Une caméra bien pensée sauf pour aller dans l’eau
L’Osmo 360 prend la forme d’un parallélépipède compact de 61 x 83 x 47 mm pesant 183 grammes. Le boîtier héberge très classiquement deux objectifs (un sur chaque face principale), un écran tactile et quelques touches mécaniques. L’ensemble bénéficie d’une excellente qualité de construction et de la certification IP68, permettant une utilisation jusqu’à dix mètres de profondeur sans boîtier étanche.
Paradoxalement, DJI déconseille l’usage sous-marin prolongé en raison de problèmes potentiels d’assemblage des images car l’eau dévie la lumière différemment que dans l’air, ce qui peut perturber l’algorithme de stitching. Une limite surprenante pour un appareil dédié à l’action et à l’outdoor. Gageons que DJI trouvera rapidement la parade logicielle à cet inconvénient que ne rencontrent pas ses concurrents.
L’un des points forts de l’Osmo 360 est son intégration à l’écosystème DJI. Elle est ainsi compatible avec les batteries des caméras Osmo Action et de leurs accessoires. Le système de fixation magnétique rapide s’adapte à tous les supports de la série Action, ce qui facilite grandement les modifications de configuration. On ne saurait trop encourager DJI d’en faire de même avec ses drones…
Cette compatibilité s’étend à l’audio : OsmoAudio permet de connecter directement deux microphones DJI Mic 2 ou Mini sans récepteur intermédiaire. Cette approche, pour l’instant unique sur le marché, garantit une qualité sonore native en utilisant du matériel déjà en sa possession. Last but not least, l’Osmo 360 utilise l’app maison DJI Mimo, qui pilote toutes les caméras grand public du constructeur. Pas besoin donc de se familiariser avec une interface inconnue, ce qu’on ne peut qu’apprécier.
Capteurs au carré
DJI s’est creusé la tête afin de se différencier de la concurrence et le résultat s’avère assez étonnant. Au lieu d’opter pour des capteurs rectangulaires traditionnels, le constructeur a choisi d’intégrer deux capteurs carrés de type 1/1,1 ’’. Ce n’est évidemment pas pour la beauté du geste, mais pour répondre à un problème concret.

Lors de la capture en 360 degrés, les capteurs rectangulaires n’utilisent qu’une partie de leur surface sensible. En fait, seule la zone circulaire centrale est exploitée pour créer l’image sphérique, laissant inutilisées les zones latérales du rectangle. En adoptant un format carré adapté à l’image sphérique 360, DJI optimise l’utilisation du capteur de 25 % par rapport aux solutions traditionnelles.

Cela induit plusieurs avantages : la définition native est meilleure, la consommation électrique diminue avec moins de zones inutilisées, donc réduction de l’alimentation, tandis que la dissipation thermique reste moindre. Mieux encore : les photosites de 2,4 μm captent davantage de lumière et réduisent donc le bruit numérique, particulièrement en basse luminosité.
Concrètement, cette conception permet à l’Osmo 360 une captation en 8K natif sans interpolation, là où ses concurrentes doivent souvent « étirer » une résolution inférieure. Elle monte d’ailleurs à 50 im/sec, ce que ne font pas encore les produits concurrents (par exemple, l’Insta360 X5 est limitée à 30 im/s en 8K).
D’excellentes images avec la DJI Osmo 360
Bien, mais qu’en est-il dans la vie réelle, où l’on ne se préoccupe pas de l’aspect d’un capteur, mais plutôt de sa performance ? En un mot comme en mille, la qualité d’image se révèle très convaincante, particulièrement dans des conditions d’éclairage difficiles. Le mode Super Night, disponible en capture 360°, offre des séquences nocturnes détaillées.

La large plage dynamique (elle est de 13,5 stops, pour les initiés) se ressent dans les scènes contrastées, où les détails des zones sombres et éclairées sont correctement reproduits. Les utilisateurs professionnels apprécieront la capacité d’enregistrer en 10-bit avec le profil D-Log M. Cela offre un meilleur contrôle de la colorimétrie en postproduction, DJI proposant même un plug-in de prise en charge par Adobe Première Pro. La stabilisation, point essentiel pour ce type de caméra, est d’excellente qualité. On n’en attendait pas moins de DJI, dont les drones et les caméras comme bénéficient d’un long savoir-faire.
Logiciel en service minimum
La récupération et le montage des séquences s’effectuent au choix depuis le smartphone avec DJI Mimo, ou en passant par DJI Studio depuis un ordinateur (PC ou Mac). Dans un cas comme dans l’autre, on n’ira pas très loin puisque les outils proposés sont très basiques : filtres, musique, fusion de données GPS avec les séquences et montage de base.
Actuellement, DJI Mimo ne prend pas en charge le montage en un clic des séquences 360°. Il faut au préalable les « aplatir » et les exporter dans l’album photos du smartphone pour qu’elles soient intégrables dans la fonction de montage de l’app… On a déjà vu nettement plus simple en matière de montage, notamment chez Insta360.

Même si cette frugalité fonctionnelle s’avère décevante, elle n’est pas véritablement étonnante. Il a fallu près de cinq ans et beaucoup de tâtonnements à Insta360, leader incontesté du marché, pour proposer une app puissante et offrant tout ce qu’un utilisateur grand public pouvait espérer. Patience, donc.
En attendant, DJI Studio s’avère utile pour générer des effets propres aux caméras 360°. On peut définir des images clés, choisir le point de vue pour générer des séquences « plates », faire tournicoter l’image dans tous les sens, choisir la perspective, etc. Une fois achevée, la séquence peut être exportée pour être traitée dans un logiciel de montage traditionnel.
Une caméra 360, mais pas que…
Au-delà de la captation 360°, l’Osmo 360 propose plusieurs possibilités intéressantes. Le mode mono-objectif la transforme en caméra d’action classique, capable de filmer en 5K à 60 im/s avec un angle de 155°. Le mode Boost pousse le curseur un peu plus loin en autorisant l’enregistrement jusqu’en 4K à 120 im/s avec un champ de vision de 170°. Elle rivalise alors avec les ténors du marché.

Côté autonomie, c’est presque incroyable. L’Osmo 360 assure 100 minutes d’enregistrement continu en 8K à 30 im/s, largement au-dessus de ce que propose la concurrence. Cette durée flirte avec les 2 heures si l’on passe en mode éco, ce que nous avons constaté lors de nos tests. Elle peut être étendue de 180 minutes supplémentaires avec la perche d’extension optionnelle intégrant une batterie.

Faute d’avoir cet accessoire, nous n’avons pas pu vérifier la pertinence de cette affirmation. Enfin, le stockage interne de 128 Go (dont 105 Go sont utilisables) constitue un bel atout : on peut commencer à filmer immédiatement, même si l’on a oublié ses cartes micro SD à la maison.
Un tarif agressif
Et le prix dans tout cela ? Dans sa version standard, l’Osmo 360 est proposée à 480 €. Pour ce test, nous avons reçu le pack Aventure (630 €). Il comprend en plus deux batteries supplémentaires, un double étui de charge, une fixation magnétique rapide ainsi qu’une perche de 114 cm. Au petit jeu des comparaisons tarifaires, l’Osmo 360 est donc 110 € moins cher que l’Insta360 X5 : ce n’est pas rien ! En l’état actuel, elle représente un choix judicieux pour les vidéastes chevronnés qui souhaitent travailler en postproduction.
Ce qu’on pense de l’Osmo 360 de DJI
Avec l’Osmo 360, DJI propose une caméra 360 très prometteuse. Les images qu’elle produit sont tout simplement excellentes. Mention spéciale pour les résultats en basse luminosité, point traditionnellement faible de ce type d’appareil. Le mérite en incombe aux capteurs 1/1,1 ’’ dont la forme carrée (ou presque) change la donne en matière d’imagerie 360 degrés.
C’est sans doute l’un des points les plus remarquables de cette caméra originale. Ces capteurs optimisés ont comme avantage de consommer nettement moins d’énergie que les modèles traditionnels, ce qui explique en grande partie l’excellente autonomie constatée lors de nos tests. Autre point appréciable, la compatibilité de l’Osmo 360 avec les accessoires des caméras d’action de la marque (batteries comprises). Cela peut générer de substantielles économies si l’on est déjà utilisateur d’une telle caméra.
Autre bonne surprise, le prix agressif par rapport à la concurrence. Manifestement, DJI entend s’imposer rapidement sur ce segment ! Pour cela, il lui faudra enrichir DJI Mimo et DJI Studio, les applications de montage qui souffrent du manque de fonctions évoluées. Cela ne dérangera pas les pros travaillant en postproduction sur un ordinateur (notamment grâce au plug-in destiné à Première Pro), mais risque de décevoir un utilisateur grand public n’ayant pas envie de passer par plusieurs apps.
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