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Le Parlement européen débranche Google : les députés doivent utiliser le moteur de recherche français Qwant

Le Parlement européen vient de franchir un cap symbolique en matière de souveraineté numérique. À compter de ce jeudi 4 juin, Google ne sera plus le moteur de recherche par défaut sur les ordinateurs de l’institution. C’est le Français Qwant qui va prendre le relais.

La décision n’est pas anodine. Elle s’inscrit dans le Tech Sovereignty Package que la Commission européenne présente ce 3 juin. Cet ensemble de mesures législatives est destiné à réduire la dépendance de l’Union européenne (UE) aux technologies étrangères, et à favoriser les alternatives locales dans les infrastructures critiques du continent.

Pour rappel, Google capte environ 90 % des parts de marché des moteurs de recherche en Europe. Au sein même du Parlement, les députés n’avaient jusqu’ici accès qu’à des outils américains, et certains d’entre eux s’en plaignaient ouvertement : Bing, Google, Yahoo ou DuckDuckGo s’imposaient comme les seules options disponibles via le navigateur Edge, lui-même développé par Microsoft.

Google Logo
© One Artist / Shutterstock.com

Qwant par défaut

C’est donc le moteur Qwant qui va remplacer le géant américain. Fondé en 2013, il se présente comme une alternative respectueuse de la vie privée : il ne trace pas ses utilisateurs et ne collecte pas de données personnelles. Une promesse qui colle parfaitement aux ambitions affichées par le Parlement.

Nuance importante, cependant : Qwant s’appuie encore en partie sur l’index de Microsoft Bing pour alimenter ses résultats. L’entreprise travaille néanmoins à s’en affranchir, en co-développant avec Ecosia, autre moteur européen à vocation écologique, son propre index de recherche, baptisé Staan.

« Lorsqu’une recherche est effectuée depuis la barre d’adresse des navigateurs Firefox et Edge, les résultats seront désormais fournis par Qwant », indique l’e-mail envoyé aux parlementaires. Si chaque élu reste malgré tout libre de modifier ses paramètres et de revenir à Google s’il le souhaite, Qwant est activé par défaut.

Un signal fort

La semaine dernière, la Commission européenne annonçait que deux tiers du spectre radio satellitaire en bande 2 GHz, la seule fréquence harmonisée à l’échelle européenne, serait réservé aux opérateurs européens dès 2027. Une annonce qui s’inscrit dans la même logique : l’Europe veut reprendre la main sur ses infrastructures numériques.

Car en novembre dernier, un groupe de 38 eurodéputés avait déjà exhorté la présidente du Parlement, Roberta Metsola, à migrer l’ensemble des services informatiques vers des fournisseurs européens. « Avec suffisamment de volonté politique, nous aurons libéré cette institution du danger de la dépendance technologique étrangère d’ici la fin de la législature », écrivaient-ils.

Notre analyse

Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche a clairement accéléré la tendance. Les liens transatlantiques se sont distendus, et la dépendance aux GAFAM est désormais perçue comme un risque stratégique autant qu’économique.

Mais le chemin reste immense. Le Parlement continue de faire tourner ses tablettes, ses smartphones et sa messagerie sur des technologies américaines, et Microsoft reste omniprésente dans les couloirs de Bruxelles. Remplacer un moteur de recherche par défaut, c’est un geste fort mais pas encore une révolution.

  • Qwant remplace Google comme moteur de recherche par défaut sur les ordinateurs du Parlement européen.
  • Le moteur français, qui ne collecte aucune donnée personnelle, reste toutefois partiellement dépendant de l’index Microsoft Bing.
  • Un geste symbolique fort, bien que le Parlement tourne encore largement sous logiciels et matériel américains.

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Par : Opera