[Journée de la Femme] Madame rêve d’atomiseurs… mais pas d’artifices, par Julie Navarro

Article écrit par Julie Navarro[1] pour Presse-citron à l’occasion de la Journée de la Femme. Femme, fleur et fille de vénus tant diabolisée qu’aimée, source de décadence et de péché : une journée dédiée qui nous stigmatise en douceur… Je tiens à préciser que cette première partie souligne un point de vue unilatéral soit exclusivement

Article écrit par Julie Navarro[1] pour Presse-citron à l’occasion de la Journée de la Femme.

Femme, fleur et fille de vénus tant diabolisée qu’aimée, source de décadence et de péché : une journée dédiée qui nous stigmatise en douceur…

Je tiens à préciser que cette première partie souligne un point de vue unilatéral soit exclusivement occidental et parfois extrême ; je m’attacherais à d’autres aspects de la situation de la femme dans le monde (là aussi on touche à l’extrême vous me direz). Il ne s’agira donc pas de jongler avec la sémantique, les signes mais bien d’exposer des réalités qui dérangent et qui en définitive sont encore ignorées.

Sous l’égide d’une parité conquise : « ensemble pour les droits des femmes ! », la journée de la femme s’impose comme l’événement médiatique incontournable du jour. Quelques mots sur cette journée dédiée peut-être pas si symbolique.

Officialisée en 1977, la journée internationale de la femme est célébrée le 8 mars. Allez on sort la femme de sa cuisine, on la dépossède de son statut de Mme Michu, ménagère de moins de 50 ans, pour ainsi la placer au devant de la scène ; et quelle scène !
La journée donne une visibilité certaine aux revendications dites « féministes » néanmoins il semblerait que cette parité tant décriée soit plutôt déguisée.

Intéressons nous à ce qui est le plus visible par le grand public à savoir l’image de la femme dans nos sociétés contemporaines. Prenons la pub par exemple, la femme a différents rôles assignés et baignés dans le stéréotype. Tantôt mère nourricière (regardez les pubs pour les produits laitiers de plus près), mère ménagère assignée aux tâches domestiques. Pour ce qui est du « couple homme-femme », une asymétrie conjugale constante est perceptible sur l’assignation faite aux femmes (charges laborieuses des tâches domestiques) ce qui va à l’encontre de son assignation à l’amour (pour son mari). Une sorte d’injonction contradictoire télévisuelle qui « stéréotypie » la femme. La société a encore du mal à considérer la Maman comme femme qui affirme sa sexualité… si elle l’affirme trop c’est l’image de la femme « salope » qui frappe. L’accès à la féminité dans les pubs est donc assez limité me semble-t-il. Des stéréotypes de genres issus de construction historique et sur lesquels nous avons finalement bâti un obstacle à la liberté. Dans une dimension plus sociologique, je ferais un petit clin d’œil à la mouvance du lien social et à la psychologisation de la société sécrétée par les femmes et l’évolution de leur statut. Femmes agents secrets de la modernité ? (Je vais m’attirer les foudres de … aïe aïe aïe)

Allons, on s’égare, revenons à cette journée.
A quoi elle sert finalement ? A montrer au monde entier que le sexe faible en a finalement bien chié et qu’il mérite une bonne dose de reconnaissance ? Que les femmes sont sans cesse ramenées (« rapportées » si on appréhende la femme objet) a un survécu ? Que les hommes les auraient sauvées des eaux ?!
Vous l’avez compris, je n’arrive pas à saisir les intérêts à promouvoir une telle occurrence « Journée de la femme ». Un peu de rien pour faire oublier des problèmes latents et bien plus profonds qui touchent la gente féminine. Je ne vais pas vous faire un speech sur le droit de vote, les inégalités de salaires, violences conjugales, harcèlements de toutes sortes… peut-être un peu « facile » ici.
Derrière un tel événement (je dis tel car il faut voir la mobilisation), c’est une action marketing montée de toute pièce. « Si c’est la journée de la femme, c’est que tu as bien mérité un bouquet, un bijou ou un restau » burk ; probablement une St Valentin bis. Comme j’entends souvent « pas besoin de ça pour se dire qu’on s’aime » ou qu’on s’aime pas d’ailleurs…
Créer une journée pour les femmes, c’est un peu à l’image de Félix « pâté pour chat » qui s’est joliment appropriée la Saint Félix…
On assiste non pas à un hommage à la femme mais plutôt à un sexisme à l’envers, une sorte de contre-consécration. Je suis d’humeur assassine en ce jour ! Je vais m’arrêter là et laisser la place à un versant de cette journée bien plus grave.

Je repose la question, pourquoi une telle journée ? Internationale qui plus est… Car la situation des femmes dans certains pays non démocratiques se révèle critique. Des femmes sont battues, humiliées, violées et tuées ; un anéantissement quotidien qui constitue une moche réalité peu médiatisée en France. Lorsque nous nous apercevons qu’en République Démocratique du Congo, certains hommes considèrent que c’est normal de tuer une femme qui ne veut pas s’offrir à eux, le choc est palpable.

Malgré les efforts remarquables d’associations – je pense à « Gynécologie sans frontières » qui offrent des soins de reconstruction à des femmes qui ont subi des mutilations sexuelles  http://www.gynsf.org/ –   je pense à d’autres qui se battent et qui font de la reconnaissance et intégrité de la femme leur fer de lance. A celles-ci je leur transmets mon soutien aussi sincère et dérisoire qu’il soit…

Dans cette optique non centrée sur le monde occidental, je comprends les enjeux d’une telle journée et pour le coup je me positionne en faveur de telles actions. Après réflexion, je ne suis pas la cible idéale de l’événement et je me sens presque égoïste au regard de certains de mes propos. Je m’en excuse par avance et préfère le souligner car c’est ce type de comportement formaté qui mènent à l’aveuglement des foules.


[1] Julie Navarro est âgée de 23 ans, étudiante en Master d’Information  Communication à la Sorbonne, consultante junior Consumer Marketing (tps partiel) à l’agence MS&L France (Publicis Groupe), et bien sûr blogueuse, passionnée par la com’, le marketing, les tendances…
Son blog : http://www.pariscomlight.com/


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12 commentaires

  1. Peut-être un peu trop long (le pavé ne facilite pas la lecture), un peu trop technique, intello :s Je ferais + de vulgarisation la prochaine fois… J’oublie souvent de mettre à la portée des lecteurs, surtout dans ce type de configuration « Presse-Citron » 🙂

  2. Je note également que certains articles « féminins » sont plutôt vides mais suscitent moultes réactions ! Bizarre, bizarre. Je me pose des questions…

  3. willem schmitt on

    Je communique tous d’abord mon soutien inconditionnel total et illimité a toute la gente féminine, qui est sous-considerée intellectuellement, politiquement, symboliquement, techniquement, sportivement, comme dans tous les postes de pouvoir et cela par des bas d’esprits.

    Parlons en du pouvoir, l’envie de l’humain de domination sur ses congénères lui vient très certainement de sa soif de prestige comme de pouvoir ( économique, politique ou symbolique) et ce sont exactement les mêmes postes qui semblent moins accessible au « sexe faible » (preuve évidente par la sémantique du rapport faible/fort signifiant un rapport de domination du fort sur le faible) Tandis que les femmes représentent plus de la majorité des professionnels des milieux sociaux éducatifs tant que ceux si ne se corrèle pas avec des postes de pouvoir…

    Ainsi peut être peut-on activement se poser la question quand à la dialectique qu’il existe entre la volonté purement humaine d’accéder à ces postes de pouvoir et le sexe de cette variable sociologique ; en effet les femmes pendant des milliers d’années se sont vues reléguées, en raison de la loi du plus fort, a des postes de moindre importance dans la hiérarchie social et a plus grandes valeurs sentimentales (le simple exemple de la mère de famille séculaire est le poste de l’architecture de nos sociétés étant le plus en rapprochement avec les valeurs sentimental ainsi que le plus importants a mon avis) tous du moins dans la majorité des cultures…

    Peut être peut on ainsi nous hâter à prétendre qu’un tel schème c’est inscrit dans le développement sociologique des gens comme un habitus hérité de notre époque ou le plus fort régner, contraignant les femmes par pression masculine ainsi que féminine à rester dans un ordre d’idée établie, ordre d’idée semblant naturel un autre différents étant jugé comme anormal, comme l’homosexualité pendant longtemps et jusqu’à maintenant dans certains endroits ; on voit par ailleurs pour étayer cette idée que plus la société c’est détaché de cette loi du plus fort, plus la société c’est rapproché d’un modèle d’égalité établie sur un état de droit, plus les mœurs ont rejeté la loi du plus fort, plus la cause des féministes a put aboutir à certain point (On peut même dire avec certitude qu’elle n’a pas encore abouti son merveilleux projet égalitaire )…

    Je m’égare mais cette analyse sociologique rapide démontre comment, et depuis 1977, les gouvernements ultra majoritaire en homme, comme toutes les instances politique et médiatique (publicité télévision cinéma) ont cherché à prolonger cet ordre établi de domination de l’homme sur la femme, pire encore d’attacher un caractère neo-libéral, en effet il y avait samedi 7 mars en honneur de la journée de la femme des réductions chez séphora ou bien marionaux, honneur stigmatisant et comme vous l’avait soulignée reléguant cette journée a une st valentin bis…

    veuillez considérer cela comme un avis mineur et sociologique et tout l’impact international de cette journée ou toute réflexion d’envergure en est exclue par manque de temps…il me reste toute fois l’espoir que avec la vitesse vertigineuse d’évolution des mœurs, seul vecteur véritable pour l’avancée social, nous vivrons surement bientôt dans un monde plus Homogéne dans ce type de rapports sociaux, mais il faut des femmes pour ce mobiliser…vous peut-être?

  4. En quelques mots, je serais toujours mobilisée mais j’espère seulement que ces types de mobilisations cessent d’être associées à du féminisme primaire… C’est bien plus complexe.

  5. loin de moi l’idée d’associer ce type de mobilisation a du féminisme primaire ou de le comparé au féminisme des années 60, mais quel est votre définition du féminisme primaire?

  6. Non je ne remettais pas en cause vos propos 🙂 Quand je dis primaire c’est « façon de parler » pour exprimer le fait que ce type d’action est rapidement stigmatisée… C’est vrai que le terme n’est pas forcément approprié…

  7. complétement d’accord avec ton article, mention spéciale pour:

    « Une sorte d’injonction contradictoire télévisuelle qui « stéréotypie » la femme. La société a encore du mal à considérer la Maman comme femme qui affirme sa sexualité… si elle l’affirme trop c’est l’image de la femme « salope » qui frappe. « 

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