Le 25 mars, un garçon a été diagnostiqué porteur du virus H9N2 (un sous-type de la grippe aviaire) à son retour d’un séjour en Afrique. Il est actuellement hospitalisé en isolement à l’hôpital San Gerardo de Monza, en Lombardie. L’infection ne s’est pas aggravée et les autorités italiennes, en retraçant les personnes avec qui il avait été en contact, n’ont détecté aucune transmission secondaire. Rien qui ne présage donc d’une épidémie, ou encore moins d’une pandémie ; mais il est aujourd’hui plus facile de céder à l’inquiétude après la crise sanitaire provoquée par le COVID-19. On fait le point rapidement.
Le H9N2, qu’est-ce que c’est ?
Le H9N2 appartient à la grande famille des virus influenza A, qui regroupe aussi bien les souches responsables de la grippe saisonnière humaine (H1N1, H3N2) que de nombreux virus aviaires. Il est considéré comme faiblement pathogène et circule principalement dans les élevages de volailles.
Si on le considère comme peu dangereux, c’est qu’il n’est pas adapté au génome humain et n’est pas taillé pour nous infecter. Il faudrait, pour cela, qu’il mute génétiquement, afin qu’il puisse se répliquer efficacement dans nos voies respiratoires, afin de se transmettre d’une personne à l’autre : deux conditions indispensables pour qu’on puisse craindre une véritable épidémie.
Bien que ce jeune patient soit le premier européen touché, le virus H9N2 a déjà infecté des centaines de personnes à l’échelle mondiale par le passé, principalement en Afrique et en Asie. Si le Vieux Continent a été épargné, c’est parce que ses voies de transmission habituelles (marchés de volaille vivantes et élevages intensifs au contact de la population rurale) y sont beaucoup moins présentes.
Chez l’homme, les cas sont généralement peu graves, souvent limités à des symptômes respiratoires bénins. C’est le cas du jeune patient italien, qui n’est, finalement, pas tombé gravement malade et devrait rapidement se rétablir. Pourquoi est-il surveillé et isolé si son état est stable et que cet agent pathogène ne se propage pas facilement à l’être humain ? Parce que cette famille de virus a cette particularité de muter très rapidement et de se recombiner avec d’autres souches circulantes. Il existe donc une probabilité, bien que faible, qu’une recombinaison entre le H9N2 et un virus mieux adapté à l’homme se produise. Un risque lointain, mais qui ne le restera que si la surveillance épidémiologique mondiale continue à jouer son rôle, comme c’est le cas ici.
- Un garçon a été hospitalisé en Italie avec le virus H9N2, premier cas humain détecté en Europe, sans signes d’aggravation.
- Le H9N2 est faiblement pathogène et n’infecte pas facilement les humains, nécessitant des mutations pour devenir dangereux.
- Les autorités surveillent la situation mais n’anticipent pas de risque d’épidémie grâce à une surveillance épidémiologique efficace.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.
