Vu la concurrence féroce qu’il existe sous la barre des 300 euros, mieux vaut en 2021 proposer un smartphone équilibré sous peine de vite sombrer dans l’oubli. Ce que nous appelons ici « équilibre », c’est cette bonne vieille notion de rapport « qualité-prix ». Une équation pas toujours évidente à résoudre.
D’autant qu’avec la généralisation progressive de la 5G sur de nombreuses références entrée et milieu de gamme, les constructeurs doivent encore plus se triturer les méninges pour amortir cet ajout sur la fiche technique. Les ingénieurs d’Oppo ont-ils fait les bons calculs avec ce A54 5G proposé à 260 euros ?
Un LCD bien calibré vaut mieux que deux tu l’auras…
Premier choix fort, Oppo opte pour un écran IPS LCD de 6,6 pouces avec une définition Full HD+ (2400 x 1080 pixels). Diantre, pas d’Amoled ? Autant le dire de suite, c’est une franche réussite tant cette dalle flatte la rétine quel que soit l’usage. D’ailleurs, cette réussite tombe à point nommé pour remettre quelques pendules à l’heure en matière d’écran.

Tout d’abord, tout est une question d’attente de la part du consommateur. Oui, sur le papier l’Amoled est une technologie plus récente, plus performante, notamment en matière de taux de contraste, et moins énergivore.
Cependant, cette technologie est également plus onéreuse et a tendance à proposer une restitution des couleurs qui vire souvent à la saturation. On aime ou on n’aime pas. Là où le LCD offre une gestion de la colorimétrie plus naturelle, bien plus proche de la réalité. Encore une fois, c’est une affaire de goût.

Second point, encore plus important. Bien souvent, on oublie l’importance du calibrage réalisé par les ingénieurs. Un écran LCD bien calibré sera toujours meilleur qu’une dalle Amoled dont les réglages ont été réalisés avec des moufles.
Et force est de constater, que le calibrage de ce A54 5G est vraiment aux petits oignons. Aucune dérive colorimétrique, une température chromatique toujours juste, notamment lorsque l’on regarde des photos et des vidéos.
D’autant que ce smartphone propose un taux de rafraîchissement de 90 Hz pour une expérience fluide et sans accroc. Même la luminosité maximale, talon d’Achille des écrans LCD, est ici acceptable.
Autonomie ou charge rapide, mais pas les deux
Avec sa batterie de 5000 mAh, ce Oppo A54 5G a sur le papier les reins plutôt solides. Ce qui se vérifie agréablement à l’usage. Et pourtant, les écrans LCD sont généralement plus gourmands en énergie, comme quoi.
En usage modéré, il tient facilement une journée et demie. Pourtant, on ne l’a pas trop ménagé avec notre navigation Internet, nos deux épisodes de la saison 4 de « L’Attaque des Titans » sur Netflix, nos innombrables « blabla » sur Messenger et nos presque trois heures de streaming audio.
En le poussant un peu dans ses retranchements, autrement dit en allongeant l’utilisation du streaming vidéo de deux épisodes et en ajoutant une petite demi-heure de jeux 3D, il a tout de même tenu une journée. C’est seulement vers 23h que ses paupières ont commencé à se clore.
Avec une telle résistance, il est facile d’imaginer que dans des conditions encore plus basiques, la bête tiendra facilement deux jours entiers loin d’une prise. Assurément, niveau endurance, c’est un compagnon du devoir.
Par contre, qu’il est long à la détente en matière de charge. Le pauvre a dû naître du côté de « Leidenstadt ». Livré avec chargeur de 10 W, il faut pratiquement deux heures pour le voir rependre totalement des couleurs. C’est beaucoup trop. Il suffit d’oublier de le brancher une nuit et il vous faudra obligatoirement vous balader le lendemain avec votre prise.

C’est d’ailleurs une mauvaise habitude que l’on retrouve de plus en plus sur des smartphones entrée ou milieu de gamme. Comme s’il fallait trancher entre une excellente autonomie et une charge rapide.
Ici, l’autonomie est excellente, la charge désastreusement longue. Essayons de couper la poire en deux la prochaine fois ? Une autonomie et une charge rapide convenable et on signe tout de suite.
Appareil photo, c’est la nuit qu’il règle ses comptes
De prime abord, nous nous attendions à passer rapidement sur la partie photo, le A54 reprenant exactement la même configuration que son ainé, le A74, que nous avons eu également en main quelque temps. À savoir :
- Un capteur principal de 48 mégapixels (f/1,7) ;
- Un capteur ultra grand-angle de 8 mégapixels (f/2,2) ;
- Un capteur avec objectif macro de 2 mégapixels (f/2,4) ;
- Un capteur de profondeur de 2 mégapixels (f/2,4).

D’ailleurs, lors de cette prise en main, plutôt informelle, du A74, il ne nous avait pas laissé un souvenir impérissable en matière de photo. Du coup, même conclusion pour le A54 ? Grand bien nous en fasse, nous ne lui avons pas fait de procès d’intention et tant mieux, car il se débrouille bien mieux que son ainé. Comme quoi le traitement logiciel est, encore une fois, aussi important que la configuration technique.
Avec le capteur principal,de jour, les clichés ne vous décevront que rarement, le niveau de détails est au rendez-vous et la gestion des couleurs dynamique est naturelle. Petite surprise, le mode « HD » 48 mégapixels, à activer dans les options, capture des images étincelantes en matière de cohérence colorimétrique.
C’est utile de le souligner tant d’habitude la différence est anecdotique entre ce mode pleine définition et le capteur principal usant du principe du « pixel binning ». C’est notamment le cas sur le Oppo A74, le gain esthétique est loin d’être flagrant. En fin de journée, rien à redire non plus, comme on le voit sur la photo de paysage, le piqué, sans être parfait, est encore bien présent.


Sans grande frustration, le mode ultra grand-angle perd en finesse sur les bords des photos, relativement classique pour un smartphone milieu de gamme. Tout comme la relative banalité du mode “Portrait”. Le capteur de 16 mégapixels met bien le sujet en avant tout affichant un manque de clarté entre les contours la personne et l’arrière plan. Basique.
Par contre, là où le A54 surclasse clairement son ainé, c’est dans sa gestion de l’exposition sur le mode « Nuit ». Il surclasse aussi pas mal de ses confrères sur ce segment de prix, comme le Xiaomi Redmi Note 10 Pro. Les clichés sont plus lisses et l’ajout de luminosité se fait de manière homogène entre le premier et l’arrière-plan.
Puissance : il roucoule
En embarquant le nouveau processeur star de l’entrée/milieu de gamme 5G de Qualcomm , le Snapdragon 480, ce Oppo A54 ne nous impressionne pas et nous ne déçoit pas. Couplé à 4 Go de mémoire vive, ce SoC supportera sans aucun ralentissement le multitâche et le streaming vidéo.
Pour le jeu 3D, il faudra faire un choix : fréquence d’images par seconde ou qualité des graphismes. Ces deux options ne pourront être au maximum sous peine de subir des problèmes de framerate. Bref, des concessions classiques pour un smartphone milieu de gamme.
Cachez ces traces de doigts que je ne saurais voir
De face, c’est du grand classique. Les bords sont arrondis, le poinçon se situe en haut à gauche et le lecteur d’empreintes se loge sur le côté droit au niveau du bouton de déverrouillage. En main, on est dans le conforme. Avec son poids de 190 grammes et son épaisseur de 8,4 mm, la préhension est correcte, il en impose sans pour autant être trop dans la lourdeur.
Un petit effet « waouh » se fait ressentir lorsqu’on découvre ce dos qui accroche la lumière en la reflétant selon l’inclinaison du mobile. C’est charmant à souhait, on apprécie l’effort. Par contre, ce dos en plastique est un aimant à trace de doigts, à poussières et résidus en tout genre.
Bien souvent, ce type de revêtement souffre de ce défaut, mais là on est dans le panier haut. Tous les deux jours, il vous faudra utiliser un chiffon pour lui faire un brin de toilette, sous peine de passer pour un souillon en société. Sur la photo ci-dessous, nous l’avons nettoyé à 9h du matin et voici son état à 14h. Et pourtant le midi, nous n’avons pas mangé mexicain…

Alors, effectivement il suffirait de lui mettre une coque de protection, mais dans ce cas à quoi bon avoir un si joli dos qui brille de mille feux ?
Notre avis
D’emblée, nous pouvons affirmer sans détour que ce môme ne tombera pas dans l’oubli. Sans fioritures, l’Oppo A54 5G arrive à se distinguer de la concurrence en assumant ses différences. Un design de dos très réussi, un écran LCD qui n’a pas a rougir face à de nombreux autres occurrences Amoled et une autonomie de titan.
Pour trouver l’équilibre, il fait l’impasse sur une charge rapide, un deuxième haut parleur et condense sa puissance pour convenir au plus grand nombre. Au final, on le préfère même à son grand frère l’A74 5G et il se targue même de venir titiller l’A94 5G, notamment en photo de « Nuit », un domaine où il surnage face à la concurrence.
En bref, un milieu de gamme équilibré et racé que l’on ne peut que vous conseiller, sauf si vous souffrez de mysophobie.
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