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Pourquoi produire des puces en France ? “C’est le pétrole du 21e siècle” dit l’Allemagne

L’Allemagne investit massivement dans la production de puces électroniques.

  • L’Allemagne multiplie les ouvertures d’usines de semi-conducteurs
  • Le pays n’hésite pas à sortir le carnet de chèques, et les subventions s’envolent
  • La France reste pour l’heure un peu en retrait sur ce dossier et s’oriente plutôt vers la production de batteries automobiles

« C’est le pétrole du XXIe siècle ». C’est ainsi que le chancelier allemand, Olaf Scholz, a qualifié les puces électroniques à l’occasion de l’inauguration de l’usine Infineon à Dresde début mai. Le dirigeant insiste pour que son pays monte en puissance et sorte de sa dépendance vis à vis de Taïwan et de son célèbre fabriquant TSMC.

Et pour cause, les semi-conducteurs sont essentiels au fonctionnement des éoliennes, panneaux solaires, et autres pompes à chaleur, alors que l’Allemagne veut tirer 80 % de son électricité à base d’énergies renouvelables d’ici 2030.

La France mise sur les batteries électriques

Le gouvernement n’hésite donc pas à sortir le carnet de chèque. Ainsi, un milliard d’euros de subventions ont été accordés au projet d’Infineon. De son côté, Intel va empocher 6,8 milliards d’euros d’aide pour sa nouvelle usine à Magdebourg. La firme américaine joue même avec les nerfs des pouvoirs publics en faisant monter les enchères, et réclame désormais 10 milliards d’euros.

Cette stratégie ne fait d’ailleurs pas l’unanimité outre-Rhin. Cité par le Financial Times, Clemens Fuest, directeur de l’Ifo, un institut de recherche économique, constate ainsi que cet investissement représente : « 1 million d’euros de subventions publiques pour chaque nouvel emploi créé, juste pour améliorer un peu notre sécurité d’approvisionnement ». Et si tout fonctionne comme prévu, la dépendance sera toujours là, et le pays devra encore importer 80 % de ses semi-conducteurs.

Alors que nos voisins sont extrêmement actifs sur ce dossier, la France reste plutôt en retrait. Nous vous parlions toutefois l’été dernier de cette nouvelle usine de puces électroniques qui va ouvrir à Crolles près de Grenoble.

Les fabricants GlobalFoundries et STMicroelectronics investissent 5,7 milliards d’euros dans cette initiative qui s’inscrit dans le cadre du plan européen « Chips Act ». Ce dernier vise à porter la capacité de production des semi-conducteurs sur le vieux continent à 20 % de la capacité mondiale d’ici 2030.

Mais la France tente plutôt de se spécialiser dans la production de batteries pour voitures électriques. C’est surtout frappant dans les Hauts-de-France près de Dunkerque où après les annonces de ACC, Envirion et de Verkor, deux nouvelles sociétés ont confirmé leur investissement avec la construction d’une usine à la clé.

La “vallée de la batterie” va ainsi compter cinq centres de production et pourrait très bientôt se trouve en position de leader sur le marché européen. En tout, près de 4700 emplois devraient être créés et plusieurs milliards d’euros seront investis.

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