L’incident ne passe clairement pas inaperçu. Ce vendredi 3 avril, les habitants de Russie rapportent de grosses perturbations des paiements par carte bancaire et par QR Code. Ces soucis se produisent partout, dans les magasins, les cafés, les stations-services, et des embouteillages monstres se forment dans les péages autoroutiers.
Along with landline phones, conductors will soon appear in Russia, selling paper tickets and catching fare dodgers.
The Moscow Metro has become free – bank cards used to pay for suburban trains and the metro are partially not working, so subway staff are letting people through… https://t.co/1EHc69EC3y pic.twitter.com/JPsPEn7eFa
— Anton Gerashchenko (@Gerashchenko_en) April 3, 2026
Ces dysfonctionnements interviennent dans de très nombreuses régions du pays dirigé par Vladimir Poutine, rapporte le média hi-tech.mail qui cite l’agence de presse TASS. Certains commerçants exigent d’ailleurs que les paiements se fassent uniquement en liquide. Malheureusement, les distributeurs automatiques ne fonctionneraient pas dans certains endroits.
RT wartranslated "Banking systems are down across Russia. Preliminary reports blame IP blocks affecting bank infrastructure. pic.twitter.com/1UUCK8abRT"
— GMan | GMan’s Chronicle (@FAB87F) April 3, 2026
D’autres médias russes signalent une panne majeure qui affecte les services bancaires tels que Sberbank, VTB, T-Bank et le système de paiements instantanés (FPS). Quant à l’origine du problème, il est à ce stade impossible de l’affirmer avec certitude, mais beaucoup pointent du doigt le système de blocage d’adresse IP mis à en place à l’échelle nationale, alors que de nombreux services légitimes sont affectés.
L’Internet russe est de plus en plus censurĂ©
Pour rappel, et comme nous vous l’expliquions dans un précédent article, la Russie renforce l’isolement de son Internet, et complique l’accès aux informations mondiales et aux services majeurs pour ses citoyens. Les autorités ont ainsi imposé le retrait des VPN des principales boutiques d’applications, pour limiter les moyens de contourner la censure.
Les sites occidentaux sont souvent bloqués ou ralentis, ce qui rend leur utilisation quasi impossible. Cependant, la mise en place des restrictions varie selon les opérateurs, ce qui crée une expérience fragmentée.
Telegram, également très utilisé dans le pays, ne fonctionne quasiment plus normalement sans le recours à un VPN, alors que les autorités cherchent à pousser les Russes vers la plateforme officielle scrutée par le gouvernement : Max. Depuis le début de la guerre en Ukraine, la surveillance et le verrouillage du web atteignent en tout cas un niveau inédit dans ce pays qui s’était pourtant ouvert sur le plan des libertés après la chute de l’URSS.
Comble de la censure, une nouvelle loi votée sanctionne d’une amende les internautes qui accèdent à des contenus « extrémistes » sur Internet pourrait être engagée. Concrètement, le ministère russe de la Justice met régulièrement à jour une liste d’organisations jugées « extrémistes ».
La vision de l’extrémisme est très large, puisqu’elle comprend de simples organisations appartenant à l’opposition, comme la Fondation anticorruption de feu Alexeï Navalny. D’autres collectifs qui ne partagent rien en commun comme le Centre administratif des Témoins de Jéhovah en Russie et le mouvement LGBT international sont aussi présents.
Ainsi, les internautes qui se rendraient “coupables” de rechercher sciemment ou d’accĂ©der Ă des sites jugĂ©s non conformes risquent une amende allant de 3000 Ă 5000 roubles (entre 38 et 64 dollars).
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