Passer au contenu

“Une fortune !” : combien coûte la guerre au Moyen-Orient aux Français ?

Alors que le gouvernement explique que le coût d’une baisse des taxes sur le carburant pèserait lourdement sur les finances publiques, nous avons tenté de savoir ce que coûtait déjà la guerre au Moyen-Orient aux Français. Sans surprise : une fortune !

La nouvelle guerre au Moyen-Orient pèse déjà lourdement sur les finances publiques françaises et sur le portefeuille des ménages. En quelques semaines, Paris a engagé des moyens considérables, tandis que la flambée des prix de l’énergie et le retour de l’inflation menacent la croissance. Derrière les images de porte-avions et de frappes aériennes, c’est donc une addition à plusieurs centaines de millions d’euros (voire bien plus) qui se prépare pour la France. Et pour faire la guerre, la France n’hésite pas à sortir le chéquier.

Coûts militaires : environ 135 millions par mois

Sur le plan strictement militaire, nos confrères de BFM Business se sont lancés dans une simulation chiffrée. Selon leurs estimations, la France aligne un dispositif conséquent au Moyen-Orient. Environ 5 000 soldats sont mobilisés, rémunérés entre 1 500 et 3 000 euros par mois, soit près de 11 millions d’euros sur un mois rien que pour les salaires. À cela s’ajoute le déploiement du groupe aéronaval : le porte-avions Charles-de-Gaulle et les huit frégates qui l’escortent représentent autour de 100 000 euros par jour de présence en mer, soit près de 22 millions d’euros sur un mois.

L’aviation de chasse constitue un autre poste majeur. Six Rafale engagés trois heures par jour, facturés environ 20 000 euros l’heure de vol, portent la note à près de 30 millions d’euros sur un mois. Et ce calcul reste incomplet tant que les armements ne sont pas pleinement utilisés. Chaque missile ou bombe de précision coûte entre 1 et 3 millions d’euros l’unité : dans un scénario de tirs répétés, la facture mensuelle peut grimper autour de 72 millions d’euros.

Additionnés, ces postes représentent une enveloppe d’environ 135 millions d’euros pour un mois d’opérations, alors que le budget annuel habituel des opérations extérieures françaises (OPEX) avoisine 1 milliard d’euros. Autrement dit, un seul théâtre au Moyen-Orient consomme en quelques mois l’équivalent de la quasi-totalité de l’enveloppe OPEX. On est loin des 800 millions d’euros engagés chaque jour par les Etats-Unis dans cette guerre, mais les coûts militaires représentent tout de même un budget conséquent pour les contribuables, qui finissent par payer la facture.

Infographie Cout Guerre Fr
© Presse-citron x NotebookLM

Coûts indirects : énergie, inflation et croissance sous pression

Au-delà du budget de la Défense, la guerre entraîne un choc énergétique mondial dont la France subit les répercussions. Le baril de Brent a grimpé d’environ 80 à près de 110 dollars, soit une hausse proche de 46%, ce qui renchérit immédiatement les importations et la facture énergétique du pays. À la pompe, les prix des carburants repartent à la hausse, avec des augmentations de plusieurs centimes par litre. Sur la période récente liée à la crise, l’essence a pris environ 50%, le gazole 80% et le kérosène plus de 100%, pénalisant transports, logistique et aviation. Et évidemment les automobilistes qui ont réduit leurs passages à la pompe de 25% en moyenne, pour ceux qui le peuvent.

Le gaz est aussi touché : les prix de gros ont bondi d’environ 50%, et les régulateurs anticipent une hausse de l’ordre de 15% des factures pour les ménages si la tension se prolonge. Ce choc énergétique alimente le retour de l’inflation : les économistes redoutent une inflation au-delà de 3% dans la zone euro et autour de 2% en France, contre moins de 1% avant le conflit. Avec, à la clé, un pouvoir d’achat sous pression, des coûts de production en hausse et une croissance rognée.

Pour l’instant, le gouvernement tente de contenir la dérive budgétaire, alors que le déficit public dépasse déjà 5% du PIB et que les marchés, comme Bruxelles, s’inquiètent de la trajectoire de la dette. Chaque semaine de conflit ajoute cependant une double pression : financer un effort militaire évalué à plus de 100 millions d’euros par mois, et absorber le choc énergétique sans rouvrir massivement le chéquier comme au temps des boucliers tarifaires et du Covid.

Si la crise s’inscrit dans la durée, la France pourrait être contrainte d’arbitrer entre soutien au pouvoir d’achat, investissement dans la transition énergétique et maîtrise de la dette. À court terme, la guerre au Moyen-Orient agit donc comme un test grandeur nature de la capacité de l’État à absorber un choc géopolitique majeur. Pour l’heure, le gouvernement semble vouloir éviter le “quoi qu’il en coûte”. Avec les risques de tensions sociales qui pourraient en découler.

📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.

Newsletter 🍋

Abonnez-vous, et recevez chaque matin un résumé de l’actu tech