C’est lors de notre couverture des Championnats du monde de Pokémon 2025 à Anaheim que nous avons eu la chance de rencontrer Maïwenn et son père. En novembre 2019, alors âgée de 9 ans elle découvre le JCC Pokémon par hasard. Six ans plus tard, cette jeune Rennaise participe aux championnats du monde et inspire toute une génération de joueurs. Son parcours illustre parfaitement comment Pokémon peut devenir un véritable levier de développement personnel et professionnel.

Une découverte qui change tout
Tout commence par l’envie d’adhérer à un club. Maïwenn, alors âgée de 9 ans, peine à trouver sa place dans les activités sportives traditionnelles. « Elle avait du mal à socialiser dans d’autres sports, on a essayé différents clubs », raconte son père. La solution vient d’elle-même : « Moi, j’aime bien les cartes Pokémon. »
Cette phrase innocente lance une aventure familiale plus qu’inattendue. Les parents, initialement sceptiques, découvrent l’existence d’événement à la boutique « À l’Arrière-Cour » de Rennes. « Pour nous, c’était un mystère. Comme la majorité des gens, quand on pense Pokémon, c’est collection de cartes. Là, on s’est aperçu que ça pouvait être un jeu. »
Le déclic arrive lors du premier tournoi. Cette enfant introvertie se métamorphose : « Elle s’est mise à parler avec les gens alors qu’elle était complètement fermée. » Le père de Maïwenn comprend immédiatement l’enjeu : « Du coup, on s’est dit bon, je pense qu’il va falloir qu’on la suive. »
Puis arrive le confinement…
Mars 2020 bouleverse tout. Le confinement interrompt brutalement cette nouvelle passion naissante. « Ça l’a plombée ». The Pokémon Company lance alors des événements en ligne, précurseurs de l’actuel TCG (Trading Card Game) Live. Ces compétitions virtuelles maintiennent le lien : « Elle a gagné des displays grâce à ça, ça lui a tenu un petit peu le fil. »
Heureusement dès mai-juin 2020, les tournois locaux non officiels reprennent. L’écosystème rennais, fragilisé par la crise, frôle la disparition : « Je me souviens d’un tournoi où il n’y avait qu’Elliot et Maïwenn. Pokémon à Rennes a failli disparaître. »
Le rebond arrive avec le nouveau bureau de l’association locale PokéBreizhTrainers. Aujourd’hui, le succès dépasse toutes les attentes : « Maintenant, quand le message drop sur le Discord, le tournoi est plein, tu ne peux même plus t’inscrire ! »
De Rennes aux États-Unis : l’ascension internationale

Avril 2021 marque un véritable tournant pour Maïwenn. Lille accueille son premier « gros tournoi régional ». Pour cette famille qui « n’était jamais sortie de France », c’est le début du tour du monde. « Quand j’entends régional et qu’on me dit qu’il faut aller à Lille… On n’avait jamais pris le train. » S’ensuit l’Allemagne, l’Espagne et l’Angleterre et plus récemment, les États-Unis…
Aujourd’hui, Maïwenn participe à 7-8 régionaux par an, plus les championnats internationaux en cas de qualification. « Elle enchaîne tous les weekends. Elle peut faire challenge le matin, challenge l’après-midi… »
L’écosystème Pokémon : un modèle de bienveillance

La communauté Pokémon semble cultiver un accueil exceptionnel. « Honnêtement, je trouve que la communauté Pokémon est vachement accueillante, surtout celle de Rennes », témoigne Maïwenn. « Ils te proposent des docks, de l’aide… Ils ne vont pas te dire c’est nul, arrête de jouer. » Faisant actuellement partie de la catégorie Senior du JCC (les joueurs ayant entre 13 à 16 ans), les enfants sont systématiquement accompagnés de leurs tuteurs légaux. Le père de Maïwenn met en avant l’accueil de la communauté dans la bonne ambiance, que ce soit chez les joueurs que chez leurs parents.
Comment Maïwenn est arrivée à un tel niveau en si peu de temps ?
La préparation de Maïwenn révèle une approche stratégique mature. « D’abord, c’est le choix de deck. Moi, personnellement, je prends un deck qui me fait plaisir à jouer. Après, je regarde les autres docks et comment je peux me débrouiller pour les contrer. »
L’entraînement nécessite des sacrifices calculés. « Généralement, avant les gros événements, je sacrifie même les challenges locaux pour tester. » Sa philosophie reflète une maturité remarquable : « Mon conseil aux enfants qui veulent faire de la compétition : ne pas chercher à gagner tout le temps, mais perfectionner tranquillement. »
Une passion qui a tout de même un coût

Les performances de Maïwenn débloquent réguliérement des « stipends » (bourses Pokémon) de 1000 dollars. Cela permet de financer directement les championnats internationaux d’Europe.
Des bourses qui ne sont pas forcément suffisantes devant les frais nécessaires pour se rendre à certaines compétitions. J’ai ainsi été triste d’apprendre que, malgré sa qualification aux Worlds : « l’année dernière, on n’a pas pu aller aux Championnats du monde à Hawaï parce qu’on n’avait pas un budget suffisant ». Une histoire qui connait une fin heureuse puisque le père de Maïwenn lui a promis de l’emmener aux Worlds d’Anaheim en cas de qualification : « Comme on avait pré-budgétisé, ça nous a libéré le financement pour cette année. »
L’optimisation des coûts passe aussi par la mutualisation et la solidarité de cette petite équipe de joueurs à Rennes : « Déplacements avec d’autres familles, covoiturages… On minimise les dépenses, mais on a vraiment pris les devants. »
Pokémon, synonyme de développement personnel spectaculaire

L’impact sur la scolarité de la championne dépasse toutes les attentes. « Les résultats scolaires de Maïwenn se sont améliorés d’une force inimaginable », explique son père. En 2019, les remarques fusaient : « Ne parle pas, ne participe pas. » Deux ans plus tard, la transformation sidère : « Entre 2019 et 2021, c’était le jour et la nuit ! Les maîtresses ont dit « il y a quelque chose qui s’est passé. » »
Cette métamorphose dépasse aussi le cadre scolaire : « La communauté a réussi à la faire sortir de sa coquille, et ça s’est répercuté partout : à la maison, à l’école… » Le JCC Pokémon aidera Maïwenn dans chaque aspect de sa vie.
L’apprentissage de l’anglais illustre parfaitement ces bénéfices. « Au début, j’aimais bien, mais sans plus. À force de parler anglais avec d’autres joueurs, maintenant je peux discuter avec des joueurs internationaux. J’ai acheté des cartes en anglais parce que c’était moins cher, du coup j’ai appris à lire toutes les cartes en anglais. »
Des perspectives prometteuses

Devant une telle influence positive du monde de Pokémon sur Maïwenn m’est venue l’idée de lui demander si le JCC allait intervenir dans ses choix de carrière. « Pokémon m’a apporté des connaissances que je ne pensais jamais avoir, comme parler anglais. Ça m’a ouvert des portes sur des métiers où l’anglais est nécessaire. Avec Hanouka (une de ses amies rencontrées autour du JCC), on aimerait bien être jugés dans les tournois majeurs plus tard, pour se voir et faire ce qu’on aime. » Pokémon est aussi moteur de créativité pour la jeune championne : « J’aime aussi le dessin, et Pokémon m’a donné envie de créer des cartes. Je dessine des cartes Pokémon à la maison. »
Une reconnaissance grandissante
Le succès de Maïwenn génère une notoriété inattendue. « Ce qui est drôle, c’est qu’on ne s’est pas rendu compte de l’évolution », observe son père. Les invitations se multiplient : « D’un coup, on reçoit des messages privés, des invitations… Une gérante de ligue près de Niort nous a invités pour faire une cup. »
Cette reconnaissance illustre la dimension communautaire du JCC Pokémon : « La communauté est grande, mais petite en même temps. Tout se sait, tout s’entend. » Maïwenn rejoint désormais le cercle des joueurs reconnus : « Quand un top player vient en Bretagne, tout le monde le sait, et maintenant Maïwenn aussi est reconnue. »
De petite fille timide à championne internationale, le parcours de Maïwenn a de quoi inspirer les dresseurs en herbe. Pour cette famille rennaise qui « pensait jamais qu’on emmènerait une petite demoiselle timide et qu’on se retrouverait aux États-Unis six ans après », l’aventure Pokémon ne fait que commencer.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.