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Le torchon brûle entre Google et Microsoft : voici l’origine de ce nouveau conflit

Au mois de septembre, Google a déposé une plainte contre Microsoft auprès de la Commission européenne. Et cette semaine, Microsoft accuse la firme de Mountain View de mener une campagne pour discréditer son activité cloud.

Google et Microsoft sont concurrents dans le domaine du cloud. Et dernièrement, les relations entre les deux groupes ont été loin d’être apaisées. Au mois de septembre, Google Cloud a annoncé le dépôt d’une plainte contre Microsoft auprès de la Commission européenne. En effet, la firme de Mountain View accuse Microsoft de recourir à des pratiques anticoncurrentielles en matière de licence. Plus précisément, Google reproche à Microsoft d’imposer des restrictions aux clients qui voudraient utiliser la licence Windows Server sur les concurrents les plus proches d’Azure (le service cloud de Microsoft).

“L’une des restrictions les plus importantes s’est produite en 2019, lorsque Microsoft a adopté de nouvelles conditions de licence qui imposaient des sanctions financières extrêmes aux entreprises souhaitant utiliser le logiciel Windows Server sur les concurrents les plus proches d’Azure, tels que Google Cloud et AWS”, indiquait Google dans un communiqué. Et cette semaine, Microsoft accuse Google de mener une campagne dans le but de discréditer son activité cloud.

Les accusations de Microsoft contre Google

Rima Alaily, la directrice juridique adjointe de Microsoft, évoque notamment la création par Google d’un groupe, composé d’acteurs du cloud, dont le but serait de s’attaquer à la firme de Redmond et de discréditer celle-ci. “Google a déployé de grands efforts pour dissimuler son implication, son financement et son contrôle, notamment en recrutant une poignée de fournisseurs de cloud européens, pour servir de visage public à la nouvelle organisation. Lorsque le groupe sera lancé, Google, nous le comprenons, se présentera probablement comme un membre secondaire plutôt que comme son leader”, écrit l’employée de Microsoft.

Ces accusations ont néanmoins été démenties par Nicky Stewart, qui dirigera cette nouvelle coalition. “Nous ne sommes pas contre une entreprise en particulier, nous sommes une coalition pro-marché qui se concentre sur la défense des principes qui renforceront le marché des services cloud en Europe, principalement l’ouverture et l’interopérabilité”, a déclaré Stewart, d’après le site TechCrunch. “Toute entreprise qui partage ces valeurs et se soucie d’un marché du cloud sain et prospère devrait nous rejoindre.”

Google a également réagi, par le biais d’une représentante citée par The Verge : “Nous avons fait part très publiquement de nos préoccupations concernant les licences cloud de Microsoft. Nous et beaucoup d’autres pensons que les pratiques anticoncurrentielles de Microsoft enferment les clients et créent des effets négatifs en aval qui ont un impact sur la cybersécurité, l’innovation et le choix. Vous pouvez en savoir plus dans nos nombreux articles de blog sur ces questions.”

Au moment où cet article est rédigé, le site de la nouvelle coallition, baptisée Open Cloud Coalition, est déjà en ligne et il inclut la liste des membres, dont Google.

Un problème réglé pour d’autres entreprises

Notons que Microsoft a déjà fait l’objet d’une autre plainte déposée par un groupe d’acteurs européen, à cause de ce problème de licence. Cependant, ces entreprises ont retiré leur plainte, suite à un accord avec la firme de Redmond. “Cette collaboration permettra aux fournisseurs de Cloud européens de proposer des applications et services Microsoft sur leurs infrastructures cloud locales, répondant ainsi à la demande de solutions cloud souveraines […]”, lit-on dans le communiqué de presse qui a annoncé cet accord.

Mais le problème est que l’accord ne concerne qu’un groupe d’entreprises européennes, mais pas les géants, tels que Google, Amazon ou encore AliCloud. Cependant, cette différence de traitement serait justifiée, pour Microsoft. “Il était logique à l’époque – et cela continue de l’être – que nous n’effectuions pas les mêmes changements pour les fournisseurs hyperscale comme Google et Amazon, dont la situation sur le marché est très différente”, a expliqué Rima Alaily dans son billet de blog.

Deux points de vue différents

Le point de vue de Microsoft sur le sujet des licnces est le suivant :Lorsqu’un service de streaming, comme Netflix ou Disney, inclut un film dans son service, il paie pour ce droit. Ils ne bénéficient ni de crédit ni de réduction si un abonné possède un DVD du même film. Les logiciels et le cloud ne sont pas différents.”

Mais Google voit les choses autrement. Dans l’annonce de sa plainte, au mois de septembre, Google a expliqué : Lorsque les entreprises et les gouvernements payaient initialement pour les licences Windows Server, ils avaient le droit de les exécuter sur n’importe quel matériel de leur choix – et ils l’ont fait pendant de nombreuses années sur des machines de HP, Dell, Lenovo et autres. Cependant, à mesure que le cloud computing prenait son essor et promettait d’apporter de nouveaux avantages aux entreprises européennes, les clients souhaitaient déplacer leurs licences précédemment achetées vers d’autres fournisseurs de cloud, et dans certains cas vers plusieurs cloud, pour offrir une résilience et une sécurité supplémentaires. Initialement, Microsoft leur avait permis de le faire. Mais alors qu’Azure faisait face à une concurrence accrue, Microsoft a introduit de nouvelles règles qui limitaient considérablement le choix des clients.”

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