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Des drones kamikazes ont pour la première fois été utilisés par les États-Unis lors des frappes sur l’Iran

L’artillerie américaine s’est inspirée des Shahed-136 iraniens, tristement connus en Europe pour être utilisés par l’Armée russe en Ukraine. Après avoir développé son modèle maison, les États-Unis ont lancé leurs premiers exemplaires de drones kamikazes lors de frappes sur l’Iran coordonnées avec Israël, le 28 février.

Les États-Unis ont frappé l’Iran samedi 28 février au matin, dans le but, notamment, de viser le Guide suprême de la révolution islamique, Ali Khamenei, ainsi que plusieurs autres figures importantes du pouvoir en place depuis 36 ans. Lors de l’opération baptisée « Epic Fury » par le ministère de la Défense, et coordonnée avec Israël, les États-Unis ont lancé des drones kamikazes. Une grande première pour la plus grande puissance militaire au monde, avec un modèle d’aéronef inspiré par le Shahed-136 iranien, connu pour être utilisé par la Russie sur le front ukrainien.

Il y a trois mois, en décembre 2025, le CENTCOM réalisait les premiers essais officiels de ce drone baptisé LUCAS, pour « Low-Cost Unmanned Combat Attack System ». Même si chaque unité coûte 35 000 dollars, l’Armée américaine fait de grandes économies avec ce genre d’engins, alors que des missiles coûtent plusieurs centaines de milliers de dollars en comparaison. D’autres modèles de drones, disposant de munitions, coûtent plusieurs dizaines de millions de dollars, à l’instar du Reaper, construit par General Atomics Aeronautical Systems pour le compte de l’US Air Force.

Drone Kamikaze Etats Unis Lucas 2026
© CENTCOM

LUCAS, un drone autonome développé par SpektreWorks

Le modèle utilisé par les États-Unis est produit par SpektreWorks, une société basée en Arizona et qui fabrique ses nouveaux drones localement. Mais derrière leur design proche du modèle iranien, ils en récupèrent aussi les mêmes technologies. D’où la capacité américaine de rendre opérationnelle sa nouvelle dans un temps aussi réduit. Selon le CENTCOM, ces drones sont toutefois autonomes, et ne nécessitent aucune intervention humaine dans leur pilotage. Pour les faire décoller, ils peuvent à la fois être montés sur des catapultes ou à partir de système de décollage assisté par fusée.

Avec son déploiement massif sur ordre du président Donald Trump, construit au cours de ces deux derniers mois au Moyen-Orient, l’Armée américaine n’a pas compté que sur ses nouveaux drones kamikazes pour mener ses frappes. À l’aube du samedi 28 février, plusieurs dizaines de missiles de croisière Tomahawk avaient été filmés survolant l’Iraq, en direction de l’Iran. Avec leur portée de 1600 kilomètres, ce sont surtout ces derniers qui ont aussi contribué à l’assassinat d’Ali Khamenei dans sa résidence, détruisant entièrement le bâtiment sans faire de dégâts collatéraux, grâce à une précision au mètre près. Les missiles Tomahawk sont produits par la société RTX et son unité Raytheon basée dans le Massachusetts.

Airbus Satellite Residence Teheran Ali Khamenei Bombardement
La résidence d’Ali Khamenei, après les frappes américaines et israéliennes, samedi 28 février 2026. © Airbus

En guise de représailles, Téhéran a envoyé plusieurs centaines de drones de type Shahed-136 sur plusieurs pays alliés des États-Unis, et notamment à Dubai et Abu Dhabi aux Émirats arabes unis, plus tard dans la journée. Au total, selon un décompte datant du dimanche 1er mars au matin, onze territoires ont été visés, incluant également l’Europe avec Chypre. Bien au-delà d’Israël, les UAE ont enregistré plus de 270 drones kamikazes, dont plusieurs n’ont pas pu être déjoués par les systèmes de défense. L’un d’eux s’est écrasé sur une tour résidentielle avant que les images ne fassent le tour du monde. En 80 ans, Dubaï n’avait jamais été directement touché par la guerre.

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