Certains produits se sont tellement bien intégrés dans notre quotidien que l’on se demande parfois comme on a pu faire sans. La DJI Osmo Pocket en fait partie.
Depuis son lancement en 2018, la caméra stabilisée de poche de DJI s’est imposée comme une caméra incontournable pour tout créateur de contenu ou journaliste. Son format de poche et son stabilisateur permettent en effet de filmer vite et bien.
La Pocket 3, sortie en 2023, avait franchi un cap important. Elle était la première caméra du genre à accueillir un capteur 1 pouce, un écran OLED rotatif (pour s’adapter aux formats verticaux), une stabilisation 3 axes ainsi qu’un suivi automatique du sujet redoutable.
En apportant toutes ces améliorations, DJI a conquis le coeur des Youtubeurs, TikTokeurs et journalistes. Il n’y avait qu’à voir la quantité d’Osmo Pocket 3 au MWC cette année pour s’apercevoir de son succès. Évidemment, je fais partie des adeptes.
Reste que cette troisième génération traînait aussi quelques imperfections bien connues de ses utilisateurs : une photo limitée à 9,4 mégapixels inutilisables, une gestion des basses lumières insuffisante face aux smartphones haut de gamme, un port USB 2.0 indigne d’une caméra 4K en 2024, ainsi que des profils couleur trop limités pour un usage sérieux en post-production.
DJI a manifestement pris note de ces critiques. Disponible en France depuis le 22 avril 2026, l’Osmo Pocket 4 corrige toutes ces lacunes tout en préservant le format qui a fait le succès de la série.
Trois configurations sont disponibles au lancement : Essentiel à 479 €, Standard à 499 €, Creator Combo à 619 €.
J’ai eu la chance de tester cette dernière configuration pendant quelques semaines. Voici mon avis.
Ce que j’ai aimé de la DJI Osmo Pocket 4
Le ralenti 4K/240fps : promesse tenue

C’est la nouveauté la plus attendue, et la plus commentée depuis l’annonce. La Pocket 4 est la première caméra du genre à proposer un ralenti en 4K à 240 im/s. Jusqu’ici, obtenir un ralenti exploitable en 4K nécessitait un boîtier autrement plus encombrant.
La Pocket 3 proposait du 4K à 120 im/s et du 1080p à 240 im/s. Correct sur le papier, le downscale en Full HD devenait visible au montage dès qu’on mélangeait les sources. Avec des résultats dégradés.
En adoptant la 4K à 240 im/s, la Pocket 4 se montre plus polyvalente. Pour ne rien gâcher, le résultat est réussi : le piqué en slow motion se révèle propre, stable, et exploitable pour des vidéos professionnelles (Youtube, réseaux sociaux).

DJI en a aussi profité pour perfectionner ses algorithmes de traitement. La qualité d’image se révèle impressionnante dans de bonnes conditions de lumière. Attention tout de même, le format vertical est limité à une définition 3K (4K en horizontal).
Si vous tournez dans des environnements sombres, la Pocket 4 se montrera moins impressionnante. Bien que le mode nuit permette de sortir des images plus propres, elles restent en deçà de ce que l’on obtient avec un boîtier plus imposant. Rien de dramatique pour ce que l’on fait d’une Osmo Pocket, mais j’aurais aimé une meilleure optimisation de ce mode.
En effet, journalistes et créateurs de l’univers tech sont souvent amenés à couvrir des conférences et salons où les stands de démonstration sont plongés dans l’obscurité (un mystère toujours pas résolu après presque 15 ans de carrière). Espérons que DJI s’attardera davantage sur ce point pour la prochaine génération.
Le D-Log 10 bits natif : pour les pros

C’est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup. La Pocket 3 enregistrait en 10 bits HLG ou en D-Log M, mais le D-Log 10 bits natif n’était pas disponible.
Le “D-quoi ?” ? Ce format vidéo permet de tourner avec des couleurs légèrement voilées. “Quel intérêt ?” direz-vous ? Pour les professionnels de la vidéo, le format LOG permet d’ajuster les couleurs en post-production avec une précision remarquable. Le LOG est à la vidéo ce que le RAW est à la photo.
J’ai donc pu affiner la colorimétrie dans DaVinci Resolve, mon logiciel d’édition vidéo. Avec 14 stops de plage dynamique annoncés sur la Pocket 4, les hautes lumières tiennent beaucoup mieux, et les ombres se récupèrent sans partir en bouillie.
Pour quiconque passe ses rushes sous DaVinci Resolve avant publication, ce confort de travail se ressent immédiatement. La Pocket 3 était une excellente caméra, la Pocket 4 devient une vraie caméra professionnelle.
107 Go de stockage interne + USB 3.1 : alleluia !

L’USB 2.0 de la Pocket 3 représentait une aberration pour transférer des rushes 4K. Transférer une heure de contenu nécessitait un temps absurde. Avec l’USB 3.1, les débits redeviennent cohérents avec la résolution des fichiers produits.
Quant aux 107 Go de stockage interne, ils permettent de partir tourner une journée entière sans surveiller la capacité restante. Attention tout de même si, comme moi, vous tournez au format D-LOG : les rushes occupent un espace phénoménal. Pensez-donc à insérer une carte microSD dans le manche de l’Osmo Pocket 4 pour disposer d’un espace de stockage plus conséquent.
Le bouton zoom physique : un détail qui fait la différence

La technique, c’est bien. L’usage, c’est encore mieux. DJI a ajouté deux boutons sous l’écran afin de faciliter l’utilisation de la Pocket 4 : un zoom physique basculant entre 1x et 2x ainsi qu’un bouton personnalisable.
Le premier peut sembler n’être qu’une amélioration ergonomique anodine. Il n’en est rien. Activer le zoom au pouce, sans quitter le cadre des yeux, apporte un confort inédit sur un tel produit. Je me demande comment j’ai pu m’en passer jusqu’à maintenant.
Je ne m’attarderai pas sur le second bouton dont la fonction dépend de l’usage de chacun. Dans tous les cas de figure, jamais une Osmo Pocket n’a été aussi facile à utiliser.
L’ActiveTrack 7.0 : stabilisation et suivi aux petits oignons

La stabilisation et le suivi de sujet ont toujours constitué l’argument phare de la série Osmo Pocket. Cette quatrième génération inaugure l’ActiveTrack 7.0, une technologie de suivi du sujet et de stabilisation tout bonnement bluffante.
Une fois le sujet verrouillé, la caméra le suit avec une fluidité que des caméras bien plus onéreuses peinent à égaler. J’ai donc pu tourner en solo face caméra, filmer des plans de produits avec une précision et une stabilisation à peine croyables, ainsi que des séquences dynamiques en extérieur avec, à chaque fois, des résultats époustouflants.
D’ailleurs, si vous suivez régulièrement Presse-citron, je vous mets au défi de retrouver les plans tournés à l’Osmo Pocket 4 dans nos vidéos publiées sur nos différentes plateformes.
L’audio, enfin à la hauteur

Les micros intégrés de la Pocket 3 montraient leurs limites dans les environnements sonores un peu chargés. DJI a revu sa copie. En extérieur, avec un vent léger, la captation sort nettement plus propre. Pour du vlog ou du contenu social spontané, la qualité de son franchit un palier.
Toutefois, une vidéo n’est appréciable qu’avec une qualité de son irréprochable. DJI en a conscience et propose plusieurs packs incluant un jeu de micros DJI Mic. L’avantage des DJI Mic est qu’ils sont immédiatement repérés par l’Osmo Pocket 4. On peut donc dégainer le micro, le fixer et commencer à tourner en une poignée de secondes.
J’ai opté pour cette configuration à chaque tournage, aussi je vous recommande cet investissement supplémentaire si vous souhaitez publier du contenu sur les réseaux sociaux ou intégrer la Pocket 4 dans votre matériel professionnel.
Ce que j’ai moins aimé de l’Osmo Pocket 4
Au revoir la coque de protection

La Pocket 3 était livrée avec une coque rigide de protection dès le pack de base. Cet étui plastique solide, que l’on laissait en place entre deux prises pour protéger l’objectif, l’écran et la nacelle était pratique, rassurant, et efficace.
Pour une raison qui m’échappe, la Pocket 4 est livrée sans cette coque. Dans aucun des trois packs proposés. DJI la remplace par un simple clip aimanté en plastique, inclus uniquement dans les packs Standard et Creator Combo, dont la seule fonction est de bloquer la nacelle pendant le transport, sans assurer de réelle protection.
Pour transporter la caméra sans craindre de l’amocher, il faut la ranger dans une housse en tissu, nettement moins accessible entre deux prises. Au risque de décevoir les petits malins qui comptaient ranger la Pocket 4 dans l’étui de leur ancienne Pocket 3, pas de bol, elle n’est pas compatible. Une régression aussi inexplicable que frustrante. Dommage.
Le zoom 4x numérique pas très utile
Le bouton zoom physique est une excellente idée. J’aurais aimé que DJI apporte le même soin au zoom numérique 4x qui ne tient pas ses promesses. Considérez même qu’il n’est pas disponible tant la dégradation d’image est visible à l’œil nu.
DJI aurait mieux servi ses utilisateurs en assumant un zoom 2x lossless plutôt que d’afficher un 4x qui crée une fausse impression de polyvalence. Le 2x sans perte, en revanche, est impressionnant.
Quoi d’autre ?

- Le système d’attache magnétique. La Pocket 4 intègre une attache magnétique au dos de la nacelle. On peut y fixer une lumière d’appoint (incluse dans le Creator Combo à 619 €). Le principe est simple : la lumière se clipse en une seconde, sans vis ni accessoire intermédiaire, et transforme instantanément la caméra en setup de tournage autonome. Pour du vlog en intérieur ou en basse lumière, cette petite lumière est une bonne alternative au mode nuit même si elle ne fait pas de miracle.
- Autonomie et recharge. DJI annonce une autonomie en hausse par rapport à la Pocket 3, et c’est effectivement perceptible au quotidien. J’ai estimé l’autonomie à une journée et demie de tournage. La recharge se fait via le port USB-C. En une quinzaine de minutes, on peut repartir pour deux heures de tournage sans sourciller. Surtout, la poignée-batterie (vendue séparément) permet d’étendre l’autonomie de manière significative puisqu’elle se décharge en premier pour préserver la batterie principale.
- La photo. La Pocket 3 proposait 9,4 mégapixels, un chiffre difficile à défendre sur une caméra de cette gamme. La Pocket 4 monte à 37 mégapixels. En pratique, les clichés restent secondaires dans l’usage de cet appareil (si je ne devais pas la tester pour Presse-citron je ne l’aurais probablement pas utilisée comme appareil photo), mais l’amélioration est bien visible avec une qualité d’image sans commune mesure avec la génération précédente.
- L’écran. La dalle OLED de 2 pouces passe de 700 à 1000 nits et couvre désormais 100 % de l’espace colorimétrique P3, contre 70 % sur la Pocket 3. À l’usage, la différence ne saute pas aux yeux mais cette amélioration reste bienvenue, notamment pour ceux qui tournent en plein soleil (vlogeurs voyage par exemple).
- L’application DJI Mimo. L’écosystème logiciel s’enrichit de version en version. Les modes intelligents (Master Shots, Timelapse, Hyperlapse) fonctionnent toujours avec une fiabilité remarquable, et la gestion des fichiers depuis l’app a été fluidifiée. Rien de spectaculaire, mais l’ensemble est plus abouti que jamais.
Mon avis sur la DJI Osmo Pocket 4

Je ne passerai pas par quatre chemins : la DJI Osmo Pocket 4 est aujourd’hui la meilleure caméra stabilisée de poche du marché. Mieux, elle figure parmi les caméras les plus polyvalentes pour quiconque souhaite produire des contenus vidéo, amateurs ou professionnels. Youtubeurs, TikTokeurs, journalistes et vidéastes se doivent d’avoir une Pocket 4 dans leur setup de travail.
Cette conclusion, je la tirais déjà avec l’Osmo Pocket 3. La question est donc de savoir si cette nouvelle génération vaut le coup d’investir. Si vous avez une Pocket 2 ou un modèle de première génération, l’évolution est considérable sur presque tous les plans. Si vous en avez les moyens, foncez.
Si vous avez une Pocket 3, passer à la Pocket 4 mérite réflexion. En réalité, cette nouvelle génération permet surtout d’adresser les professionnels de la vidéo aux besoins très spécifiques (D-Log 10 bits, ralentis 4K, vitesses de transfert plus rapides). Pour eux, l’investissement vaut la peine. Pour les autres, la Pocket 3 fait toujours l’affaire.
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