Depuis maintenant plusieurs mois, les rebelles yéménites houthis sèment le chaos en mer Rouge en attaquant directement les navires de commerce. Certaines grandes compagnies ont renoncé à passer par le canal de Suez et préfèrent naviguer autour de l’Afrique. Cela rallonge les trajets et risque de faire augmenter les prix pour les consommateurs européens et américains.
Des infrastructures très vulnérables
Très remontés contre les bombardements israéliens à Gaza, les Houthis pourraient changer leur fusil d’épaule et s’en prendre aux câbles sous-marins. Sur le site du Gulf International Forum, nous pouvons lire un article d’Emily Milliken, vice-présidente principale et analyste principale chez Askari Defence & Intelligence, une société de conseil et de gestion de programmes.
L’experte explique ainsi que sur Telegram, des sympathisants des Houthis ainsi d’autres groupes proches du Hezbollah libanais et de milices soutenues par l’Iran en Irak ont commencé à menacer de couper ces maillons essentiels pour le fonctionnement d’Internet.
Les conséquences pourraient être catastrophiques, car le Yémen est un des principaux points d’étranglement des câbles au monde. De quoi affoler la Chine et les États-Unis. Et la spécialiste de rappeler que la destruction des câbles sous-marins serait de nature à impacter les transactions financières, couper l’accès Internet sur de vastes zones, ou encore gêner les communications militaires.
Pour l’instant, Emily Milliken rappelle que les Houthis ne disposent pas d’une marine suffisante et des submersibles nécessaires pour atteindre les câbles. Mais en y consacrant plus de temps et de moyens, ils pourraient revoir leurs tactiques pour cibler ces derniers. L’analyste souligne d’ailleurs que des plongeurs motivés pourraient tenter de couper manuellement ces câbles, notamment en utilisant des mines navales pour endommager les installations.
Et en France ?
Dans la foulée de la guerre en Ukraine, et des détériorations sur les gazoducs Nord Stream 1 et Nord Stream 2, les préoccupations liées à la relative fragilité des câbles sous-marins sont au plus haut.
En octobre 2022, nous revenions sur ces installations situées au fond de l’océan Atlantique par lesquels transite plus de 90 % du trafic mondial. Face aux risques de sabotage de ces brins de fil optique « pas plus épais qu’un tuyau d’arrosage », le président de la République, Emmanuel Macron avait demandé une inspection.
Et en cas de danger imminent, une liste d’actions urgentes a même été préparée afin de laisser circuler des données essentielles telles que celles concernant les hôpitaux, les aéroports, ou encore les informations bancaires. Si ce sujet vous intéresse, vous pouvez toujours relire notre article ici.
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