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L’État tenté de vous prendre votre épargne pour combler sa dette : peut-il vraiment le faire ?

L’épargne record aiguise les convoitises de nos dirigeants.

6430 milliards d’euros. C’est le montant total du patrimoine financier des Français selon les derniers chiffres publiés par la Banque de France pour le premier semestre 2025. Dans le détail, le taux d’épargne de nos compatriotes s’élève ainsi à 18,9 % de leur revenu disponible au deuxième trimestre de cette année, selon l’Insee, soit le niveau le plus haut depuis les années 70.

Alors que les parlementaires débattent actuellement du projet de budget 2026, ce magot donne des idées à certains. Pourrait-on le fiscaliser davantage pour trouver des marges de financement ? La question fait son chemin.

À quoi sert l’épargne ?

Avant d’aller plus loin, il est en tout cas important de rappeler la répartition de ces 6430 milliards. BFM indique à cet égard que les Français possèdent 2084 milliards d’euros d’encours sur des contrats d’assurance vie. De même, le livret A et le Livret de développement durable et solidaire, dont les montants sont plafonnés, totalisent 606,8 milliards d’euros. Enfin 2.465 milliards d’euros sont déposés sur des placements plus risqués : actions cotées, cryptos…

Ces produits servent à financer l’économie. Il en va ainsi de l’assurance vie qui finance des titres d’entreprises (63 % des encours), tandis que les obligations d’État pèsent pour 24 % du total. Quant aux livrets d’épargne, 60 % des montants déposés sont utilisés par la Caisse des dépôts. Cette dernière les utilise à moitié pour financer le logement social et la politique de la ville, alors que les 50 % restants sont investis dans des titres de dette (souvent d’État).

Des projets de taxation de l’épargne

On l’aura compris, une grande partie de cet argent ne dort pas, mais il est constamment utilisé pour financer l’économie ou des services utiles à la collectivité. Revenons maintenant aux débats budgétaires en cours au Parlement. Plusieurs dispositions budgétaires visent directement l’épargne des Français.

Les députés ont notamment visé les revenus du capital (dividendes, épargne salariale, assurance vie) à travers une hausse de la contribution sociale généralisée (CSG). Cette dernière pourrait rapporter 2,8 milliards d’euros en 2026, précisent nos confrères.

De même, un nouvel “impôt sur la fortune improductive” (IFI) touchant les patrimoines de plus de 1,3 million d’euros a été adopté. Dans le calcul de l’assiette, les parlementaires incluent désormais les assurances vie qui n’étaient jusque-là pas concernées. Cette initiative n’a d’ailleurs pas plu aux professionnels du secteur qui l’ont beaucoup critiqué.

En clair, l’idée de puiser dans l’épargne des Français n’est désormais plus taboue, même si ces mesures visent principalement les plus fortunés. Quoi qu’il en soit, ces taxations ne sont pas encore adoptées et elles pourraient encore évoluer d’ici la fin du débat budgétaire.

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