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Crédit conso : les pratiques douteuses des banques pour vous faire payer plus cher

Avec plus de 210 milliards d’euros en circulation et près de 19% des ménages français concernés, le crédit à la consommation est devenu un pilier du secteur bancaire. Derrière ses offres alléchantes et ses taux « spécial auto », « vacances » ou « travaux », se cachent pourtant des pratiques moins transparentes, qui incitent des millions de Français à payer plus cher qu’ils ne le devraient.

En 2024, les crédits à la consommation représentaient plus de 6% du PIB français. Deux grandes familles s’opposent : le prêt personnel et le crédit affecté. Dans le premier cas, l’argent est versé directement au client, libre alors d’en disposer comme bon lui semble. Dans le second, la somme est versée au commerçant pour un achat précis (voiture, électroménager, équipement de la maison…).

Si la distinction paraît technique, ses conséquences pour le client sont énormes. Le crédit affecté offre un cadre réglementaire plus protecteur, notamment sur la « déchéance du terme » : si l’achat n’a pas lieu, le crédit est annulé et aucune somme n’est à rembourser. Ce cadre protège l’emprunteur, mais il est boudé par les banques traditionnelles, qui préfèrent proposer des prêts personnels, à la législation plus souple… et aux taux souvent plus élevés.

Pourquoi favoriser le prêt personnel ? Les banques invoquent la « souplesse », mais surtout, elles évitent les contraintes d’un crédit encadré. Les grands réseaux (Crédit Agricole, BNP Paribas…) font ainsi l’impasse sur le crédit affecté, laissant cette niche à des sociétés spécialisées – souvent des filiales, comme Cofidis, Sofinco ou Cetelem.

Marketing trompeur et pression commerciale

Des offres « Prêt auto » ou « Opération rentrée » imbriquées dans les campagnes marketing sont fréquemment de simples prêts personnels, uniquement rhabillés d’un titre attractif. Malgré la mention d’un usage bien précis, aucun contrôle réel n’est effectué par la banque : vous pouvez utiliser votre financement comme bon vous semble, sans justifier l’achat.

Ce flou permet aux établissements de proposer des produits plus chers sous couvert de flexibilité. Pire, pour « sécuriser » le crédit, les banques n’hésitent pas à vous faire souscrire des assurances emprunteur ou à réclamer des attestations – là encore, des justificatifs minimes qui n’offrent pas la protection d’un crédit affecté, mais qui engendrent des frais supplémentaires.

L’Union Européenne veut faire le ménage

Les taux pratiqués pour les crédits dits « affectés » sont souvent inférieurs : la banque minimise le risque en connaissant l’usage de l’argent (voiture, travaux…), avec la possibilité de saisir le bien en cas de défaut. Mais pour les crédits personnels, où la destination reste floue, le risque augmente… donc le taux aussi. Pourtant, de nombreux consommateurs, trompés par le marketing, se voient appliquer des taux élevés alors qu’ils auraient pu prétendre à une meilleure offre en choisissant un crédit affecté.

Face au manque de contrôle et à cette ambivalence commerciale, le marché français attend désormais une décision de la Cour de Justice de l’Union européenne. La CJUE pourrait bientôt remettre en cause le principe même du crédit affecté et clarifier les obligations contractuelles des banques. Si les clauses de destination deviennent interdites, tout le marché devra revoir ses pratiques, avec des répercussions majeures pour les consommateurs. Pas trop taux…

  • Les banques privilégient le prêt personnel au crédit affecté, moins protecteur pour l’emprunteur et souvent plus cher.
  • Le marketing bancaire floute les frontières, incitant les clients à s’orienter vers des crédits conso déguisés, sans réelle justification ni contrôle.
  • La destination des fonds influence fortement les taux , plus élevés dans le cas d’un crédit conso

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