C’était l’une des annonces les plus attendues de ce début d’année. Alors que tous les observateurs pariaient sur un iPhone SE, Apple a surpris tout le monde en dévoilant l’iPhone 16e, “un nouveau membre de la famille” iPhone 16.
L’iPhone 16e n’est pas un iPhone SE. Il est même le modèle qui enterre le concept d’iPhone pas cher. Car l’iPhone 16e est complètement intégré à la gamme iPhone 16. Selon Apple, il incarne l’iPhone “dernier cri, au meilleur prix”.
Le prix, justement, marque bien le changement d’époque. Alors que l’iPhone SE était proposé aux alentours de 500 euros, l’iPhone 16e s’échange contre 719 euros minimum. Un tarif élevé pour un smartphone dit “abordable”. Mais Apple étant Apple, ce positionnement premium ne surprend pas vraiment.
La véritable question est : l’iPhone 16e vaut-il ces 719 euros ? Pour le savoir, nous l’avons utilisé pendant une semaine. Voici notre test complet.
Ce qu’on a aimé de l’iPhone 16e
Son design premium
S’il est un domaine dans lequel Apple a toujours su se distinguer, c’est bien celui du design. L’iPhone 16e hérite évidemment de ce savoir-faire. Contrairement à certains concurrents, l’iPhone le moins cher reste un appareil ultra-premium.
Ses lignes reprennent celles d’un iPhone 14, les matériaux récents en plus. Le dos est recouvert du même verre Ceramic Shield (l’un des plus solides du marché) que les modèles plus haut de gamme. Il a fait l’objet de la plus grande attention : le revêtement légèrement granuleux n’est pas sans rappeler celui de l’iPhone 5 (pour ceux qui l’ont connu). Magnifique !
Surtout, le choix d’intégrer un seul module photo directement dans le châssis confère à l’iPhone 16e un aspect minimaliste très appréciable.

Si l’arrière fait parfaitement illusion, la face avant nous plonge dans un passé pas si lointain, mais un passé tout de même. Il est ainsi en tous points identique à un iPhone 14 lancé il y a maintenant deux ans et demi. Apple a cru bon de ne pas intégrer la Dynamic Island, la petite pilule interactive inaugurée avec l’iPhone 14 Pro. Bien que son utilité soit toute relative, elle participe à l’esthétique moderne des derniers iPhone. On doit donc faire avec la bonne vieille encoche disgracieuse d’un autre temps. Apple se rattrape avec une intégration exemplaire de l’écran de 6,1” : ses bordures sont extrêmement fines et la symétrie est parfaite.
En main, l’iPhone 16e nous paraîtrait presque compact. Très agréable à manipuler, il est sans aucun doute possible le smartphone le plus premium dans cette gamme de prix. Un petit bonbon.
Ses excellentes performances

Apple se targue d’équiper son iPhone 16e de la puce A18, la même que celle des iPhone 16 et 16 Pro. En y regardant de près, ce n’est pas tout à fait exact. La puce intégrée à l’iPhone 16e est en réalité une version légèrement moins performante que celle de ses frères. Apple utilise certaines puces de ses chaînes de production, celles dont l’un des coeurs graphiques ne bat plus. La puce de l’iPhone 16e dispose donc d’un peu moins de puissance.
Cela se ressent-il à l’usage ? Absolument pas. Seules les applications de benchmarking analysant les performances graphiques permettent de détecter un écart de puissance. L’iPhone 16e est capable d’exécuter toutes les applications et jeux les plus exigeants sans jamais montrer le moindre signe d’essoufflement. Apple réussit également à limiter la chauffe en activant le throttling (réduction des performances pour maintenir une température acceptable) assez tôt. Mais même en bridant légèrement ses performances, l’iPhone 16e reste un monstre de puissance.
L’intégration de l’A18 permet non seulement de jouir d’une expérience fluide et agréable, mais aussi d’assurer une durée de vie confortable au produit. Cela est d’autant plus vrai qu’Apple a pour habitude de déployer ses mises à jour majeures pendant de nombreuses années (autour de 5/6 ans). Acheter l’iPhone 16e peut donc être perçu comme un investissement à long terme.
Sa bonne autonomie

L’iPhone 16e est présenté comme l’iPhone le plus endurant de l’histoire. En théorie, il permet de regarder jusqu’à 26 heures de vidéo en continu. En pratique, il se révèle en effet très endurant. Nous avons pu l’utiliser pendant un week-end complet sans avoir besoin de le charger. Dimanche soir, il lui restait encore 10% de batterie. Durant ces deux jours, notre utilisation était centrée sur la photo, les réseaux sociaux, une quinzaine de minutes de navigation GPS et environ deux heures de vidéo Youtube. En intégrant un peu de jeu, de retouche photo et de vidéo, on peut donc espérer atteindre la journée et demie d’utilisation. Une excellente performance.
Plusieurs paramètres expliquent cette bonne autonomie. Composant le plus gourmand en énergie, l’écran manque de luminosité (nous y reviendrons) ce qui réduit la consommation. L’iPhone 16e intègre surtout l’Apple C1, son premier modem maison. À l’instar des puces Apple Silicon, ce composant – qui a coûté plusieurs milliards de dollars en R&D – permet à Apple de mieux maîtriser la consommation d’énergie. Bien vu, le modem étant un autre composant très énergivore. Enfin, le retrait d’un coeur graphique réduit aussi les besoins en énergie électrique.
Bien que la recette fonctionne, la promesse marketing n’est pas vraiment au rendez-vous. C’est en tout cas ce qui ressort des tests effectués au laboratoire 01Lab. L’iPhone 16e atteint 15h10 sur nos protocoles en lecture vidéo, un score très proche de l’iPhone 16, qui n’est pas l’iPhone le plus réputé pour son autonomie.
L’iPhone 16e n’est donc pas l’iPhone le plus endurant de l’histoire. Toutefois, on ne lui en tiendra pas rigueur, son autonomie répondant parfaitement aux besoins de n’importe quel utilisateur.
La qualité photo
Bien qu’il ne soit équipé que d’une seule optique, l’iPhone 16e produit des photos d’excellente facture. Apple l’a en effet équipé du même capteur principal de 48 MP que celui intégré aux iPhone 16 et 16 Pro, soit l’un des meilleurs du marché. La qualité des clichés se révèle donc remarquable, avec un très bon piqué, des contrastes équilibrés ainsi qu’un rendu naturel.
En l’absence de tout autre capteur, l’iPhone 16e produit des photos en zoom 2x sans perte grâce à un crop dans l’image. Une méthode déjà employée par Apple pour ses iPhone 16, eux aussi dépourvus de téléobjectif. En zoom 2x et dans de bonnes conditions de lumière, les clichés sont plus que satisfaisants avec une bonne conservation des détails. Les résultats restent corrects jusqu’en zoom 4x. Au-delà, les limites de l’IA se font sentir.

Les portraits restent corrects, même s’ils n’atteignent pas le niveau d’un iPhone 16. L’absence d’ultra grand-angle empêche la production de portraits améliorés.
Sans surprise, les images réalisées en basse luminosité sont proches de celles produites par l’iPhone 16. La qualité est donc au rendez-vous jusqu’au zoom 4x, même si Apple n’a toujours pas réglé son problème de lens flare.

L’iPhone 16e est donc un excellent photophone. Comme on le verra un peu plus loin, ce n’est pas suffisant en 2025, surtout pour un modèle vendu plus de 700 euros.
Compatible avec Apple Intelligence

Au jeu des comparaisons, l’iPhone 16e dispose d’un atout non négligeable par rapport aux générations précédentes : il est prêt à accueillir Apple Intelligence. Cela tombe bien, l’IA d’Apple débarque en France en avril 2025.
Pour le moment, cet argument pèse peu sur la balance. Apple Intelligence est encore loin de l’assistant personnel révolutionnaire présenté en grande pompe l’année dernière. La révolution promise par Apple reste embryonnaire.
Apple Intelligence déployée en avril n’intègrera que quelques fonctionnalités de retouche de texte, de génération d’image (Image Playground et Genmoji) et de recherche en ligne grâce à ChatGPT. En optant pour un développement en interne, Apple accuse pour le moment un sérieux retard sur les concurrents qui se sont saisis des outils pré-existants (notamment Gemini sur les appareils Android). Pour le moment…
Il ne fait aucun doute que la Pomme intégrera progressivement des fonctionnalités de plus en plus pointues et accessibles de façon à faire entrer l’iPhone dans une nouvelle ère. Puisque l’iPhone 16e en profitera, cela lui assure une durée de vie de plusieurs années. Un atout non négligeable face à ses concurrents, certes vendus moins chers, mais aussi plus rapidement obsolètes.
Ce qu’on a moins aimé de l’iPhone 16e
Son écran d’un autre temps

Saluons d’abord l’intégration d’un écran OLED sur un iPhone à moins de 800 euros. Il fût un temps où un tel choix technique aurait été miraculeux. Nous pouvons donc imaginer qu’Apple a suffisamment de stock de dalles d’iPhone 14 en rab’ pour réduire les coûts de production et maintenir de bonnes marges.
Nous n’irons pas plus loin sur les points positifs de l’écran choisi ici par Apple. Il s’agit d’une dalle du passé et ses performances ne répondent pas aux standards actuels. D’abord, la fréquence de rafraîchissement est limitée à 60 Hz. Ce n’est guère surprenant puisque l’iPhone 16, vendu près de 1 000 euros, subit la même limitation. Pas la peine de revenir sur l’antique encoche à laquelle nous avons taillé un joli costard un peu plus haut.
Plus gênant, la dalle manque cruellement de luminosité. Selon les tests du 01Lab, elle ne dépasse jamais les 800 nits, y compris en pic maximum. À l’usage, cela se traduit par un écran difficilement lisible en extérieur lorsque le soleil brille ou que le ciel est blanc. C’est aussi le cas en intérieur dans des environnements très lumineux. En comparaison un Pixel 8a, vendu moins de 500 euros, dispose d’un écran atteignant une luminosité maximale de 2 000 nits.
C’est d’autant plus regrettable que la puce graphique ultra performante permet de jouer à des jeux AAA, de retoucher des photos en RAW ou de monter des vidéos en 4K. Avec un écran qui se goinfre de reflets, l’expérience n’est pas des plus agréables.
La (dé)charge

Apple n’a jamais figuré parmi les bons élèves en matière de rapidité de charge. L’iPhone 16e n’y changera rien. Selon les chiffres du 01Lab, il lui faut plus de 100 minutes (environ 1h40) pour se passer de 0 à 100%. En 10 minutes, on atteint tout juste les 20%. Des performances bien loin des modèles vendus deux fois moins cher.
La charge sans fil est encore plus décevante. Apple a choisi de ne pas doter l’iPhone 16e de son système de charge magnétique très pratique. La compatibilité Qi 2 est elle aussi aux abonnés absents et il faut faire avec lentissime Qi 1. Comme l’écran, ce dernier appartient à un passé que l’on aurait aimé oublier… Mieux vaut utiliser un bon vieux cable la nuit afin d’éviter toute mauvaise surprise.
Un seul module photo

Plus de 700 euros et un seul module photo. Vous n’en rêviez pas, Apple l’a fait. Doit-on s’en étonner ? Pas vraiment. Les iPhone 16, vendus près de 1 000 euros, n’ont pas de téléobjectif, pourtant disponible sur des modèles plus abordables.
Certes, l’unique module de l’iPhone 16e produit des photos d’excellente qualité. Mais cette solitude limite fortement les possibilités. C’est d’autant plus regrettable que l’iPhone a la réputation de se positionner comme l’un des meilleurs photophones du marché.
Ce n’est pas le cas ici. Le Pixel 8a, par exemple, surclasse l’iPhone 16e alors qu’il coûte presque 300 euros de moins.
Apple peut toujours prétendre que les consommateurs utilisent peu les capteurs secondaires, mais c’est faux. Selon une étude de l’INSEE, l’appareil photo figure parmi les principaux critères d’achat des consommateurs (derrière la marque, l’autonomie et les performances). Même en admettant qu’Apple dise vrai, qu’en sera-t-il dans 3 ou 4 ans ? Les consommateurs se contenteront-ils encore d’un matériel photographique aussi léger ? Rien n’est moins sûr.
On regrette aussi l’absence de stabilisation optique, présente sur le reste de la gamme. Les amateurs de vidéos devront se montrer plus agiles afin d’obtenir un résultat de bonne qualité.
Économies de bout de chandelle

Afin de maintenir (voire augmenter) ses sacro-saintes marges, Apple rogne aussi sur quelques composants essentiels. La puce Apple C1, pourtant toute nouvelle, ne prend pas en charge le WiFi 7, ni même le WiFi 6E. Le port USB-C est en USB 2.0, comme sur l’iPhone 16, mais ne supporte pas de sortie vidéo. Il est donc impossible de diffuser quoi que ce soit sur un écran externe par connnexion filaire. En 2025…
Comme nous le mentionnions plus haut, l’iPhone 16e ne prend pas en charge les accessoires MagSafe même s’il est aimanté (nous avons pu le faire tenir sur un chargeur vertical). En revanche, sa puissance de charge reste limitée à 7,5 W. C’est très lent.
Enfin, l’iPhone 16e n’est pas ultra wideband : le suivi d’objets comme les AirTag est donc possible, mais pas avec précision.
Toutes ces petites économies de bout de chandelle font un peu tâche pour un produit dont le rapport techno-prix est déjà loin d’être intéressant. Surtout, elles ne s’inscrivent pas dans la démarche de durabilité de la marque. Dommage.
Notre avis sur l’iPhone 16e
Malgré ses faiblesses techniques (un seul module photo dorsal, écran peu lumineux, charge lente, pas de MagSafe), l’iPhone 16e reste une proposition intéressante pour de nombreux consommateurs. Les ex-utilisateurs d’iPhone SE, possesseurs d’iPhone 11, les adolescents , les seniors recherchant de la simplicité, les foyers aux finances limitées : tous ces profils trouveront dans l’iPhone 16e un smartphone élégant, puissant, endurant, solide et durable (notamment grâce à la compatibilité avec Apple Intelligence).
Le seul problème de l’iPhone 16e, c’est son prix. Proposé à partir de 719 euros, il est, selon nous, mal positionné. Bien qu’Apple soit pratiquement seule sur ce créneau, elle fait trop de sacrifices techniques (surtout préjudiciables dans le temps) pour justifier un tel tarif.
Les alternatives sont nombreuses pour les consommateurs ne vouant pas un culte à l’iPhone. Le Pixel 8a, le Galaxy S24 FE, le Xiaomi 14T Pro sont bien plus complets et vendus au même prix, voire moins cher.
Pour les fans d’Apple, l’iPhone 15 Pro est un meilleur choix que l’iPhone 16e. Vendu autour des 750 euros en reconditionné, il est le seul iPhone d’ancienne génération à pouvoir accueillir Apple Intelligence. Pour le coup, son rapport techno-prix est imbattable.
Pourtant, l’iPhone 16e est bien parti pour cartonner. Car le rapport techno-prix devient beaucoup plus intéressant dès lors que l’on s’intéresse aux modèles subventionnés par les opérateurs. Chez Orange, l’iPhone 16e est proposé à partir de 5 euros avec un forfait à 81 euros par mois. C’est cher ? Avec un abonnement à 36 euros par mois, il est disponible à 319 euros. C’est mieux. Chez SFR, on le trouve à 271 euros avec un forfait à 40 euros par mois. Enfin, Bouygues Telecom le propose à 262 euros avec un forfait à 31 euros par mois.
En cumulant les offres de reprise et les remises sur les forfaits box+mobile pour les familles, l’iPhone 16e sera sans aucun doute la nouvelle poule aux oeufs d’or d’Apple. Les actionnaires seront ravis…
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