Ils sont les smartphones ayant connu la plus forte évolution des ventes en 2023. Au Japon, près de la moitié des nouveaux acheteurs ont abandonné leur iPhone pour switcher. Eux, ce sont les Pixel, « les seuls téléphones conçus par Google » rappelle fièrement la marque.
Derrière ces annonces tonitruantes se cache une réalité plus dure : les Pixel ne se vendent pas tant que cela. La marque refusant de partager des chiffres de part de marché, nous avons consulté les chiffres de ventes mondiaux des différents cabinets les plus réputés. Jamais Google n’apparaît dans le top 5.
Pour l’heure, les Pixel sont donc condamnés à errer dans la catégorie « Others » regroupant le reste des constructeurs de smartphones ne prenant pas assez de part de marché pour que leur nom apparaisse.
Pas de quoi décourager Google qui compte bien sur ses Pixel 8 et 8 Pro pour continuer sa marche en avant. Comme chaque année, l’américain propose deux modèles premium face aux derniers iPhone. Une fois n’est pas coutume, le Pixel 8 Pro est le plus avancé des deux.
Nous avons donc logiquement choisi de le tester en premier, pendant près d’une semaine. Et nous n’avons pas été déçus.
Notre test des Pixel 8 et Pixel 8 Pro en vidéo
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Un smartphone haut en couleurs

Comme ses concurrents, Google ne réinvente pas le smartphone. À première vue, le Pixel 8 Pro ressemble à s’y méprendre au Pixel 7 Pro. Mêmes lignes, même bloc photo rectangulaire qui s’étire sur toute largeur de l’appareil, même pilule noire camouflant les optiques photo, poids et dimensions à quelques pouillèmes près identiques. Tout y est.
Le Pixel 8 Pro est donc un téléphone imposant, du gabarit d’un iPhone 15 Pro Max ou Galaxy S23 Ultra, que l’on utilise quasi exclusivement à deux mains. Toutefois, la bonne répartition du poids (avec l’optique sur tout le haut de l’appareil) rend le Pixel 8 Pro agréable à utiliser au quotidien. En revanche, à l’instar de ses rivaux, il reste difficile à glisser dans une poche ou un sac.
Google se serait-il contenté de reproduire la même recette que l’année passée ? Pas vraiment. En regardant ce Pixel 8 Pro de plus près, on observe quelques ajustements bienvenus. D’abord, le dos du téléphone n’est plus brillant mais revêt un verre mat légèrement fumé présentant deux avantages : il est plus agréable en mains et il ne marque pas les traces de doigts.
À l’avant, Google a aussi corrigé l’un des éléments les plus disgracieux des anciens Pixel. Bye bye le menton proéminent, les bordures de l’écran sont désormais de même épaisseur. Précisons au passage que le Pixel 8 Pro dispose d’un écran plat et non incurvé, un autre changement très appréciable, aussi bien pour la prise en main que le confort d’affichage.
Quoi d’autre ? Rien. Pas de titane, de bullshit écolo (malgré un châssis en aluminium 100% recyclé), ou autres fioritures. Google ne joue pas la carte de la surenchère et mise humblement sur ce qu’il sait faire : des téléphones aux finitions premium, au design original et aux couleurs chatoyantes (mention spéciale à notre version bleue, magnifique). S’il n’est pas le plus clinquant, le Pixel 8 Pro est incontestablement le smartphone haut de gamme le plus cool du marché.
Le plus bel écran jamais vu

Oui, les termes sont forts, mais ils n’en demeurent pas moins vrais. Le Pixel 8 Pro embarque bien le plus bel écran que nous n’ayons jamais vu sur un smartphone. Google inaugure une toute nouvelle dalle OLED LTPO (fréquence de rafraîchissement 1-120 Hz) de 6,7’’ baptisée Super Actua Display. Derrière ce nom sorti du service marketing se cache un écran plus lumineux que jamais (jusqu’à 2 400 nits en pointe HDR), plus encore que celui de l’iPhone 15 Pro Max, déjà impressionnant.
Vous ne serez donc pas étonnés d’apprendre que le Pixel 8 Pro sera le compagnon idéal des amateurs de films, séries et jeux vidéo. Car au-delà de sa luminosité incomparable, il se distingue aussi par sa colorimétrie maîtrisée, ses excellents contrastes et une netteté d’image époustouflante. Vous en prendrez plein les mirettes, aussi bien pour les usages du quotidien que le multimédia. Un pur plaisir.
Boosté à l’IA

À nouveau Pixel, nouvelle puce. Google a eu la bonne idée de caler le numéro de ses processeurs sur leur année de sortie. En 2023, le Pixel 8 Pro hérite donc d’une puce Tensor G3.
Mettons fin au suspens tout de suite : sur les benchmarks, la G3 ne rivalise jamais avec l’A17 Pro d’Apple ou la Snapdragon 8 Gen 2 de Qualcomm. Google assume ce choix et explique avoir conçu ses puces en se focalisant sur le processeur neuronal (NPU), élément central pour le bon fonctionnement de l’intelligence artificielle.
Et de l’IA, il y en a. Beaucoup. Partout. C’est d’ailleurs ce qui fait toute l’identité logicielle du Pixel 8 Pro. Si vous aimez Google, ses outils, ses fonctionnalités, sa charte graphique, vous allez être servi.
Au delà des éléments esthétiques et nombreux paramètres de personnalisation, le Pixel 8 Pro se distingue par l’intégration en profondeur de Google Assistant. Plus efficace et plus rapide, il s’étoffe de nouvelles fonctionnalités.
Parmi elles, la dictée vocale est sans doute la plus impressionnante en langue française. La reconnaissance des mots est impeccable même lorsque l’on parle de manière très naturelle. Plus besoin de dicter, il suffit de parler.

Bien qu’impressionnés par les améliorations logicielles du Pixel 8 Pro, nous ne pouvons nous empêcher de ressentir la même frustration chaque année. Pour cette génération comme pour les précédentes, les meilleures nouveautés sont réservées dans un premier temps à la langue anglaise.
Ainsi, pas de résumé des articles en France mais une simple lecture vocale. Pas de filtre anti-démarchage téléphonique non plus, pour le moment réservé au public anglophone.
Alors oui, les utilisateurs français peuvent profiter de la détection d’accident de voiture avec appel des secours automatique ou d’une traduction en temps réelle de plus en plus bluffante. Mais les véritables killer features sont absentes. Et c’est bien dommage.
Excellente autonomie, recharge lente

Historiquement, les Pixel ne brillent pas par leur endurance. Et si l’arrivée des puces maison a un peu amélioré les choses, Google n’a jamais vraiment réussi à hisser ses smartphones parmi les références en la matière.
Jusqu’au Pixel 8 Pro. La batterie de 5 050 mAh combinée à la puce Tensor G3 et à l’optimisation logicielle permettent au Pixel 8 Pro de s’imposer comme un modèle d’endurance.
En utilisation intensive (photo, vidéo, jeu, réseaux sociaux, partage de connexion ponctuelle), nous avons tenu deux jours sans trembler. Comptez donc deux jours et demi pour une utilisation standard. Un record pour les Pixel et l’une des meilleures performances du marché.

La copie aurait été irréprochable si Google avait accompagné cette excellente autonomie d’un système de recharge digne de ce nom. Avec une puissance de charge limitée à 30W, le Pixel 8 Pro retrouve toute son énergie en plus d’une heure et 50% en 30 minutes. Comme les modèles Apple et Samsung donc mais bien loin des systèmes de recharge ultra-rapides des concurrents chinois.
Le Xiaomi 13T Pro par exemple se recharge intégralement en un peu plus de 30 minutes. Loin de nous l’idée de demander de telles performances à Google et consorts, mais passer sous la barre de l’heure de recharge ne serait pas un luxe.
Pour le reste, le Pixel 8 Pro est compatible avec la recharge sans fil et inversée. Comme ses concurrents, il est livré sans chargeur (pas de petites économies).
Nouveau roi de la photo ?

Réputée pour ne pas jouer la course aux mégapixels, Google s’est forgée une solide réputation en matière de traitement numérique de l’image. Pendant des années, les Pixel se sont ainsi hissés parmi les références de la photographie sur smartphone avec moins de capteurs, moins de mégapixels et beaucoup d’algorithmes.
Mais face à une concurrence de plus en plus menaçante, Google a mis le paquet cette année. Lors de la conférence de présentation du Pixel 8 Pro, la marque a annoncé « la plus grosse amélioration matérielle de l’appareil photo depuis le Pixel 6 ». À la lecture de la fiche technique, l’américain a en effet sorti l’artillerie lourde. Voyez plutôt :
- un objectif grand-angle (82° – f/1,68) avec capteur de 50 MP (21% plus sensible à la lumière)
- un objectif ultra grand-angle (125,5° – f/1,95) avec capteur de 48 MP (105% plus sensible à la lumière)
- un téléobjectif avec zoom optique x5 (21,8° – f/2,8 ) et capteur de 48 MP (56% plus sensible à la lumière)
Inutile de faire durer le suspens : le Pixel 8 Pro s’inscrit comme le digne héritier des précédentes moutures et s’impose comme l’un des meilleurs photophones du marché. De là à dire qu’il est le meilleur ? Pas vraiment.
Dans certains domaines spécifiques, le Pixel 8 Pro reste en retrait par rapport à ses concurrents. C’est le cas par exemple pour la photographie à distance, domaine dans lequel Samsung reste le seul maître à bord grâce au zoom optique x10 du Galaxy S23 Ultra. C’est le cas aussi en vidéo, exercice maîtrisé à la quasi perfection par Apple.
Dans ces tâches, le Pixel 8 Pro ne démérite pas. Il se montre même plutôt très bon. Mais force est de constater que ses concurrents font mieux dans leurs domaines de prédilection.
Pour tout le reste, le Pixel 8 Pro est soit aussi bon soit meilleur que ses concurrents. Cette année, Google a en plus pris soin d’améliorer le rendu général des photos, beaucoup plus naturelles qu’auparavant.
Les portraits sentent bien moins l’intelligence artificielle eux aussi. D’ailleurs, la qualité des optiques permet de réaliser un flou naturel plus convaincant que le flou artificiel généré par les algorithmes. Rien à signaler sur le détourage, généralement propre.
Plus impressionnant, l’ultra grand-angle conserve un niveau de détails encore jamais vu sur un smartphone. Cette avancée est encore plus notable en basse lumière, environnement dans lequel le Pixel 8 Pro tire son épingle du jeu.
Si le dernier né de Google nous séduit tant, c’est aussi parce qu’il permet de jouir d’une expérience photographique complète. L’interface photo a été revue pour bien scinder l’expérience photo de l’expérience vidéo, un mode pro aussi complet que bien pensé est disponible et Google propose surtout une flopée d’options de post-édition.
Parmi les plus impressionnantes, Best Take est celle qui a créé de buzz pendant sa présentation. Pour éviter les photos de groupes ratées, l’IA analyse le meilleur profil de chaque sujet sur une série de clichés. Elle modifie ensuite automatiquement chaque visage pour qu’il apparaisse sous son meilleur jour. Huit fois sur dix, les résultats sont impeccables même si, en y regardant de très près, la couche d’IA est perceptible. Dans 20% des cas, le résultat s’apparente davantage à un Picasso qu’à de la photographie.
De son côté, Magic Editor permet de retoucher les photos quelques clics. On peut effacer des objets, déplacer les sujets, changer leur taille, revoir les contours, la couleur du ciel etc. Photoshop dans la poche sans aucune formation.
Google a aussi annoncé des fonctionnalités adaptées à la vidéo. Video Boost et Night Sight Video promettent d’améliorer la qualité de l’image (couleurs, contrastes etc.) de jour comme de nuit. Hélas, ces nouveautés ne seront disponibles qu’en décembre 2023.
En revanche, Audio Magic Eraser qui permet d’ajuster les sons sur une vidéo est bien là, et il est impressionnant. L’IA détecte les différentes sources audio et les classe par catégories (voix, vent, nature etc.) et propose d’ajuster le niveau de chaque piste. Ainsi, nous avons pu isoler notre voix dans un environnement urbain très bruyant en quelques secondes à peine (voir vidéo de test).
Vous l’aurez compris, si le Pixel 8 Pro n’est pas forcément le meilleur photophone dans tous les domaines, l’expérience générale proposée par Google est selon nous la plus complète.

Nous gardons tout de même une petite réserve quant à la façon dont Google va s’y prendre pour proposer cette expérience à travers les années.
En effet, durant nos quelques jours de test, nous avons constaté qu’il fallait toujours beaucoup de temps au Pixel 8 Pro pour faire mouliner l’IA. Ainsi, la fonction Best Take oblige à se montrer patient, puisqu’il faut parfois presque 20 à 30 secondes pour qu’elle identifie les visages. Idem sur les retouches vidéo ou l’édition de photos avancée, des usages nécessitant beaucoup de puissance de calcul.
Comment Google va réussir à maintenir une expérience fluide à travers les années ? La puce G3 sera-t-elle en mesure d’accueillir les fonctionnalités qui seront proposées dans les années à venir ? Ces interrogations sont d’autant plus légitimes que Google a annoncé que les Pixel 8 et 8 Pro recevraient les mises à jour majeures de l’OS pendant plusieurs années.
7 ans de mise à jour !

L’information est presque passée inaperçue lors de la conférence Google, pourtant elle marque une grande avancée dans l’industrie des smartphones. Le Pixel 8 Pro (et le Pixel 8) recevront les mises à jour majeures et de sécurité Android pendant 7 ans. Cela signifie donc que ces deux modèles ne seront pas obsolètes avant 2030 !
Jusqu’à maintenant, Apple détenait le record de longévité avec les 6 années de mises à jour majeures de l’iPhone 6S. En moyenne, un iPhone reçoit les mises à jour majeures d’iOS pendant 5 ans. Dans l’univers Android, les constructeurs tournent autour de 4 ans de mises à jour majeures et 5 ans de mises à niveau de sécurité.
Cette longévité des Pixel 8 et 8 Pro permet deux choses : d’abord de faire des économies en ne renouvelant pas son smartphone trop tôt, ensuite (et surtout) d’avoir une démarche plus écologique. Et ça, on aime beaucoup !
Prix et disponibilité du Pixel 8 Pro

C’est la mauvaise nouvelle de cette génération : Google augmente les prix de ses Pixel. Le Pixel 8 Pro est ainsi proposé à partir de 1 099 euros soit 200 euros de plus que le Pixel 7 Pro à sa sortie.
Google explique cette hausse par l’intégration de technologies de pointe (notamment le tout nouvel écran et les trois optiques photo) ainsi que les 7 années de mises à jour réduisant le nombre de renouvellements.
Malgré cette augmentation significative, le Pixel 8 Pro reste le smartphone le plus abordable de sa catégorie. Proposé à 1 159 euros en version 256 Go, il coûte moins cher que le Galaxy S23 Ultra (1 419 euros) et l’iPhone 15 Pro Max (1 479 euros) à leur sortie.
Notre avis sur le Google Pixel 8 Pro
À l’instar de ses rivaux, le Pixel 8 Pro ne marque pas une franche évolution par rapport à son prédécesseur. Néanmoins, par petites touches, Google améliore une recette qu’il maîtrisait déjà très bien.
L’américain ne joue ni la carte de la surenchère ni celle du « m’as-tu vu ». Le Pixel 8 Pro reprend ce que la marque sait faire de mieux : un design original et coloré, un écran magnifique (le plus beau qu’il nous ait été donné d’utiliser jusqu’à maintenant) une interface truffée d’IA.
Il se distingue de ses concurrents sur deux aspects. D’abord l’expérience photographique qu’il propose, la plus complète sur un téléphone à ce jour. Ensuite, une excellente autonomie qui surpasse celle de ses deux principaux concurrents (iPhone 15 Pro Max et Galaxy S23 Ultra).
Si l’on déplore une charge trop lente (et un chargeur non fourni), c’est surtout la hausse de prix qui pourrait ralentir la croissance de Google. Le Pixel 8 Pro coûte 1 099 euros soit 200 euros de plus que le Pixel 7 Pro à sa sortie. Une hausse que les fans auront du mal à digérer mais qu’il convient de relativiser : l’iPhone 15 Pro Max et le Galaxy S23 Ultra coûtent bien plus cher que le Pixel 8 Pro. Pourtant, le modèle de Google n’a rien à leur envier. Bien au contraire…
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Google Pixel 8 Pro
1099€On aime
- Design original et finitions exemplaires
- Ecran sublimissime
- Performances et autonomie au top
- Toujours le roi de la photo
- Plus abordable que la concurrence et suivi des mises à jour de 7 ans
On aime moins
- Recharge trop lente
- Trop de fonctionnalités exclusives à l'anglais
- Thermomètre gadget
- Prix en forte hausse

























Vous avez essayé de passer un appel avec une sim SFR vers une ligne fixe? Le test de base d un téléphone en fait… Vous seriez surpris du rendu… Et réviseriez certainement la note globale, à la baisse.
Bonne soirée