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Chips Act : êtes-vous prêt à payer plus cher pour des produits tech “made in Europe” ?

L’Europe vient de valider le « Chips Act », un texte visant à développer l’industrie des semi-conducteurs sur le Vieux continent. Selon une étude Ipsos, les Français sont particulièrement enthousiastes.

  • Les pays de l’UE ont conclu un accord pour développer leur propre production de semi-conducteurs
  • L’objectif est de réduire la dépendance vis-à-vis des fournisseurs asiatiques, qui dominent le marché mondial
  • Les Français se disent prêts à payer plus cher pour des produits tech made in Europe

« L’Europe prend son destin en main ». Voilà les mots prononcés par Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieur, suite à l’adoption du « Chips Act ».

Ce texte vise à développer l’industrie des semi-conducteurs en Europe afin de réduire sa dépendance envers l’Asie. « En maîtrisant les semi-conducteurs les plus avancés, l’UE deviendra une puissance industrielle sur les marchés du futur » a expliqué Thierry Breton.

L’UE compte atteindre 20% du marché mondial d’ici 2030 (deux fois plus qu’actuellement) en investissant 43 milliards d’euros. L’objectif est de se détacher de l’industrie asiatique dont la dépendance a montré ses limites ces dernières années.

Entre crise Covid et tensions géopolitiques autour de la Chine, il est urgent de produire en Europe ces composants indispensables au bon fonctionnement des produits électroniques mais aussi (et surtout) aux véhicules de demain. L’industrie automobile a été l’un des secteurs les plus touchés par la pénurie de semi-conducteurs, engendrant des délais de livraisons extrêmement longs et une importante hausse des prix.

Les Français prêts à payer plus cher

Selon une étude d’Ipsos commandée par Intel, 82% des Français ne savent pas ce qu’est un semi-conducteur, mais 72% savent que la production est localisée en Asie.

Alors que la politique industrielle de l’Union européenne visant à relocaliser la production de semi-conducteurs sur le territoire européen est mal connue, 45% des répondants estiment que l’Europe a une carte à jouer dans ce secteur qui aura un impact positif pour l’économie européenne.

77% estiment qu’une production en Europe donnera davantage de garanties quant aux conditions de travail des salariés, et 79% pensent que ce plan aura un impact positif sur la formation des Européens en ingénierie de pointe.

Malgré l’inflation actuelle et la période d’inquiétude quant au pouvoir d’achat, les Français interrogés se disent même prêts à payer plus cher pour des produits électroniques incluant des composants produits en France ou en Europe.

La majorité des répondants achèteraient des produits contenant des semi-conducteurs d’origine française (61% des premiers choix) et allemande (42% des seconds choix).

Toutefois, ces belles intentions ne doivent pas être prises au mot a commenté Anselme Laubier, Research Manager chez Ipsos. “Attention aux limites de ces intentions : dans leurs actes, les consommateurs peuvent avoir un comportement très différent, en particulier lorsqu’il s’agit des biens techniques”, a-t-elle expliqué. Et d’ajouter :

Pendant plus de vingt ans, ils ont été éduqués par les enseignes et les fabricants autours d’un discours construit sur trois piliers : caractéristiques techniques, prix et marque. La nouvelle approche souhaitée par les Français, vertueuse et durable, doit s’accompagner d’un marketing repensé et d’une pression moins forte sur le rééquipement et les nouveaux usages.

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2 commentaires
2 commentaires
    1. Les conditions de travail ne sont pas les mêmes en europe qu’en chine, donc il est normal d’avoir des coûts supplémentaires et donc un prix plus chère a la fin…

Les commentaires sont fermés.