer le paramétrage du robot : cartographie, on l’a vu, mais aussi définition de la hauteur de tonte (3 à 10 cm) et suivi en temps réel de la tonte grâce à la retransmission du flux vidéo capté par la caméra. D’autres gadgets, comme la visualisation 3D du jardin tel que l’a détecté le capteur LiDAR sont disponibles. C’est amusant, mais pas indispensable.

La sécurité n’est pas oubliée. Une alarme se déclenche dès que le robot est soulevé. Tenter d’utiliser le robot sans passer par l’app compagnon nécessite la saisie d’un code d’identification directement sur l’appareil. Le module optionnel « Link » apporte un suivi GPS et des alertes 4G si le robot sort de la zone de couverture Wifi. Enfin, un logement sécurisé permet de glisser un AirTag d’Apple afin de pister plus facilement le robot en cas de vol.
Mon avis sur le MOVA LiDAX Ultra 1000
Le robot tondeuse MOVA LiDAX Ultra 1000 fait le boulot pour lequel il a été conçu, et plutôt bien. La cartographie automatique et le guidage, rendus possibles par son module LiDAR performant, sont de belles réussites. La tonte est homogène, la navigation réglée comme du papier à musique et j’ai apprécié l’agilité du robot sur les passages étroits.
Tout n’est pas parfait pour autant : les protections latérales pourraient être de meilleure qualité, les deux roues motrices sont parfois à la peine s’il faut franchir un obstacle et le module Link, qui débloque le suivi GPS et la localisation 4G, est optionnel. On oublie rapidement ces petits défauts face à un prix compétitif. Équipé d’une caméra et d’un LiDAR, le LiDAX Ultra 1000 dépasse la concurrence, qui n’en offre pas toujours autant pour ce prix (999 €).
Pour un jardin jusqu’à 1 000 m², même biscornu, même en pente, il fait figure de candidat sérieux pour qui rêve de récupérer ses samedis. Sur un terrain vraiment accidenté, on se tournera plutôt vers son grand frère à quatre roues motrices, le LiDAX Ultra 1000 AWD, sensiblement plus cher (1599 €).
Je découvre le MOVA LiDAX Ultra 1000
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