Successeur du légendaire B-2 Spirit, le B-21 Raider est un bombardier de sixième génération, présenté comme la pièce maîtresse de la puissance aérienne américaine pour les décennies à venir. Furtivité de pointe, capacité à pénétrer les défenses les plus sophistiquées, autonomie longue distance : le Pentagone a investi massivement dans ce programme, avec 4,5 milliards de dollars supplémentaires récemment débloqués pour accélérer sa production par Northrop Grumman.
L’objectif est une entrée en service opérationnel d’ici à 2027, le Raider effectuant encore ses vols d’essai. Mais Washington le présente déjà comme un outil de dissuasion stratégique de premier ordre.
Sauf que la Chine vient troubler la fête. Des chercheurs du Centre de recherche et développement en aérodynamique affirment en effet avoir développé un logiciel de simulation aérospatiale baptisé PADJ-X, détaillé dans une étude publiée dans la revue scientifique Acta Aeronautica et Astronautica Sinica. Et pour démontrer les capacités de leur outil, ils l’ont appliqué à une configuration théorique inspirée du B-21. Résultat : des limitations aérodynamiques et de stabilité auraient été identifiées sur l’appareil.

Que dit la Chine ?
Le logiciel PADJ-X repose sur une technologie dite d’optimisation adjointe, capable d’ajuster simultanément des milliers de paramètres de conception. En intégrant cinq disciplines (aérodynamique, propulsion, signature électromagnétique, signature infrarouge et bang sonique), les chercheurs affirment avoir simulé des améliorations significatives sur la forme du Raider. De même, en appliquant 288 paramètres, ils rapportent une augmentation de 15 % du ratio portance/traînée et une meilleure stabilité longitudinale. En clair, le B-21 serait sous-optimisé, et la Chine dit savoir comment le corriger.
Les États-Unis, eux, tempèrent. Un ancien officier de l’US Air Force, qui a analysé ces affirmations, balaie d’un revers de main leur crédibilité. Car d’une part, les chercheurs chinois reconnaissent eux-mêmes avoir travaillé sur des formes publiquement inférées, et non sur des données classifiées réelles. De l’autre, ce type de déclaration s’inscrit dans un schéma répété : Pékin a déjà prétendu pouvoir traquer le F-35 par infrarouge à plus de 1 800 kilomètres, ou intercepter des signaux de B-2 au-dessus de l’Iran. Aucune de ces affirmations n’a été vérifiée de façon indépendante.
Difficile, dans ce contexte, de démêler le vrai du faux. La Chine qui reste en retrait du conflit en cours au Moyen-Orient, semble décidée à déstabiliser sa rivale alors que l’enjeu de Taïwan demeure. Car au-delà des conflits armés, c’est aussi une guerre de l’information qui se joue.
- Le B-21 Raider, fleuron du programme de bombardiers furtifs américains, serait affecté par des failles aérodynamiques selon des chercheurs chinois.
- Ces conclusions, basées sur des données publiques et non classifiées, sont jugées peu crédibles par d’anciens officiers américains.
- Mais dans un contexte de tensions, la Chine a tout intérêt à alimenter le doute, qu’il soit soit fondé ou non.
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