L’humanité fait face à son plus grand défi. Elle doit réussir à se réinventer. À réduire ses émissions de gaz à effet de serre pour éviter un réchauffement planétaire apocalyptique. Dans cette optique, plusieurs scientifiques plaident pour l’utilisation de l’hydrogène.
Surtout que ce gaz, présent en abondance dans l’atmosphère est déjà massivement utilisé. 100 millions de tonnes sont écoulés tous les ans par l’industrie pétrolière, sidérurgique et chimique. Cet hydrogène dit “gris” est produit en utilisant des énergies fossiles, et à donc une empreinte carbone.
Malgré cette demande bien réelle, la production d’hydrogène “propre” tarde à se mettre en place. En France de nombreuses entreprises ont fait faillite et si le secteur a toujours la cote, tous cherchent la recette miracle pour briser ce plafond de verre.
Le marché français, en pleine “consolidation” ?
Pour Matthieu Guesné, président du groupe d’hydrogène vert Lhyfe, le marché est en réalité en train de se “consolider”. Les petites entreprises, aux finances fragiles disparaissent, mais de grands acteurs émergent. Ces derniers vont devoir rapidement faire leur preuve.
Car pour l’heure, le marché de l’hydrogène en France enchaîne plus les défaites que les victoires. Il y a quelques mois c’est Airbus qui a renoncé à son projet d’avion à hydrogène. Cette semaine, c’est l’entreprise Safra, la seule à construire des bus à hydrogène en France qui a été repris in extremis. Une situation financière très compliquée, qui l’a faite basculer sous pavillon chinois.
Y-a-t-il encore de l’espoir ?
Ce nouveau revers ne semble pourtant pas briser l’élan de motivation nationale autour de l’hydrogène. Avec son entreprise Lhyfe, Matthieu Guesné est bien placé pour le savoir. Fondée en 2017, elle a inauguré en 2021 le premier site de production d’hydrogène “vert” (avec une faible empreinte carbone) au monde. Basée en Vendée, il est directement reliée au parc éolien de Bouin.
L’entreprise ne compte pas s’arrêter là. Elle vient de débloquer 53 millions d’euros de financement bancaire pour quatre autres sites de production. Trois devraient voir le jour en France, et un de l’autre côté du Rhin, en Allemagne.
Pour le spécialiste de la question Pierre-Étienne Franc, rien n’est encore perdu. À nos confrères de FranceInfo il expliquait il y a quelques semaines que la France pouvait très bien rattraper son retard “si elle décide d’avoir une approche politique […] cohérente, consistante et qui dure.”
Sans cela, il craint que l’Europe ne se fasse doubler par d’autres régions du monde, à commencer par la Chine. “Ils avancent beaucoup plus vite que nous” mais dans le même temps il assure que “l’on peut encore remporter la course” à condition bien sûr de tous avancer dans la même direction et en ordre de marche.
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