Les smartphones « milieu de gamme » forment toujours le gros des ventes. Honor est présent sur ce segment avec la gamme « N » (pour numéraire) dont les noms sont composés d’un nombre. L’an dernier, le constructeur avait surpris avec l’Honor 200 et l’Honor 200 Pro qui bénéficiaient du savoir-faire du studio Harcourt en matière de portrait. Cette année, le milieu de gamme est représenté par l’Honor 400 uniquement, le 400 Pro n’étant pas vendu en France. Pourquoi ? Honor France n’a pas souhaité nous répondre lorsque nous l’avons interrogé.

Pour être franc, on ne s’attendait pas à de grosses innovations mais plutôt à une évolution en douceur. Après tout, les grosses nouveautés sont réservées aux flagships, véritables vitrines technologiques des constructeurs. On avait tout faux : l’Honor 400 symbolise une évolution non négligeable, mais pas dans le sens qu’on entend généralement.
Le nouveau venu conserve la même puce que son prédécesseur (le Snapdragon 700 Gen 3 de Qualcomm), chose plutôt rare puisque l’évolution matérielle est l’un des piliers majeurs du marketing des constructeurs. Pire : la RAM passe de 12 Go à 8 Go et la caméra dorsale perd son téléobjectif !
Il est étonnant qu’un constructeur propose une « évolution » vers le bas pour un nouveau modèle… Pour être tout à fait exact, on doit préciser que le module principal de la caméra dorsale gagne en résolution. Il embarque désormais un capteur de 200 Mpxl, contre 50 Mpxl auparavant. D’après Honor, c’est le moyen de proposer un zoom 2x « qualité optique ». Pourquoi pas, après tout ? L’intelligence artificielle fait de gros progrès en matière de traitement d’images.
Une « évolution » pas évidente de prime abord
Moins de RAM, pas de changement de puce et disparition d’un module de la caméra arrière : Honor serait-il devenu fou ? La pensée nous a effleuré l’esprit, puis nous avons compris ce qu’il manigançait quand on a vu le prix de vente. Ainsi, l’Honor 400 est commercialisé à partir de 499,99 € (hors promotion de lancement), soit 150 € de moins que l’Honor 200 à ses débuts ! Pas mal du tout, surtout en temps de crise.
Dès lors, l’« évolution » des spécifications techniques passe beaucoup mieux. L’Honor 400 rejoint ainsi le club très fermé des smartphones à 500 €, supposé être le nouvel eldorado de la téléphonie mobile. Il y est en compagnie du très réussi Pixel 9a de Google et — dans une moindre mesure — du Poco F7 Pro de Xiaomi et du Galaxy A56 de Samsung, tous deux bénéficiant de promotions récurrentes.

Très bien, mais qu’est ce qu’on a pour ce prix ? Tout d’abord, un smartphone assez fin (7,3 mm), au look épuré et à l’excellente finition. Sa face arrière est faite d’une feuille de verre dépoli, offre un toucher soyeux ainsi qu’une belle résistance aux traces de doigts. Honor précise que le smartphone est conforme à la norme d’étanchéité IP65 (moins chère à implémenter que l’IP67) et qu’il est résistant aux chutes. C’est vrai : nous l’avons fait chuter deux fois sur du béton depuis une table sans qu’il n’en souffre.
L’écran de 6,55″ occupe quasiment toute la face avant. Il affiche 2736 x 1264 pixels et gère plus d’un milliard de teintes. Sa luminosité en pic HDR monte à 5000 nits et sa fréquence de rafraîchissement atteint 120 Hz. Nous l’avons trouvé agréable et lisible, y compris en plein soleil. Fort classiquement, il dispose d’une d’une perforation afin de faire de la place à la caméra frontale tandis qu’un lecteur d’empreintes digitales, logé sous sa surface, assure la sécurité.
Performances : mauvaises nulle part, moyenne/ bonnes partout !
Évacuons tout de suite le reste de l’aspect quincaillerie, qui n’est pas le plus intéressant sur l’Honor 400. Outre le Snapdragon 7 Gen 3 et ses 8 Go de RAM, il dispose de 256 ou 512 Go de stockage, est compatible 5G, Wifi 6 et Bluetooth 5.4. Ses performances globales le placent dans le haut de la moyenne : il n’est pas extraordinairement bon ou mauvais. Il offre une puissance de traitement suffisante pour venir à bout des tâches numériques du quotidien. On pourra aussi l’utiliser pour jouer occasionnellement aux titres récents ou populaires comme PUBG ou Genshin Impact à condition d’accepter un niveau de détail moindre et parfois un framerate réduit.

L’alimentation électrique de l’Honor 400 est assurée par une batterie de 5300 mAh de technologie Silicium-Carbone. Celle-ci permet de produire des accumulateurs ayant une densité énergétique plus importante que celle du Lithium-Ion (meilleure autonomie à volume égal). Manifestement, Honor a pris le temps de fignoler la consommation du smartphone et l’on peut tenir jusqu’à deux jours en utilisation normale. Si l’on abuse des bons côtés de la vie numérique (streaming à gogo, jeu, appels vidéo fréquents, etc.), on peut tout de même dépasser une journée sans avoir à recharger la batterie.
Celle-ci bénéficie de la technologie SuperCharge 66 Watts. Afin d’en profiter, il faut impérativement utiliser un bloc d’alimentation Honor (vendu séparément). Ainsi paré, on passe de 0 % à 100 % en 46 minutes, ce qui n’est pas mal du tout. Il faudra en revanche faire une croix sur la charge par induction, sûrement jugée trop chère à implémenter.
L’IA mise à l’Honor
L’Honor 400 est équipé d’Android 15 et de MagicOS 9.0, la surcouche maison désormais boostée à l’IA. Nous avons un faible pour MagicOS 9.0 qui conserve l’esprit de l’interface officielle d’Android tout en comblant ses lacunes (et elles sont nombreuses).
En revanche on n’apprécie pas du tout la douzaine de bloatwares ajoutés au système. Heureusement qu’il reste possible de les désinstaller, à la notable exception de l’App Market, le plus redoutable d’entre eux. Évitez de le lancer, sous peine de trouver régulièrement dans l’interface des applications non désirées regroupées en dossiers. Bien sûr, on peut les retirer, mais elles réapparaissent périodiquement. C’est à notre avis le principal défaut de l’Honor 400.
Honor met l’emphase sur l’intelligence artificielle, que l’on trouve un peu partout. Dans la gestion de la consommation d’énergie, évidemment, mais aussi dans la retouche photographique, la traduction, la prise de notes ou dans la détection de deepfakes lors d’une conversation vidéo. La fonction la plus impressionnante (mais pas la plus utile) est sans conteste la génération d’une vidéo à partir d’une image.
Logée dans l’interface de la galerie photo, elle fait appel à Veo2, l’outil de Google dédié à la création de vidéos par IA. Pour l’instant, Honor autorise la création de dix vidéos par jour, pendant deux mois. Ensuite ? « On verra » nous répond le constructeur, rien n’étant encore décidé pour le moment. À suivre, donc…
Les fonctions d’intelligence artificielle sont traitées partiellement en local (le Snapdragon 7 Gen 3 n’est pas une bête de course) puis transmises au Cloud pour l’achèvement. Ce traitement collaboratif implique d’avoir toujours accès à une connexion au net et — surtout — d’accepter de confier ses précieuses données à Honor et à Google.
Des photos qui tiennent la route
Côté photographie, l’Honor 400 dispose d’une caméra dorsale composée de deux modules :
- Module principal : capteur 200 Mpxl de 1/1,4″ ; objectif f/1,9 ; autofocus ; stabilisation optique
- Ultra grand-angle : capteur 12 Mpxl ; objectif f/2,2 ; autofocus
La caméra frontale embarque un capteur de 50 Mpxl ainsi qu’un objectif f/2.

Honor n’est pas très bavard sur les spécifications techniques : on se contentera de ce qui est fourni. On avait de gros doutes sur la disparition du téléobjectif (composant plutôt onéreux) et son remplacement par un zoom 2x « qualité optique ». On avait tort.



Les images réalisées en luminosité correcte avec l’ultra grand-angle sont acceptables, même si l’on perçoit un évident manque de piqué sur les bords. Celles shootées avec le module principal sont très bonnes, la netteté et le respect colorimétrique étant évidents. Cette constatation reste valable avec le zoom 2x « qualité optique », qui ne vole pas son nom.
En le poussant à 4x, le résultat est globalement correct, même si un examen minutieux permet de déceler le côté artificiel du rendu. Rien de dramatique, toutefois. Au-delà, les détails commencent à devenir de moins en moins visibles, mais on peut aller jusqu’à 10x avec un peu d’indulgence sur la netteté. À 30x, on se trouve face à un résultat pas vraiment brillant, à moins d’activer « AI Super Zoom ».
AI Super Zoom utilise l’IA afin d’améliorer la qualité du zoom x30, quitte à inventer des détails © Marc Mitrani pour Clubic
Déjà croisée sur l’Honor Magic 7 Pro, AI Super Zoom est un traitement effectué par l’IA dans le cloud d’Honor. Pour l’utiliser, il faut obligatoirement se trouver sous la couverture d’un réseau (Wifi ou mobile). Sans cela, son icône n’apparaît pas. L’IA tente de reconstituer les détails de la scène afin d’apporter plus de netteté et de définition. Le résultat est convaincant, même s’il n’est pas toujours fidèle. À partir du moment où l’on n’obtient pas une reproduction du réel, peut-on toujours parler de photographie ? Ce n’est pas sûr du tout !
En faible luminosité ou en mode nocturne, les photos sont un peu moins définies mais restent correctes. On est alors limité au zoom 10x, rendant de facto non atteignable AI Super Zoom, disponible à 30x uniquement. Le mode portrait, co-conçu avec le célèbre studio Harcourt Paris, est une franche réussite. On apprécie également le mode macro, dont les images sont satisfaisantes.
Ce qu’on pense de l’Honor 400
À l’issue de notre test, nous sommes obligés de reconnaître que l’Honor 400 est bien une évolution de l’Honor 200, même si ses spécifications techniques ne sont pas en hausse. Le Snapdragon 7 Gen 3 fait bien le boulot qu’on attend de lui, même accompagné de seulement 8 Go de RAM. La disparition du téléobjectif est compensée par un zoom 2x « qualité optique » que nous trouvons convaincant et nous apprécions toujours autant le mode portrait concocté avec le Studio Harcourt Paris. L’écran est quant à lui une réussite.
On apprécie l’autonomie assez élevée pour ne pas avoir à emporter un chargeur lors d’un déplacement de deux jours. Bon point aussi pour MagicOS 9.0 et ses fonctions d’intelligence artificielle, notamment la génération de vidéo à partir d’une image. Carton rouge en revanche pour la présence de bloatwares parfois très envahissants.
Le prix est une bonne surprise (pour une fois). Hors promotion de lancement, l’Honor 400 est proposé à 500 euros en version 8 Go+256 Go et à 580 euros en 8 Go + 512 Go. Cela représente une baisse de 150 euros par rapport au prix de lancement de l’Honor 200. Enfin, la fourniture des patches de sécurité et des mises à jour majeures de l’OS est garantie pendant six ans.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.










