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« Couvre-feu numérique » pour les 15-18 ans : voici les applis concernées en France

La commission d’enquête sur TikTok préconise 43 mesures chocs pour protéger les ados, dont l’interdiction des réseaux sociaux la nuit.

Après six mois d’auditions, la commission d’enquête ouverte en mars dernier à l’Assemblée nationale vient de rendre son rapport sur TikTok. Et le verdict est sans appel : les députés appellent à instaurer un couvre-feu numérique afin de protéger les adolescents des effets jugés dévastateurs des réseaux sociaux.

« Contenus toxiques, dangereux et addictifs »

Objectif de cette enquête : mesurer l’influence de TikTok sur la santé mentale des mineurs français. Durant près de 95 heures de travaux, les trente députés impliqués ont entendu 178 experts, familles, professionnels de santé, influenceurs et représentants du secteur numérique. Plus de 30 000 contributions citoyennes sont également venues nourrir la réflexion.

Verdict, TikTok est accusée d’exposer délibérément les jeunes à des contenus nocifs. Les élus dénoncent un « piège algorithmique » qui enferme l’utilisateur dans une spirale addictive, avec une mise en avant de vidéos extrêmes ou anxiogènes, rapportent nos confrères de 01.net. Selon le rapport, l’application ne se contente pas d’aggraver des fragilités psychologiques préexistantes, elle peut en provoquer de nouvelles, allant de l’anxiété à des troubles du comportement alimentaire, en passant par des pensées suicidaires.

« Cette plateforme expose en toute connaissance de cause nos enfants à des contenus toxiques, dangereux et addictifs », résume Arthur Delaporte, président de la Commission. Sa rapporteuse, Laure Miller, souligne de son côté « des effets dévastateurs sur la santé mentale », tout en regrettant l’absence de coopération des dirigeants de TikTok, jugés opaques sur leurs efforts de modération.

Tiktok Europe (1)
© Camilo Concha / Shutterstock.com

Des propositions radicales

Pour tenter de réduire l’impact de TikTok et des autres réseaux sociaux, les députés proposent 43 recommandations. Parmi elles : renforcer les contrôles parentaux, diversifier les contenus mis en avant par les algorithmes, interdire l’usage du smartphone au lycée, ou encore créer un « délit de négligence numérique » visant les parents qui ne limiteraient pas l’accès de leurs enfants à ces plateformes.

La mise en place d’une mesure coup de poing est également envisagée : l’instauration d’un couvre-feu numérique. Concrètement, les jeunes de 15 à 18 ans ne pourraient plus se connecter aux réseaux sociaux entre 22 heures et 8 heures. Les messageries instantanées resteraient autorisées, mais TikTok, Instagram, Snapchat ou Facebook deviendraient inaccessibles sur cette tranche horaire. La commission recommande en outre d’interdire purement et simplement l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans, en écho à la volonté affichée par Emmanuel Macron.

Reste à savoir si ces propositions pourront voir le jour. En l’état, une telle interdiction serait difficile à appliquer sans l’aval de l’Union européenne. « En attendant une meilleure régulation, qui se fait à l’échelle européenne, il faut, par principe de réalité et de précaution, en venir à l’interdiction aux moins de quinze ans. Si un jour on a des réseaux sociaux éthiques, on pourra la lever », précise Laure Miller dans un entretien accordé au Monde.

Avec ce rapport, la France tente de mettre la pression sur Bruxelles, mais il n’est pas certain que le reste du bloc suive.

  • La commission d’enquête parlementaire sur TikTok a rendu un rapport accablant après six mois d’auditions.
  • Les députés dénoncent un « piège algorithmique » aux effets délétères sur la santé mentale des adolescents.
  • Ils préconisent 43 mesures, dont un couvre-feu numérique de 22 heures à 8 heures pour les 15-18 ans et une interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans.

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Par : TikTok Pte. Ltd.
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