Faut-il encore présenter Francis Ford Coppola ? Détenteur de deux Palmes d’Or (pour Apocalypse Now et Conversation secrète) et d’une flopée de statuettes dorées (Oscars pour Patton, Le Parrain, Le Parrain, 2e partie et Golden Globes pour Le Parrain notamment), Francis Ford Coppola est un monstre du cinéma.
Depuis Twixt en 2011, le cinéaste s’est fait relativement discret. Au plus grand dam des cinéphiles, bien entendu. Mais 2024 est son année. Francis Ford Coppola est de retour avec un film qu’il rêvait de faire depuis des décennies : Megalopolis.
Le réalisateur a investi une partie de sa fortune personnelle pour nous offrir cette fable dystopique qui se promet électrisante. Tous les ingrédients semblent réunis pour marquer les esprits. Mais qu’en est-il vraiment ? On a vu Megalopolis de Francis Ford Coppola, et on est toujours circonspect.
Ambitieux, mais…
Il aura fallu que Francis Ford Coppola se montre extrêmement patient pour nous offrir Megalopolis. Ce long métrage, cela fait plusieurs décennies que le cinéaste en rêve ! Mais il lui aura fallu attendre avant de pouvoir le concrétiser. Après plusieurs échecs et autres murs sur sa route, le réalisateur a carrément vendu une partie de son domaine viticole et risque l’endettement pour avoir donné vie à ce projet de longue date. Le budget de Megalopolis est estimé à 120 millions de dollars, une somme plutôt conséquente pour un film comme celui-ci.
Ce nouveau film de Francis Ford Coppola veut sortir des sentiers battus. Megalopolis nous donne rendez-vous dans un New York futuriste renommé New Rome. L’inspiration de l’Empire romain est loin d’être subtile. C’est le moins qu’on puisse dire. César Catilina est un architecte ambitieux et talentueux qui rêve de faire de New Rome une utopie. Après un cataclysme, il désire rebâtir la ville grâce à un matériau de construction indestructible. Mais il se heurte à un maire régressif et corrompu, attaché aux valeurs traditionnelles et qui a d’autres projets pour New Rome.
Voilà pour le synopsis de Megalopolis. Vous vous en doutez, le long métrage est parsemé de péripéties et autres intrigues et sous-intrigues. Julia Cicero, la fille du maire, va tomber sous le charme de l’architecte et rejoindra son équipe, et son lit.
Si vous voulez du kitsch, vous allez être servi. Megalopolis baigne dans une ambiance rétrofuturiste et digne de certaines séries désuètes comme on les aime avec des décors qui se veulent résolument criards. L’opulence est omniprésente dans ce New York revisité et les costumes sont d’une beauté éclatante.
Le problème avec Megalopolis, c’est que Francis Ford Coppola est sur ce projet depuis des décennies. Refusant de faire un film trop long, le cinéaste a donc choisi de tout mettre en seulement deux heures. C’est louable de sa part, mais cela donne un film lourd, peu compréhensible, parfois trop lent, parfois trop rapide et profondément confus. À la fin de la séance, il est difficile de ne pas se sentir déconcerté. Comme si on sortait d’un rêve fiévreux.
Ainsi, Francis Ford Coppola n’a voulu faire aucun choix, nous offrant un film brouillon. C’est particulièrement dommage car Megalopolis profite de plusieurs bonnes idées (malgré certaines vraiment mauvaises). Il aurait été pertinent d’évincer les parties futiles pour se concentrer sur celles qui apportent réellement quelque chose. Quant aux acteurs, ils sont exceptionnels. Adam Driver et Aubrey Plaza sortent du lot avec des prestations magistrales. Ce qui vient nous sauver de dialogues pompeux.
Alors oui, Megalopolis est un film ambitieux. Mais ce n’est pas parce qu’un projet est audacieux et démesuré qu’il est bon. Toujours est-il que le nouveau film de Francis Ford Coppola devrait marquer les spectateurs dans les salles obscures. Pour le meilleur comme pour le pire. Et on imagine que c’est déjà pas mal…
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