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Le très élaboré montage financier de Shein pour payer des impôts dérisoires en France

Le géant de l’e-commerce dispose d’une stratégie fiscale bien léchée.

Shein, le géant chinois de la fast fashion, est à nouveau pointé du doigt. Cette fois, ce ne sont pas des allégations concernant son impact environnemental ou ses conditions de travail, mais ses pratiques fiscales qui sont dénoncées.

France, Irlande, Singapour, îles Caïman

Selon une enquête de l’Informé, l’entreprise a mis au point une stratégie d’optimisation fiscale frôlant avec la légalité afin de payer un montant minime d’impôts au sein de l’Hexagone. Un choix concluant : en 2023, sa filiale française n’aurait versé que 273 000 euros en ayant déclaré un chiffre d’affaires de 9,9 millions d’euros. Si l’on prend en compte ses ventes, celui-ci est pourtant estimé entre 1,1 et 1,6 milliards d’euros.

Car en réalité, la structure tricolore de Shein n’emploie qu’une vingtaine de personnes et ses revenus ne sont pas issus des ventes sur le territoire français, mais de prestations marketing pour sa maison mère en Irlande. Pour rappel, les géants technologiques ont pour habitude d’implanter leur siège social dans le pays, où la politique fiscale est bien plus avantageuse. Le taux d’impôt appliqué aux bénéfices y est de 12,5 %, contre 25 % en France.

Les revenus générés par les applications de Shein en France sont facturés en Irlande, via une entreprise baptisée Infinite Styles Commerce. Et cette dernière joue un rôle central dans le montage. Ses bénéfices seraient transférés vers une holding à Singapour où ils sont imposés à 17 %.

Pire encore, ils seraient par la suite transférés jusqu’à la société mère Elite Depot Ltd, stratégiquement installée aux îles Caïman, paradis fiscal très réputé. Ceci explique cela ; en 2023, Infinite Styles Commerce a généré un chiffre d’affaires de 7,7 milliards d’euros avec une marge étrangement faible, située à 1,6 %

Shein pret a porter ecologie
© Presse-citron

Shein nie toute pratique illégale

Dans un droit de réponse partagé à nos confrères de Clubic, le géant de l’e-commerce nie toute pratique illégale. « Nos activités en France sont entièrement en règle avec la législation fiscale, et nous nous acquittons de l’ensemble des taxes et impôts dus au gouvernement français, y compris la TVA, aussi bien pour nos opérations sur le territoire que pour nos ventes sur le marché français », indique-t-elle, précisant que « l’impôt est payé conformément aux réglementations des différentes juridictions où Shein opère. Il est donc erroné d’évaluer la contribution fiscale de Shein en France en se limitant aux comptes d’une seule entité locale, sans prendre en compte les paiements de taxes sur les ventes transfrontalières et autres obligations fiscales internationales ».

Ce n’est pas la première fois que Shein se retrouve au cœur d’une polémique. D’ailleurs, la société, ainsi que sa rivale chinoise Temu, est directement ciblée par une loi française contre la fast fashion.

  • Shein aurait élaboré un plan d’optimisation fiscale pointu pour ne pas payer beaucoup d’impôts en France.
  • Il inclut des filiales de la société situées en Irlande, à Singapour et au îles Caïman.
  • Dans un droit de réponse, Shein nie toute pratique illégale.

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Par : Opera