Plus de 3 mois. C’est le temps qu’il nous a fallu pour tester l’A3 AWD Pro 5000. Il faut dire que tester un robot tondeuse ne se fait pas en une semaine. Encore moins lorsqu’il s’agit d’un modèle aussi haut de gamme que le dernier rejeton de Dreame. Ce temps long colle d’ailleurs assez bien à la philosophie de la marque sur ce secteur.
J’achète la Dreame A3 AWD Pro 5000
Si elle n’hésite pas à inonder chaque année le marché en aspirateurs balais et robots aspirateurs, elle se montre bien moins prolixe dans nos jardins. Elle va même à contre-courant de marques comme Navimow ou Mova, dont les gammes enflent de plusieurs références à chaque printemps. Pour preuve, depuis son arrivée sur le segment en 2024, la firme a toujours misé sur le haut de gamme avec une seule famille par an. Après l’A1 en 2024 puis l’A2 l’an dernier, qui nous avait déjà fait forte impression, place au A3, le premier 4×4 de Dreame.
Déclinée en deux versions annoncées pour 3 500 et 5 000 m², respectivement facturées 2 599 et 2 999 euros, la série A3 se trouve à la lisière des machines semi-professionnelles destinées aux hôtels ou aux paysagistes. Autrement dit, l’A3 AWD Pro compte parmi les robots tondeuses les plus ambitieux actuellement accessibles aux particuliers.
Soyons honnêtes, peu de jardins français réclament un tel arsenal. Ce robot s’adresse aux terrains hors du commun, ceux qui cumulent grandes surfaces, dénivelés, arbres, racines et sols capricieux. En somme, une promesse de transformer un parcours de trail en green de golf. Voyons dans ce test complet si ce pari osé est tenu.
Une bête de 24 kg installée en moins de deux heures
Hors norme ! Avec ses 74 cm de long et ses 23,9 kg sur la balance, ce robot tondeuse joue dans la catégorie poids lourds. Entre sa garde au sol surélevée, ses flancs protégés par d’épais renforts en plastique et son large pare-chocs, ce robot a de vrais airs de voiture de rallye.

Une fois ce premier tour de propriétaire effectué, l’installation se révèle assez rapide. Évidemment, à ce prix, aucune antenne ne vient encombrer la pelouse. L’A3 AWD Pro fonctionne entièrement sans fil. Après les connexions d’usage (Bluetooth, Wi-Fi), c’est finalement la cartographie qui constitue l’étape la plus longue.

Le tracé des limites est ingénieux. D’abord guidé au joystick virtuel, notre A3 a repéré de lui-même les bords de la pelouse en cours de route et nous a proposé de poursuivre automatiquement le tracé. Nous l’avons laissé faire pour une zone relativement rectangulaire et il s’est bien débrouillé.

Autre bon point, la carte se façonne dans les moindres détails. Une quinzaine de types de zones interdites est proposée (piscines, trampolines, potager…), tandis que les chemins de liaison se tracent avec une vraie facilité. Un terrain tarabiscoté comme le nôtre, environ 855 m², n’a d’ailleurs exigé que deux heures d’installation. Bien évidemment, si vous le poussez jusqu’à sa capacité de 5 000 m², il faudra plus de temps. Toutefois, vu la facilité de prise en main de sa cartographie, un bon petit dimanche devrait suffire.
Un véritable 4×4 à l’aise sur presque tous les terrains
Esthétiquement, il est difficile de passer à côté des roues de l’A3 AWD Pro, tant elles font partie de son identité. À l’arrière, elles sont imposantes et crantées. À l’avant, une paire beaucoup plus insolite, deux roues omnidirectionnelles composées d’une couronne de galets inclinés. Une singularité sur ce secteur, qui facilite ses déplacements latéraux et ses manœuvres.
Une autre nouveauté distingue ce modèle de l’A2 et de ses deux roues motrices. Ici, la transmission est intégrale, comprenez que chacune des quatre roues embarque son propre moteur intégré au moyeu. L’A3 AWD Pro est donc capable de se retourner sur lui-même et de négocier des virages serrés. Et ce, malgré son imposant gabarit.

Sur tous les types de terrains, cette mobilité tient toutes ses promesses. Nos zones de terre meuble près des murs ou autour des arbres aux grosses racines, pourtant des pièges classiques, ne l’ont jamais stoppé. En trois mois, pas une seule fois nous n’avons dû l’extraire d’une mauvaise posture. Même constat sur les reliefs, le robot escalade les gros galets décoratifs et gère les transitions entre l’herbe et les terrasses sans caler. Tout cela bien aidé par sa garde au sol généreuse et sa capacité de franchissement de 5,5 cm.
Restent quelques bémols à signaler. Le lendemain d’une grosse pluie, sur sol détrempé, les roues finissent parfois par déraper. Et hélas, aucune option d’antipatinage spécifique, par exemple en bridant ponctuellement la motricité depuis l’application, n’est proposée.

Dans ce cas de figure, les galets avant laissent leur empreinte sur les zones fragiles. C’est avant tout un défaut cosmétique, mais il est important de le noter. Quant aux pentes à 80 % promises par Dreame, notre terrain n’en comptait pas d’aussi raides. Néanmoins, nos creux et nos bosses ne lui ont jamais posé de problème.
Un LiDAR pour boussole et deux disques pour la tonte
Si en trois mois il ne s’est jamais bloqué, l’A3 AWD Pro ne s’est également jamais perdu. Et ce, même dans le chemin étroit et ombragé qui relie deux de nos deux zones. Pour y parvenir, trois yeux de lynx se partagent le travail. Un LiDAR 3D, qui scanne les environs à 360 degrés avec une portée de 70 mètres, et deux caméras pilotées par IA.
Baptisé OmniSense 3.0, ce trio reconstruit le jardin en trois dimensions et permet au robot de se localiser à partir de son environnement immédiat. Un choix assez judicieux, puisque les modèles à positionnement satellite perdent parfois le nord sous un arbre touffu ou le long d’un mur. Cette vision précise sert aussi à la détection d’obstacles.
Nous avons eu beau multiplier les pièges, dont un tuyau d’arrosage posé en travers de sa route, rien n’y a fait. Il l’a systématiquement détecté puis contourné. Côté capacités de coupe, l’A3 AWD fait fort. Sous cette bête se cachent deux disques flottants de trois lames chacun. En tout, 40 cm de largeur de fauchage. Soit presque le double des robots classiques milieu de gamme comme le Navimow i208 LiDAR.

Les disques épousent les irrégularités du sol pour maintenir une hauteur constante, réglable de 3 à 10 cm. Le résultat est vraiment régulier, sur l’herbe fraîche et haute comme sur les petits rafraîchissements post-canicule de ces dernières semaines. En ce qui concerne les bordures, c’est le système EdgeMaster 2.0 qui est aux manettes. Ce dernier décale latéralement les disques pour raser à moins de 3 cm des limites.

Le résultat est excellent, au point de presque mettre au chômage le coupe-bordures manuel. Pour fignoler au plus près, l’application réserve même un mode de tonte manuelle, qui transforme l’A3 en tondeuse télécommandée pour les recoins récalcitrants.
Difficile de faire une application plus complète
Ce qui a fait la réputation du fabricant sur ses appareils de maison se confirme dans le jardin. Dans sa version dédiée aux robots tondeuses, Dreamehome se distingue autant par sa lisibilité que par sa richesse.

Hauteur de coupe ajustable au demi-centimètre près, trois vitesses de travail, orientation des bandes, motifs croisés ou en damier, réglages indépendants pour chaque zone, programmes saisonniers, protection pluie, retour à la station dès que le mercure passe sous 6 °C ou encore vitesse réduite la nuit. Il y a même une fonction dédiée aux branches basses, qui ordonne au robot de les ignorer. Une attention bienvenue sur les petits chemins reliant nos différentes zones. Là où la plupart des robots s’arrêtent net en prenant les amas de branches pour un obstacle infranchissable.

En plus de cela, Dreame se montre bon commerçant, le luxe de la connectivité 4G étant offert pendant trois ans. Ensuite, comptez 50 euros par an pour prolonger cette coquetterie. Grâce à elle, plus besoin d’être à la maison pour garder la main sur le robot. Vous pouvez le piloter depuis n’importe où, suivre sa position en temps réel et recevoir une alerte s’il est soulevé ou s’il détecte une présence dans le jardin.
Toutefois, pour avoir un retour en direct de la caméra embarquée, le robot aura obligatoirement besoin d’une connexion Wi-Fi. Rien d’anormal, mais les propriétaires de très grands jardins devront investir dans un répéteur pour surveiller le fond de leur terrain à distance.
Un temps de charge à la hauteur de sa bonne autonomie
Avec sa batterie de 10 Ah, l’A3 AWD est paré pour de longues journées de tonte. La zone principale de notre carte (415 m²) a toujours été avalée d’une traite en environ deux heures. À chaque fois, le robot quittait sa station gonflé à bloc pour y revenir avec 50 à 60 % de batterie.
À partir de ces relevés, il devrait donc pouvoir couvrir entre 800 et 900 m² en une seule charge avant de rentrer automatiquement à sa station. Une estimation que nous avons ensuite vérifiée en conditions réelles. Lors des tontes sur l’intégralité de notre terrain (855 m²), le robot a presque toujours tout bouclé en un passage. Deux ou trois fois, un petit 50 à 80 m² manquait à l’appel. Un écart qui dépend surtout des réglages de tonte et de la gestion des obstacles.

En extrapolant sur 5 000 m², il faudrait compter près de 24 heures de tonte, auxquelles s’ajouteraient cinq à six recharges. Soit une fourchette totale comprise entre 34 et 36 heures. Cette estimation variera selon la complexité du terrain et la vitesse choisie, mais elle donne déjà une bonne idée du temps nécessaire sur les jardins XXL.

Pour terminer, l’entretien de l’A3 AWD Pro est assez simple. Grâce à sa certification IPX6, son châssis et ses plateaux de coupe se rincent au jet d’eau. Un coup de brosse suffit ensuite à débarrasser les roues de la terre accumulée. En revanche, la disponibilité de certaines pièces détachées laisse davantage perplexe. Au moment de ce test, la boutique proposait essentiellement des lames, un kit de nettoyage et un garage à 249 euros.

Nous n’y avons trouvé ni batterie ni roues vendues séparément. Il paraît pourtant indispensable de pouvoir les remplacer facilement sur un robot de ce prix.
Notre avis sur le robot tondeuse Dreame A3 AWD Pro 5000
Après plus de trois mois à ses côtés, difficile de ne pas être élogieux envers l’A3 AWD Pro 5000. Sa transmission intégrale l’empêche de rester prisonnier des racines, des creux ou des pentes difficiles, tandis que son LiDAR et ses deux caméras lui permettent de naviguer avec précision sans jamais s’égarer. Sa largeur de coupe de 40 cm offre une tonte nette et des bordures propres. Quant à son autonomie, elle se montre aussi généreuse que la liste des réglages de son application.
Néanmoins, tout n’est pas parfait. Ses roues omnidirectionnelles marquent les sols détrempés, son poids (24 kg) complique ses rares manipulations et la disponibilité des pièces détachées reste à ce jour limitée. Et puis, pour une machine lancée à 2 999 euros, on aurait presque pu espérer que l’abri de la station soit inclus. Certes, ce sont des pinaillages, mais à ce prix, c’est légitime.
Malgré tout, cela ne remet pas en cause l’essentiel. Ce robot n’a jamais été pensé pour les jardins ordinaires. Sa cible, ce sont les grandes parcelles accidentées qui cumulent pentes, passages étroits et sols irréguliers. Le genre de jardin qui fait pâlir les modèles d’entrée et de milieu de gamme.
Et c’est là que Dreame a sa meilleure carte à jouer. En effet, si les références pullulent entre 800 et 2 000 euros, elles se raréfient par la suite. Résultat, les concurrents directs de l’A3 AWD Pro se comptent sur les doigts d’une main.
Le Mammotion Luba 3 AWD (3 199 euros) constitue l’alternative la plus proche. À ceci près que sa navigation mêle LiDAR et NetRTK, le rendant tributaire d’une bonne couverture 4G ou Wi-Fi. De son côté, le Navimow X450 (3 199 euros) mise aussi sur un positionnement satellite et surenchérit avec une largeur de coupe de 43 cm.
Enfin, le RockMow Z150 (3 499 euros) se distingue par un franchissement porté à 8 cm et des roues avant directrices, au prix, là encore, d’une dépendance au signal RTK. En plus d’être le moins cher du lot, l’A3 AWD Pro est le seul à s’appuyer sur une navigation entièrement embarquée. Sur les terrains les plus capricieux, c’est certainement son véritable luxe.
J’achète la Dreame A3 AWD Pro 5000
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Dreame A3 AWD Pro 5000
2 999 eurosOn aime
- Traction intégrale 4x4 pour une motricité sans faille
- Navigation totalement embarquée et ultra précise (LiDAR + 2 caméras IA)
- Tonte large et régulière, bordures nettes
- Excellente qualité de fabrication
- Une autonomie appréciable pour de larges zones de 800 m2
On aime moins
- Traces des galets avant sur sols détrempés
- Aucune option intégrée d'antipatinage
- Pièces détachées (batterie, roues) pas encore disponibles
- Retour vidéo en Wi-Fi uniquement
- Abri de station à 249 euros en option



