Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI, n’est pas des plus optimistes concernant la question. Selon ses propres dires : « Dans la plupart des scénarios, l’IA risque d’aggraver les inégalités globales ». Une épine de plus dans le pied de nos sociétés, alors même que les inégalités à l’intérieur des pays sont plus fortes d’années en années, selon le Rapport sur les inégalités mondiales 2022. L’IA s’infiltre de partout, et ses bénéfices potentiels s’accompagnent de risques significatifs, notamment sur le marché du travail et la distribution des richesses.
Un impact disparate sur le marché du travail
Selon ce rapport récent du FMI (Fonds Monétaire International), 60 % des emplois dans les économies avancées (pays avec un niveau de revenu par habitant élevé) pourraient être affectés par l’IA. Cet impact, en revanche, ne se traduira pas de la même manière selon les emplois.
Si certains travailleurs vont tirer bénéfice des apports de l’IA en augmentant leur productivité, pour d’autres, le constat est plus morose. L’IA pourrait remplacer la main de l’homme dans certaines tâches spécifiques. Les conséquences pourraient être très négatives, avec une réduction de la demande de main d’œuvre dans certains secteurs. Dans certains cas, cela pourrait même provoquer des réductions de salaire, voire la disparition de certains emplois.
Dans les pays à plus faible revenu, cet impact serait moindre, car 26 % des emplois seulement seraient concernés.
Des inégalités croissantes
Georgieva met en garde : « De nombreux pays ne disposent pas des infrastructures ou des forces de travail qualifiées nécessaires pour exploiter pleinement les avantages de l’IA, ce qui augmente le risque qu’avec le temps, cette technologie creuse davantage le fossé des inégalités entre les nations ». Le risque que la fracture numérique s’élargisse est aujourd’hui très important.
Après l’intégration de l’IA à certains secteurs, les plus jeunes et les travailleurs déjà à hauts revenus pourraient bénéficier d’une hausse complètement disproportionnée de leurs salaires. A contrario, les travailleurs plus âgés et/ou moins rémunérés pourraient se retrouver à la traîne. Quelle est la solution ?
Pour Georgieva, « il est essentiel que les pays déploient des filets de sécurité sociaux étendus et proposent des programmes de formation continue pour les travailleurs exposés […] En procédant ainsi, nous pouvons rendre la transition vers l’IA plus inclusive, protégeant les moyens de subsistance et réduisant les inégalités ». Un discours on ne peut plus réel, mais qui peut presque passer pour utopiste tant les décideurs et forces politiques peinent à réguler l’usage de l’intelligence artificielle. Ce processus de régulation avance tant en Europe qu’aux États-Unis, mais les entreprises privées, majoritairement détentrices des technos d’IA, progressent, elle aussi, à toute vitesse.
- Le FMI met en garde contre l’impact de l’IA sur les inégalités au niveau mondial.
- Les conséquences sur les emplois dans les pays développés pourraient être très importantes, avec 60 % des emplois concernés.
- Dans les économies plus modestes, l’impact est moindre, mais existe tout de même.
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Formations continue ou changer de métier.? ..parce que l’utilisation de l’IA ça s’apprend en une journée.