En matière de lutte contre les IPTV illégales, les médias se font souvent l’écho d’annonces spectaculaires. Dans certains pays, on évoque même la possibilité d’arrêter directement les clients pour les faire passer devant les tribunaux. Mais les forces de l’ordre en ont-elles vraiment les moyens ou la volonté ? De récentes déclarations nous amènent à douter du sérieux de ces alertes répétées.
Le site TorrentFreak est en effet revenu sur la campagne britannique de lutte contre le piratage BeStreamWise lancée à la fin de l’année 2023. Elle bénéficie du soutien de la Fédération contre le vol de droits d’auteur, de l’Office de la propriété intellectuelle du gouvernement britannique et de très nombreux ayants droit diffusant du sport à la télé.
Par la suite, plusieurs grandes entreprises du divertissement ont rejoint la liste et notamment : The Walt Disney Company, Warner Bros., Sony Pictures, Studio Canal, Virgin Media, TNT, Lionsgate, Mattel et Crunchyroll.
Arrêter les fournisseurs, pas les utilisateurs
L’ambition des participants n’est pas de diaboliser les utilisateurs, mais plutôt de les sensibiliser sur les risques liés à la consommation de ces contenus pirates, notamment en termes de logiciels malveillants, fraudes à la carte bancaire et usurpation d’identité.
Cela dit, nos confrères ont constaté que les médias qui font part de cette opération ont plutôt tendance à privilégier les annonces tapageuses pour attirer les lecteurs. Certains affirment donc que les fraudeurs risquent jusqu’à dix ans de prison ou que la police frappe aux portes des internautes après les avoir traqués grâce à une technologie de détection du streaming illégal.
Ces affirmations n’ont pas de fondement si l’on en croit le Financial Times, qui s’est entretenu avec l’inspectrice en chef Emma Warbey, cheffe de l’unité de lutte contre les atteintes à la propriété intellectuelle de la police de la City de Londres.
La dirigeante indique concentrer ses efforts contre « les revendeurs et les personnes au sommet de la hiérarchie », car « il est très difficile d’empêcher les gens de se livrer à ce genre de pratiques ».
Elle ajoute : « Nous suivons toujours l’argent et nous nous attaquons aux plus grands groupes et réseaux du crime organisé. » En clair, la police ne dispose pas des moyens pour traquer les utilisateurs finaux et s’intéresse plutôt aux fournisseurs.
Ce qu’il faut retenir :
- De nombreux médias affirment que les clients d’IPTV risquent gros et, dans certains cas, la prison
- Dans les faits, la police se concentre plutôt sur les fournisseurs
- Les ayants droit préfèrent sensibiliser le public aux risques
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