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Le Ricard est proche de ne plus être français : une fusion avec le propriétaire américain de Jack Daniel’s écarterait grandement la famille derrière Pernod

Le Ricard bientôt américain ? Pernod Ricard, deuxième producteur mondial de spiritueux, confirme être en discussions pour fusionner avec Brown-Forman, le propriétaire de Jack Daniel’s. Une union XXL qui reflète l’état de crise d’un secteur sous pression.

Pernod Ricard et Brown-Forman ont confirmé être en discussions en vue d’une fusion « entre égaux ». Une opération qui pourrait remodeler l’industrie mondiale des spiritueux, ces alcools obtenus par distillation, comme le whisky, la vodka ou le gin. Car, pour faire simple, le géant français se mêlerait à l’un des plus puissants groupes américains du secteur.

Brown-Forman, fondé en 1870 à Louisville, dans le Kentucky, est surtout connu pour être le propriétaire de Jack Daniel’s depuis 1956. Son portefeuille comprend également Woodford Reserve, Herradura et Old Forester, des marques qui font de lui un acteur incontournable du whisky américain et du bourbon. Le groupe pèse environ 12 milliards de dollars en capitalisation boursière.

En face, Pernod Ricard est le deuxième producteur mondial de spiritueux. Né de l’association des familles Pernod et Ricard en 1975, le groupe est aujourd’hui présent dans plus de 160 pays. Et son portefeuille est gigantesque, avec plus de 200 marques à son actif : Absolut Vodka, Jameson, Chivas Regal, Beefeater, Malibu… Et bien sûr, le Ricard, boisson anisée emblématique, symbole de l’apéritif à la française.

Or, si la fusion aboutit, ce fleuron tricolore intégrerait un ensemble à capital mixte, franco-américain, où les deux familles fondatrices conserveraient des participations significatives, mais sans domination exclusive.

Jack Daniels
© Almos Bechtold / Unsplash

Un secteur à bout de souffle qui mise sur les synergies

Ce rapprochement n’est pas surprenant, les deux groupes évoluant dans un secteur sérieusement fragilisé. La consommation d’alcool recule dans les marchés clés, sous l’effet conjugué de plusieurs facteurs : la santé, l’essor des boissons au cannabis, la popularité croissante des médicaments GLP-1 coupe-faim, et des consommateurs plus précautionneux vis-à-vis de leurs dépenses. Aux États-Unis, seulement 54 % des adultes déclarent encore boire de l’alcool – un plus bas historique.

La situation est critique. Pernod Ricard a vu ses ventes chuter de près de 15 % au premier semestre de son exercice fiscal, à 5,2 milliards d’euros. Brown-Forman, de son côté, a enregistré un recul de 2 % de son chiffre d’affaires sur neuf mois. Bien sûr, les droits de douane imposés par Trump n’arrangent rien.

Dans ce contexte, les deux groupes espèrent que leur complémentarité jouera en leur faveur. Brown-Forman apporte une expertise solide en whisky américain et bourbon, là où Pernod est peu présent. Le fleuron français, lui, offre une empreinte géographique massive et des marques diversifiées sur tous les segments. Ensemble, ils pourraient réduire leurs coûts fixes et mieux résister aux turbulences.

Reste à savoir si ces synergies suffiront vraiment à renverser la tendance. La filière toute entière cherche encore à sortir de la crise et une fusion, aussi stratégique soit-elle, ne pourra pas à elle seule effacer les ventes contraires.

  • Pernod Ricard et Brown-Forman ont confirmé être en discussions pour une fusion « entre égaux » qui créerait un géant mondial des spiritueux.
  • Le rapprochement intervient dans un contexte difficile, la consommation d’alcool étant drastiquement en baisse.
  • Les deux groupes misent sur leurs complémentarités pour réduire leurs coûts.

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