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Test Nothing Phone (2) : ces petits riens qui font toute la différence

Le petit poucet de la Tech revient sur le marché des smartphones avec le Nothing Phone (2). Un modèle plus cher mais aussi plus premium. Nous l’avons testé en avant-première.

Portée par une partie des anciennes équipes OnePlus, la marque Nothing tente le pari audacieux de se faire une place dans l’univers impitoyable de la Tech.

Oscillant entre appareils audio et smartphones, l’entreprise a pour credo de rendre la technologie plus fun. Dans une industrie, disons-le, ronronnante, cette promesse fait forcément envie.

Mais les promesses, ça nous connaît… Pas question de se jeter dans les bras du premier beau parleur. Nothing en est conscient et redouble d’efforts pour concevoir des produits toujours plus originaux, parfois avec réussite (Nothing Ear 2), parfois avec fracas (Nothing Ear Stick).

Avec le Phone (1), la marque promettait de se montrer « disruptive » (terme très à la mode à l’époque). Finalement, entre précipitation et lancement organisé à la hâte, le Phone (1) n’a pas eu l’effet escompté même s’il s’est imposé comme le smartphone le plus original de 2022, loin devant la concurrence.

En 2023, Nothing explique avoir revu ses exigences à la hausse. Le Phone (2) reprend les bons ingrédients du Phone (1) et améliore ses points faibles. Plus confiante, la marque opère une montée en gamme et s’invite sur le segment premium avec ce que cela implique : une hausse significative des prix.

Le Phone (2) est proposé à partir de 649 euros (pour la version 8/128 Go, 729 euros pour la 12/256 Go et 849 euros pour la 12/512 Go), contre 469 euros pour le Phone (1). Cette différence de prix est-elle justifiée ? Le Phone (2) rivalise-t-il avec les références de son marché (Galaxy S23, iPhone 14, Pixel 7) ? Réponse dans notre test complet.

Nothing Phone (2) 12+256 Go au meilleur prix Prix de base : 729 €

La philosophie Nothing

test nothing phone 2 logo
© Presse-citron

« Rendre la technologie à nouveau fun ». Voilà comment se résume la philosophie Nothing. Fondée en 2020, l’entreprise basée à Londres s’est construit un écosystème caractérisé par des produits au design transparent et innovant. En 2022, Nothing a vu son Phone (1) récompensé parmi les meilleures inventions de l’année dans le magasine Time. Au total, 1 500 000 produits de la marque se sont écoulés dans le monde, toutes catégories confondues.

Portée par des investisseurs de renom (dont le célèbre Youtubeur Casey Neistat), Nothing compte désormais franchir un nouveau cap. Une levée de fonds de 96 millions de dollars visant à implanter la marque aux Etats-Unis devrait l’y aider.

Doucement mais sûrement, Nothing grandit dans une industrie dominée par les monstres Apple et Samsung. Et elle ne manque pas d’imagination pour se distinguer. De la conception de ses produits à l’optimisation des logiciels, l’entreprise s’améliore mois après mois. À tel point que certains la voient comme le Apple de l’univers Android.

Design un rien différent

Vous avez aimé le design du Phone (1) ? Vous allez adorer celui du Phone (2). Comme la plupart des constructeurs, Nothing propose davantage une nouvelle itération de son téléphone plutôt qu’un tout nouveau modèle. On ne s’en plaindra pas, tant le design du Phone (1) nous avait séduits.

Si à première vue rien ne change (même design transparent, même coloris, même capteurs photo) le Phone (2) a fait l’objet de nombreux ajustements. Des petits rien qui font toute la différence.

Alors que le Phone (1) se positionnait comme un modèle milieu de gamme, le Phone (2) est résolument premium. À commencer par les matériaux utilisés : un dos en verre bombé en lieu et place du plastique plat. De quoi assurer une meilleure prise en main, apporter plus de confort et donner la sensation de tenir un smartphone haut de gamme.

Sous le capot transparent, les textures ont toutes été revues. Les reliefs sont plus prononcés, les espaces entre les composants réduits et une couleur monochrome du plus bel effet confère au Phone (2) un aspect raffiné.

test nothing phone 2 audio
© Presse-citron

En main, le smartphone est léger, agréable à manipuler même s’il nécessite l’emploi des deux mains pour plus de confort. Les courbes plus arrondies (notamment au niveau des bordures plongeantes de la face arrière) permettent une meilleure préhension. Le Phone (2) est donc nettement plus agréable à utiliser que le Phone (1), trop anguleux à notre goût.

Nothing a aussi mis un point d’honneur à réduire son impact environnemental en utilisant un maximum de matériaux recyclés. Le châssis en aluminium, plus léger, est 100% recyclé. 9 cartes de circuits imprimés sont soudées avec 100% d’étain recyclé, la carte du circuit principal est composée de feuilles de cuivre 100% recyclées.

Vous en voulez encore ? 80% des pièces en plastique viennent de sources durables et 28 pièces d’emboutissage en acier sont constituées de 90% d’acier recyclé. Grâce à ces ajustements, le Phone (2) a 8,6% d’empreinte carbone en moins par rapport au Phone (1).

Cette philosophie, Nothing l’applique jusque dans le packaging puisque la boîte du Phone (2) ne dispose d’aucun élément en plastique et se constitue à 60% de papier recyclé.

Seule ombre au tableau, une toute petite certification IP54 quand la norme est fixée à l’IP68 dans ce segment de prix.

Ça Glyph tout seul

Comme le Phone (1), le Phone (2) reprend le Glyph, ce système de LED s’allumant à l’arrière du smartphone. Avec cette technologie, Nothing veut aider les consommateurs à changer leurs habitudes en les amenant à une utilisation plus raisonnée du smartphone.

L’idée avec Glyph est donc de donner des informations aux utilisateurs sans qu’ils ne se sentent obligés de saisir leur téléphone. Ainsi, dès que l’on pose le Phone (2) sur l’écran, le Glyph s’active.

La disposition des LED a été repensée et s’accompagne de quatre nouvelles fonctionnalités (dont certaines seront ajoutées au Phone (1) via une mise à jour) :

  • Glyp Essential : cette fonctionnalité permet de rester concentré en restreignant les notifications à des contacts choisis au préalable. Lorsque l’un de ces contacts tente de vous joindre, une lumière reste allumée jusqu’à ce que vous l’ouvriez. « Tout le reste peut attendre » nous dit Nothing.
  • Glyph Composer : permet de composer soi-même ses sonneries grâce à des sons pré-enregistrés que l’on associe en tapant sur certaines zones, un peu à la manière d’une batterie électronique.
  • Intégration des applications tierces : Nothing a scellé des partenariats avec de grandes marques pour éviter de regarder l’écran quand cela n’est pas nécessaire. Par exemple, Uber fait partie des partenaires. Lorsqu’un livreur ou un chauffeur doit vous rejoindre, une LED disparaît progressivement selon l’avancée du livreur/chauffeur.
  • Interface Glyph : présentée sous forme d’application, cette interface permet de personnaliser l’utilisation du Glyph. On peut donc choisir les schémas de clignotements des LED lorsque le téléphone sonne ou encore définir un minuteur (une LED s’allumera progressivement jusqu’à la fin du minuteur). On peut aussi activer Flip to Glyph qui permet de ne recevoir les notifications que par la lumière.

Nous devons bien l’admettre, cette idée à première vue saugrenue se révèle efficace au quotidien. Oui, nous avons moins utilisé notre smartphone par réflexe améliorant ainsi notre productivité et réduisant ainsi notre stress face aux stimuli des notifications.

Pour ne rien gâcher, Glyph améliore significativement l’autonomie du téléphone, allumer l’écran étant l’usage le plus gourmand en énergie.

Belle montée en gamme

test nothing phone 2 avis
© Presse-citron

Si Nothing ne semble procéder qu’à des ajustements de design, les entrailles du Phone (2) sont d’un tout autre genre. Alors que le Phone (1) était positionné comme un smartphone milieu de gamme, son prédécesseur se veut résolument haut de gamme.

Pour jouer dans la cour des grands, Nothing a donc dû revoir ses ambitions à la hausse. L’écran, d’abord, repose sur une dalle LTPO OLED de 6,7’’ FHD avec un taux de rafraîchissement adaptatif de 1 à 120 Hz et une compatibilité HDR10+. Nothing annonce un taux de contraste de 1 000 000:1 ainsi qu’une luminosité maximale de 1 600 nits. Que dire de cet écran si ce n’est qu’il en met plein la vue ?

Lumineux, bien calibré, il saura satisfaire aussi bien les fans de multimédia que les « scrollers » frénétiques adeptes des réseaux sociaux.

test nothing phone 2 ecran
© Presse-citron

Nothing opte aussi pour une puce haut de gamme. Pour contenir les coûts, la marque intègre le processeur Snapdragon 8+ Gen 1, celui qui équipait les smartphones premium lancé l’année dernière, améliorant les performances de 80% par rapport au Phone (1).

Associé à 8 ou 12 Go de RAM, le processeur offre un niveau de performances très élevé même s’il n’atteint pas celui de la toute dernière génération. Peut-on s’en plaindre ? Absolument pas, la puissance délivrée par le Phone (2) permettant de tout faire, y compris jouer aux jeux les plus exigeants du moment.

Non seulement ce choix matériel vient corriger l’une des plus grandes faiblesses du Phone (1) mais il permet aussi au Phone (2) d’afficher une bien meilleure durée de vie.

Et l’appareil photo alors ?

test nothing phone 2 appareil photo
© Presse-citron

Alors ne vous attendez pas à une révolution technique, Nothing ayant fait le choix de conserver peu ou proue la même configuration que celle du Phone (1). On retrouve donc :

  • un objectif grand-angle (f/1,88) équivalent 24 mm ; capteur Sony IMX890 de 50 Mpxl (1/1,56’’ ; photosite 1 um) ; stabilisation optique et numérique
  • un objectif ultra grand-angle (f/2,2) ; capteur Samsung JN1 de 50 Mpxl (1/2,76’’) ; champ de vision 114° ; stabilisation numérique

Seul le capteur frontal (repositionné au centre) change complètement. Le Phone (2) peut donc compter sur un capteur Sony IMX615 de 32 Mpxl (1/2,74’’) avec objectif grand-angle (f/2,45).

Pourquoi ne pas avoir intégré de nouveaux capteurs alors que le positionnement est plus premium ? « Parce que les capteurs ne font pas tout » explique Nothing. La marque préfère se concentrer sur l’optimisation des algorithmes de traitement. Une stratégie adoptée par Apple (sur ses modèles plus anciens) et Google avec beaucoup de réussite. Malgré un matériel photographique modeste, les Pixel ont toujours su s’imposer comme des références en matière de photographie.

Alors pourquoi pas Nothing ? Si la marque n’a pas la prétention de se comparer à Google, elle a choisi de concentrer les efforts de ses ingénieurs sur le traitement de l’image. Une bonne idée puisque le Phone (2) se montre bien plus convaincant que son prédécesseur, très moyen dans cet exercice.

De là à dire que le Phone (2) peut rivaliser avec les meilleurs du marché, n’exagérons pas. Si les clichés sont réussis dans de bonnes conditions de lumière (avec des contrastes un poil trop marqués parfois), le Phone (2) est en difficulté sur certains aspects.

À commencer par la rapidité du déclenchement. C’est lent, trop lent. À tel point que l’on se retrouve trop souvent avec des clichés flous, soit parce que l’on pense avoir shooté la photo et que l’on bouge trop vite le téléphone, soit parce que le sujet shooté s’est déplacé.

Autre faiblesse : les photos en basse lumière. Oui, le Phone (2) s’est un peu amélioré par rapport à son prédécesseur, mais pas suffisamment pour se frotter à ses concurrents directs (iPhone 14, Galaxy S23, Pixel 7, Honor 90). Les résultats ne sont pas toujours concluants, notamment à cause de ce fichu déclencheur trop lent. L’IA a aussi tendance à trop éclairer les scènes ce qui enlève tout le caractère “nocturne” des photos.

Pour le reste, l’ultra grand-angle et le zoom 2x présentent les mêmes qualités et défauts que le capteur principal. Le mode portrait est correct mais parfois imprécis. Et la vidéo (jusqu’en 4K à 60 im/s) est plutôt maîtrisée.

Sur le terrain de la photographie, à l’exception du très réussi capteur frontal, le Phone (2) n’est donc pas encore tout à fait au niveau de ses concurrents. Les ingénieurs ont encore un peu de travail d’optimisation. La bonne nouvelle est que ces améliorations peuvent être apportées au fil du temps via des mises à jour.

Le Nothing Phone (2) c’est aussi…

test nothing phone 2 autonomie
© Presse-citron
  • Une batterie de 4 700 mAh (200 mAh) de plus assurant une journée et demie à deux jours d’utilisation selon l’intensité de vos usages.
  • Un recharge filaire jusqu’à 45W (chargeur non fourni) permettant de recharger le Phone (2) à 50% en 22 minutes et à 100% en 1h (selon les chiffres de notre laboratoire 01Lab
  • Une recharge sans fil 15W et inversée 5W
  • Une qualité audio très moyenne : le son est vite saturé, les basses mal maîtrisées et les aigus criards. À revoir.
  • Une connectivité 5G, Bluetooth 5.3, WiFi 6
  • Un lecteur d’empreintes sous l’écran et une reconnaissance facile 2D.
  • 3 ans de mise à jour logicielle majeure et 4 ans de mises à jour de sécurité
  • Nothing OS 2.0, une interface inspirée du design du téléphone. Basée sur une version pure d’Android, la surcouche de Nothing apporte surtout des options de personnalisation enrichies, des widgets plus travaillés (disons-le inspirées d’iOS) et un thème monochrome visant à moins se laisser envahir par son smartphone. On adore.
Nothing Phone (2) 12+256 Go au meilleur prix Prix de base : 729 €

Notre avis sur le Nothing Phone (2)

Si le Phone (2) n’est pas encore le smartphone parfait, il apporte ce vent de fraîcheur qui manque terriblement sur un marché des smartphones bien terne. Si le Phone (1) nous donnait un avant-goût de la philosophie Nothing, il présentait trop de défauts pour s’imposer comme une référence.

Avec le Phone (2), Nothing corrige presque tous les défauts de la première génération. Plus performant, plus endurant, plus stylé, meilleur en photo, le Phone (2) se distingue du reste du marché par son design, son interface et son désormais célèbre Glyph.

Surtout, il incarne à merveille la philosophie de Nothing. Oui, le Phone (2) rend la technologie plus fun.

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Nothing Phone (2)

Dès 649€
9.1

Design et écran

9.5/10

Performances et interface

9.5/10

Autonomie et recharge

9.5/10

Appareil photo

8.0/10

Rapport qualité-prix

9.0/10

On aime

  • Design et finitions
  • Glyph, la killer feature
  • Très bonnes performances et autonomie
  • Interface Nothing OS 2.0
  • Bel écran

On aime moins

  • Audio médiocre
  • Appareil photo encore perfectible
  • IP54 seulement
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