Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Et, manifestement, Dell ne fait pas partie de cette catégorie. En effet, pour ses PC ultraportables, le constructeur a procédé à un double changement en un an. Tout d’abord, la gamme retrouve cette année son nom originel, XPS, qui avait été abandonné en 2025. En effet, le modèle haut de gamme de l’année dernière avait été renommé Dell Premium, alors que son design correspondait en tous points à celui des ordinateurs XPS de 2024.

Ensuite, comme nous allons le voir, certaines des caractéristiques du châssis des ordinateurs portables XPS vendus ces dernières années ont été modifiées. Ce faisant, le constructeur revient à un design plus classique, plus “XPS des origines”. Le nouveau XPS 16 est décliné en deux versions : avec un écran LCD IPS Full HD 120 Hz non tactile (à partir de 2349 €), ou avec un écran OLED 3,2K 120 Hz tactile (à partir de 2749 €). Le modèle haut de gamme, doté d’un processeur Intel Core Ultra X7 358H, peut intégrer 32 Go ou 64 Go de mémoire, ainsi qu’un SSD de 512 Go, 1 To, 2 To ou 4 To. C’est ce dernier que nous avons testé et qui est commercialisé à 2849 €, avec 32 Go de mémoire et un SSD de 1 To. Voyons comment le PC portable se comporte in situ, et si son rapport performances / prix est intéressant.

Design et ergonomie
A l’instar de ses prédécesseurs, le cru 2016 du XPS 16 affiche toujours une grande sobriété, synonyme de sophistication, voire même de luxe, grâce à un boîtier en aluminium gris foncé (la configuration n’est disponible qu’en un seul coloris), sur le capot duquel ne figure que l’inscription “XPS”. D’ailleurs, certains pourront regretter que le dos de l’écran retienne assez bien les traces de doigts. Au bout d’un moment, c’est moins classe et la chiffonnette devient indispensable.

Le PC portable mesure 35,2 x 23,7 cm, avec une épaisseur de 1,43 cm et un poids de 1,65 kg. Il est donc particulièrement compact et léger. Rien d’exceptionnel toutefois. En effet, l’Asus Zenbook S16 et le Samsung Galaxy Book 6 Pro sont légèrement plus légers (1,5 kg et 1,59 kg respectivement) et plus fins (1,1 cm et 1 cm d’épaisseur respectivement). Une fois le Dell XPS 16 ouvert, on découvre un clavier à touches resserrées, sans pavé numérique. Et c’est bien dommage, car le clavier n’occupe pas toute la largeur du PC portable, bien que les espaces, à gauche et à droite des touches, ne soient pas occupés par les haut-parleurs (comme sur le Galaxy Book 6 Pro).

On note également deux changements entre les précédentes configurations et celle de 2026. Tou d’abord, les touches de fonctions du clavier ne sont plus tactiles et rétro éclairées. Le constructeur est revenu aux bonnes vieilles touches, classiques et efficaces. Elle sont toujours rétro éclairées, tout comme le reste du clavier. D’autre part, le (grand) pavé tactile n’est plus totalement invisible. Certes, il est toujours intégré à une plaque de verre (Corning Gorilla Glass 3), mais un minuscule rebord délimite désormais ses contours. Il demeure toujours aussi difficile de repérer ces derniers, si on utilise le XPS 16 dans l’obscurité. La teinte, plus claire, du Galaxy Book 6 Pro, et le fait que le pavé tactile soit plus classique, bien délimité, facilitent son utilisation.

Le XPS 16 n’est pas équipé d’un lecteur d’empreintes digitales (contrairement au Galaxy Book 6 Pro). Il faut donc s’en remettre à la Webcam et son capteur infra-rouge pour reconnaître le visage de l’utilisateur (technique moins sécurisée que la reconnaissance des empreintes) et ainsi déverrouiller l’accès à Windows 11. En revanche, Dell a mis au point une méthode anti-vol originale, qui permet de fixer l’ordinateur à un moniteur ou tout autre objet volumineux, par l’intermédiaire d’un câble de type Kensington, mais qui se fixe par l’intermédiaire d’un des ports USB C.

La connectique du Dell XPS 16 est uniquement composée de ports USB C, compatibles Thunderbolt 4, et de la prise jack, pour le casque et le micro. C’est tout. Cela nous oblige à acheter un réplicateur de ports, si on doit connecter d’autres type de câbles (pour une clé USB, une souris, une imprimante, un moniteur, etc.). Ici encore, le Galaxy Book 6 Pro de Samsung se montre plus généreux, avec une sortie vidéo HDMI, deux ports USB C (TB4 eux aussi) et un port USB A. Bon point, les transferts de données sans fil peuvent s’effectuer dans les meilleures conditions possibles, grâce au support des technologies Wi-Fi 7 et Bluetooth 6.
Pour le reste, le son est assuré par quatre haut-parleurs, qui délivrent une puissance totale de 10 W, ce qui s’avère plus que suffisant pour mettre de l’ambiance dans une pièce de taille moyenne. Lorsqu’on regarde une film ou une série, la scène audio s’avère large et le rendu très convaincant. Et même lorsqu’on désire écouter de la musique, on bénéficie d’un bon équilibre entre les différentes plages de fréquences (même si les basses ne sont pas renversantes).

Affichage
Le Dell XPS 16 version 2026 est décliné en deux versions : avec un écran LCD (non tactile et Full HD), suffisant si on utilise le PC portable essentiellement pour travailler, ou avec un écran OLED (celui que nous avons testé). Ce dernier offre une meilleure qualité d’affichage, ce qui est toujours bénéfique si on est amené à travailler sur des photos ou des vidéos, ou si – tout simplement – on regarde régulièrement des films ou des séries.

L’écran s’avère particulièrement séduisant, avec ses bordures hyper fines, sur les quatre côtés (sur le Galaxy Book 6 Pro, la bordure inférieure de l’écran est un peu plus large) et sa protection Gorilla Glass Victus, anti rayures. La dalle du Dell XPS 16 supporte une très haute définition d’affichage (trop haute ?). En effet, les images sont affichées en 3200 x 2000 pixels. Certes, c’est plus précis que le mode 2 880 x 1 800 pixels, supporté par de nombreux ultrabooks au format 14 ou 16 pouces (comme le Samsung Galaxy Book 6 Pro). Mais, est-ce bien nécessaire ? En effet, il faut avoir de très bon yeux, si on désire pas utiliser l’option de mise à l’échelle des textes de Windows. Dans le cas contraire, on utilisera le zoom 200 % de Windows.

Le taux de rafraichissement maximum de l’affichage est de 120 Hz, ce qui s’avère suffisant pour une configuration bureautique et multimédia. On note que pour minimiser la consommation d’énergie de l’écran, il est possible d’activer un mode dans lequel la fréquence est dynamique, et peut varier de 20 Hz à 120 Hz (contre 1 Hz à 120 Hz pour la version du XPS 16 équipée de l’écran LCD). D’autre part, le constructeur indique que la luminosité maximale est de 400 nits. Et c’est bien ce que nous avons mesuré, lorsque le mode HDR est activé. Ce niveau de luminosité n’est pas extraordinaire, même si on sait que le niveau de luminosité des écrans OLED est très inférieur à celui des dalles LCD mini LED. Toutefois, grâce à un taux de contraste quasi infini, l’affichage s’avère convaincant, même en extérieur, sous le soleil.

D’autant que la colorimétrie est exemplaire, lorsque le mode HDR est actif (température des couleurs parfaitement neutre et excellent fidélité des couleurs). De plus, si l’écran n’est pas totalement anti-reflet, ces derniers sont fortement atténués, ce qui permet aux zones sombres de l’affichage de ne pas être trop perturbées par les reflets, en particulier lorsqu’on regarde des vidéos. Enfin, l’écran est certifié pour le standard HDR Dolby Vision et – comme nous l’avons dit – la dalle OLED est tactile, ce qui peut faciliter l’utilisation de certaines applications, en particulier pour ceux qui ont quelques difficultés avec le maniement du pavé tactile.

Performances
Ce n’est pas une surprise, le processeur qui assure les performances du Dell XPS 16 est classique pour un ultraportable haut de gamme. Il appartient à la dernière génération de Core Ultra 7 d’Intel. En l’occurrence, il s’agit du modèle X7 358H. Et il est assisté par 32 Go ou 64 Go de mémoire. Une option permet de le remplacer par la puce Core Ultra 7 355, ce qui permet au passage de réduire la facture finale de 400 € (mais le constructeur force alors la mémoire à seulement 16 Go).
Comme nous l’avons vu lors du test du MSI Prestige 14 AI+, un des gros points forts du Core Ultra X7 358H réside dans l’efficacité de son GPU Intel Arc B390. C’est un avantage indéniable lorsqu’on réalise des tâches graphiques intensives ou quand on désire jouer (en dehors des heures de travail bien sur). Bien sur, les 16 cœurs du Core Ultra X7 358H (dont 4 qui ont une fréquence maximale de 4,8 GHz) procurent une puissance de calcul impressionnante, qui peut être mise à profit pour des traitements photo ou vidéo. Sans oublier le NPU, et ses 50 TOPS (122 TOPS au total en tenant compte de la puissance CPU et GPU), qui permet d’accélérer certaines opérations qui font appel à l’IA.

Autonomie
Dans sa aversion de 16 pouces, le Dell XPS de cette année a une batterie de 70 Wh. Et ce n’est pas une énorme capacité. D’ailleurs, le Dell XPS 14 embarque la même batterie. Un effort aurait pu être fait de ce côté. De son côté, le MSI Prestige 14 AI+, que nous avons récemment testé, intègre une batterie de 81 Wh, malgré un format plus compact, en raison de son écran de 14 pouces. De plus, les batteries des Asus Zenbook S16 et Samsung Galaxy Book 6 Pro sont plus grosses (respectivement 83 Wh et 78 Wh).
Heureusement, malgré cela, l’autonomie de la configuration s’avère satisfaisante (l’efficacité énergétique du Core Ultra X7 358H y contribue largement). Ainsi, avec le test d’autonomie bureautique/multimédia de l’application PC Mark, le PC portable a fonctionné pendant légèrement plus de 14 heures, avec un taux de rafraichissement fixe et élevé (120 Hz). Si on active la fréquence dynamique, on gagne deux heures d’autonomie (16 heures et 13 minutes)(soit autant que l’ultraportable de Samsung).
Enfin, l’autonomie pour le streaming vidéo est d’environ 19 heures (ce qui constitue un bon résultat). En effet, le niveau de la batterie est passé de 100 % à 58 % après 8 heures de lecture vidéo. Dernier bon point, la recharge de la batterie s’effectue rapidement, si on utilise un l’adaptateur USB C fourni, qui a une puissance de 100 W : 43 % en 30 minutes et 79 % en une heure. Rappelons que le Galaxy Book 6 Pro ne supporte qu’une recharge de 65 W maxi et que le chargeur est absent de la boîte.
Bien sur, on peut également utiliser le chargeur de son smartphone, si on désire ne pas emporter avec soi en déplacement le bloc secteur du XPS 13 (bien qu’il soit très compact). La seule contrainte, c’est qu’on ne pourra pas recharger les deux appareils en même temps.

Alors, on achète ?
Certes, le Dell XPS 16 2026 est une belle machine dans l’absolu, qui ne souffre d’aucun gros défaut. Mais… il y a un concurrent coréen, Samsung en l’occurrence, qui propose lui aussi un ultraportable extrêmement séduisant, le Galaxy Book 6 Pro. Sur certains points, ce dernier peut même prendre le dessus sur le XPS 16. Pour ne rien arranger, à configuration identique (processeur, mémoire, SSD), le Galaxy Book 6 Pro est proposé à 2400 €. C’est tout de même 450 € de moins que la configuration de Dell.
L’ultrabook haut de gamme de Dell a un peu le même défaut que les smartphones Samsung : ses évolutions sont (un peu trop !) subtiles. Le constructeur a peut être tendance à s’endormir sur ses lauriers, au risque de se faire prendre de vitesse par ses concurrents, qui ne manquent pas d’offres très compétitives. Et dans le domaine des ultraportables, ils sont nombreux : Samsung, Asus, Acer, Lenovo, etc.

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