Comme chaque année, Google clôture la saison des annonces de smartphones premium. L’américain se tient aux traditions en lançant deux nouveaux smartphones : les Pixel 8 et 8 Pro.
Si le modèle Pro nous a largement convaincus, qu’en est-il du Pixel 8 ? Après une dizaine de jours d’utilisation, découvrez notre avis complet.
Notre test des Pixel 8 et 8 Pro en vidéo
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Quels points communs avec le Pixel 8 Pro ?

Avant d’entrer dans le vif du sujet (et pour vous épargner toute redite), rappelons rapidement les points communs entre le Pixel 8 et le Pixel 8 Pro que nous avons déjà testé.
Le Pixel 8 embarque d’abord la même puce Tensor G3, conçue pour se focaliser sur l’intelligence artificielle et non les performances pures. Rassurez-vous, elle répond à 100% des besoins d’un utilisateur ultra-connecté, mais reste loin des performances brutes d’une A17 Pro par exemple.
Malgré sa batterie plus petite, le Pixel 8 affiche une autonomie très correcte. Cela s’explique par l’intégration d’un écran plus petit et moins gourmand en ressources. Il reste toutefois moins endurant que le Pro : comptez une journée à une journée et demie d’utilisation maximum avant de passer par la case recharge.
La technologie de recharge évolue par rapport au Pixel 7 (27W contre 20W) mais reste très lente. Il faut plus d’une heure au Pixel 8 pour retrouver toute son énergie. Même si elle est un poil plus rapide que le Pixel 8 Pro, la recharge du Pixel 8 reste décevante.
Le volet logiciel est en tout point identique à celui du Pixel 8 Pro. On retrouve exactement les mêmes fonctionnalités, la même interface, les mêmes options de personnalisation et la même IA pleinement intégrée au tout.
Enfin, le Pixel 8 embarque le même capteur principal que le Pixel 8 Pro. Le reste du matériel photographique est en revanche très différent.
Si petit, si mignon

Depuis le premier iPhone, la taille des téléphones a considérablement augmenté. A tel point qu’un modèle géant des années 2010 s’apparenterait presque aujourd’hui à un modèle compact. En 2023, les smartphones se divisent grosso modo en deux catégories : ceux de plus de 6,5’’ et ceux qui ne franchissent pas cette limite.
Alors que le Pixel 8 Pro se hisse parmi les géants avec son écran de 6,7’’, le Pixel 8 et son écran de 6,2’’ ferait presque figure de petit téléphone. C’est en tout cas le ressenti que l’on a dès qu’on le saisit.
En main, le Pixel 8 est sans aucun doute l’un des téléphones les plus confortables qu’il nous ait été donné d’utiliser cette année. Ses dimensions équilibrées, ses bordures arrondies en aluminium 100% recyclé et son dos en verre brillant participent à ces très bonnes sensations.
Google a en plus soigné les détails, histoire de faire taire les critiques quand aux finitions parfois jugées un cran en dessous des concurrents sur les modèles précédents. Le moindre bouton a fait l’objet d’un soin particulier d’intégration. Les bordures de l’écran ont été réduites et le menton légèrement protubérant est de l’histoire ancienne.

En dehors de ces quelques ajustements, le Pixel 8 reprend les lignes de son prédécesseur avec, comme élément distinctif, ce fameux module photo camouflé dans une barre horizontale s’étirant sur toute la largeur de l’appareil.
Le Pixel 8 est un smartphone ultra-premium, vendu moins de 1 000 euros, mais Google n’a pas oublié de conserver son originalité. Les nouvelles couleurs témoignent de cette volonté de se distinguer. Le modèle noir, classique, s’accompagne d’un vert sauge (très sympa) et rose (notre modèle de test) exquis.
Que l’on aime ou non, il faut bien reconnaître que Google continue de proposer des téléphones qui sortent du lot, tant par leurs lignes que leurs coloris. Sur un marché des smartphones un peu terne, cette audace continue de nous séduire.
Petit grand écran

Petit par la taille, grand par la qualité. Voilà en quelques mots comment on pourrait résumer nos impressions sur l’écran du Pixel 8. D’une diagonale de 6,2’’, il figure parmi les petits gabarits. Qui l’eut cru il y a de cela 10 ans ? Cela ne l’empêche pas de venir se frotter aux écrans les plus impressionnants du marché.
Google utilise une toute nouvelle dalle OLED baptisée Actua Display, légèrement moins évoluée que la Super Actua Display du Pixel 8 Pro. Sur la fiche technique, on distingue trois différences notables : la fréquence de rafraîchissement oscille entre 60 et 120 Hz (et non entre 1 et 120 Hz), la luminosité plafonne à 2 000 nits (et non 2 400 nits) et la définition se limite au Full HD (QHD pour le Pro).
Autant de petites différences qui ne se voient absolument pas au quotidien. En termes de fluidité, rien à signaler puisque les deux modèles montent à 120 Hz. À l’usage, le Pixel 8 consomme juste plus de batterie avec des images fixes puisqu’il ne descend pas sous les 60 Hz. Notez qu’il faudra passer par les paramètres pour activer l’affichage fluide, Google bloquant par défaut la fréquence maximale à 60 Hz.
Pas de problème de luminosité non plus puisque les 2 000 nits en pic HDR permettent d’utiliser le Pixel 8 dans des environnements très lumineux, sans être dérangé par les reflets. À titre de comparaison, 2 000 nits, c’est aussi le maximum des derniers iPhone 15 Pro et Pro Max.
Enfin, d’aucuns pourraient penser qu’une définition Full HD sur un si bel écran serait du gâchis. Rassurez-vous, sur une dalle de 6,2’’, l’oeil humain est incapable de distinguer une définition QHD d’une définition Full HD.

Ceci étant dit, l’écran du Pixel 8 figure parmi les plus beaux qu’il nous ait été donné de tester. Si le Pixel 8 Pro s’impose comme le meilleur toutes catégories confondues, le Pixel 8 prend la place de référence sur le segment des smartphones à moins de 1 000 euros.
Pour travailler, lire, regarder des vidéos ou jouer, l’écran du Pixel 8 en met plein la vue. Difficile de revenir en arrière après une telle expérience.
Photo : de l’IA en veux-tu en voilà

Comme nous l’indiquions en début de test, le Pixel 8 partage le même capteur principal que le Pixel 8 Pro. On retrouve donc un objectif grand-angle (f/1,68) avec capteur de 50 MP (21% plus sensible à la lumière).
Google s’est montré moins généreux sur le reste de la fiche technique en reprenant le même objectif ultra grand-angle (f/2,2) et le même capteur de 12 MP que le Pixel 7. Enfin, comme l’année dernière, pas de téléobjectif dans le modèle standard, une absence que l’on déplore chez Google comme chez ses concurrents.
Nous ne nous étalerons pas sur les talents photographiques du Pixel 8, son capteur principal présentant les mêmes atouts et faiblesses que le Pixel 8 Pro. Retenez que les clichés sont plus détaillés que jamais, que les couleurs sont plus naturelles que sur les générations précédentes et que l’ensemble en fait l’un des meilleurs photophones du marché.
L’absence de téléobjectif pénalise forcément le Pixel 8 par rapport aux modèles vendus plus de 1 000 euros. L’ultra grand—angle, lui aussi moins musclé, détonne un peu.
Google oblige, l’originalité du Pixel 8 réside dans ses fonctionnalités logicielles boostées à l’IA. Reste que la plupart des nouveautés sont réservées au modèle Pro (nous y reviendrons).
En matière de photographie, le Pixel 8 gagne encore en qualité même si les différences avec le Pixel 7 ne sautent pas aux yeux. En revanche, Google conserve une longueur d’avance par rapport à la concurrence grâce à son savoir-faire logiciel. Le Galaxy S23 ou l’iPhone 15, bien que très bons, ne rivalisent jamais vraiment avec le Pixel 8, à l’exception de la vidéo, domaine dans lequel Google a encore un peu de travail pour s’imposer comme une référence.
Effet de gamme

Google s’était forgé une réputation de marque plutôt cool en matière de segmentation de ses produits. Alors que ses concurrents (notamment Apple) se prêtent volontiers à des jeux de pingres, Google s’était tenue éloignée de ces pratiques.
Jusqu’à maintenant. Avec les Pixel 8 et 8 Pro, l’entreprise adopte les effets de gamme, c’est-à-dire proposer des fonctionnalités exclusives au modèle Pro alors que techniquement le Pixel 8 peut aussi les accueillir.
On pense par exemple à une flopée de nouveautés photo comme le mode Pro ou le Zoom Enhanced (permet de zoomer dans l’image en conservant les détails), réservés au Pixel 8 Pro. Le mode Video Boost et Night Sight Video (qui arriveront en fin d’année) sont aussi réservés au Pixel 8 Pro. Surtout, le mode Magic Edition (sorte de Photoshop intégré) n’est pas de la partie non plus alors qu’il s’agit sans doute de la fonctionnalité phare de cette génération.
Ces absences sont d’autant plus regrettables qu’elles ne se justifient pas par la technique. Toutes ces fonctionnalités ont en effet recours à l’IA et n’ont donc rien à voir avec le matériel photographique. Or, les deux Pixel disposent cette année de la même puce Tensor G3 avec la même puissance de calcul.
Pire, Google a annoncé que certaines de ces fonctionnalités arriveraient sur d’anciens modèles (toujours exclusivement Pro) pourtant équipés de puces moins performantes que le Pixel 8.
Google crée donc artificiellement un décalage technique entre le Pixel 8 et le Pixel 8 Pro afin de pousser les utilisateurs vers le modèle Pro, plus cher. Attention, Google, tout n’est pas bon à reprendre chez Apple.
Prix et disponibilité du Pixel 8

Le Pixel 8 est disponible au prix de 799 euros (128 Go) et en trois couleurs : noir, vert sauge et rose. Comme le Pixel 8 Pro, il coûte donc plus cher que le Pixel 7 à sa sortie (+150 euros).
Google justifie cette hausse par l’intégration de technologies dernier cri (écran, capteurs photo) ainsi qu’un suivi des mises à jour de 7 ans.
Si l’augmentation est importante, le Pixel 8 reste le modèle de sa catégorie le plus abordable. À titre de comparaison, l’iPhone 15 est vendu à partir de 969 euros (soit 170 euros de plus que le Pixel 8) et le Galaxy S23 était commercialisé à 959 euros à sa sortie (160 euros de plus).
Notre avis sur le Pixel 8
Loin de réinventer la roue, Google améliore sa copie avec un Pixel 8 plus séduisant que jamais. Le constructeur reprend les bons ingrédients d’une recette qu’il maîtrise : un design original, un logiciel qui transpire l’IA et un appareil photo toujours plus efficace.
Il en profite pour élever son niveau de jeu sur quelques aspects : l’écran du Pixel 8 est sans doute le plus beau de sa catégorie, l’expérience et la qualité photo sont remarquables, et le suivi des mises à jour pendant 7 ans promet une durée de vie record.
Quatre choses viennent ternir ce bilan jusque-là irréprochable : la recharge est trop lente, l’autonomie moyenne, les fonctionnalités phares sont réservées au modèle Pro pour des raisons purement commerciales et le prix est en forte hausse (+150 euros par rapport au Pixel 7 à sa sortie).
Malgré ces déceptions, le Pixel 8 reste le meilleur rapport qualité-prix de sa catégorie. Vendu 799 euros, il coûte 170 euros de moins que l’iPhone 15 et 160 euros de moins que le Galaxy S23 à sa sortie.
Si l’évolution par rapport au Pixel 7 reste douce, difficile de ne pas recommander ce Pixel 8 cette année. Un coup de coeur. Encore.
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Google Pixel 8
799€On aime
- Mignon et très confortable
- Ecran magnifique
- Excellent en photo
- Expérience Pixel et 7 ans de suivi des mises à jour
- Prix compétitif
On aime moins
- Autonomie moyenne et charge lente
- Effets de gamme
- Performances brutes en retrait par rapport à la concurrence
- Peut mieux faire en vidéo
- Prix en forte hausse








